"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

Fusillés de la Guerre 1914-1918


Pour la réhabilitation des fusillés et des victimes des tribunaux militaires de la Grande Guerre
Un combat centenaire de la Ligue des droits de l'Homme, soutenu par la section de Corse 


La LDH Corsica partage la colère d'une citoyenne d'Auddè - Lire sa déclaration sur le site d'Aullène et de Monacia


ACTUALITE du CENTENAIRE
Sur le site de France 3 Corse Via Stella Fucilati in prima ligna

Centenaire de la Grande Guerre au Musée de la Corse à Corte et diffusion d'un article d'André Paccou, pour la LDH, sur la réhabilitation des fusillés pour l'exemple

Le Musée de la Corse organise, depuis juin 2014 et jusque mars 2015, une exposition intitulée "Les Corses et la Grande Guerre".
A cette occasion, un journal pédagogique à destination des collégiens et lycéens est distribué.                                       A lire, sur la question de la réhabilitation des "Fusillés pour l'exemple", la contribution d'André Paccou, pour la LDH.


Présence de la section LDH à Aullène samedi 9 août pour l'événement "Aullène 14-18 - I morti di u 14"

Des militants de la section ont assisté à l'inauguration de l'exposition présentée par l'association "Nanzi e oghji". Cette exposition richement documentée retrace notamment l'histoire des 99 aullénois "morts pour la France". Parmi eux, Joseph Tomasini, fusillé en 1914, puis réhabilité en 1918.

                             
                                     Œuvres de Pierre Colin réalisées à l'occasion de l'exposition.

La section LDH a également participé à l'inauguration de la stèle érigée, devant le monument aux morts du village, en hommage à Joseph Tomasini. Une gerbe "Liga di i diritti di l'omu" a été déposée.


Les militants de la section ont ensuite assisté à la conférence sur les fusillés d'André Bach - ancien chef du service historique de l'Armée de terre de 1997 à 2002. Il est l'auteur de deux ouvrages de référence sur les fusillés : Fusillés pour l'exemple, 1914-1915 et Justice militaire 1915-1916.
Quelques citations d'André Bach : "S'intéresser aux fusillés ne signifie pas que l'on s'intéresse moins à ceux qui ont perdu la vie sans avoir été confrontés à la justice militaire. On s'y intéresse au contraire d'autant plus".
"Cette mort infâmante d'hommes, à genoux, fusillés par leurs camarades, "au nom du peuple français" interpelle l'Etat comme notre communauté nationale."
"Quelle que soit l'époque, l'aspiration à ce que justice soit rendue est essentielle. On veut savoir si les sentences rendues par la justice de guerre correspondent bien à l'idée que nous nous faisons de la justice. Aucune réponse claire n'a été donnée par l'Etat à ceux qui se posent cette question".



Article de Corse-Matin paru le 22/08 :



  • Courrier du Collectif envoyé à messieurs les sénateurs et députés de Corse le 13/05

"Le 11 novembre 2013, jour de l’ouverture des cérémonies du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, il s’est constitué un Collectif pour la réhabilitation en droit de soldats fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18.

Dans le prolongement d’actions menées en Corse, depuis plus de trois ans, le Collectif demande l’instauration d’une loi permettant la réhabilitation de soldats victimes des tribunaux militaires.

Il s’agit de redonner dignité à ces soldats, d’apaiser les familles concernées, et de redire l’histoire conformément à des faits établis.

Le Collectif relaie également une motion de l’Assemblée de Corse, adoptée  à l’unanimité, le 29 juillet 2011, qui souhaite que les soldats victimes de l’arbitraire puissent bénéficier d’une procédure de réhabilitation.

Composé d’associations et de personnalités insulaires, le Collectif compte, à ce jour, mille adhérents.

Il s’adresse à vous, Monsieur le Sénateur/Député, solennellement.

Il vous demande d’intervenir auprès du gouvernement de la République, par le biais d’une question écrite, afin de porter une revendication qui fait consensus dans notre société.

Convaincus que vous adhérez à notre demande de justice et de vérité, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Sénateur/Député, l’expression de nos sentiments respectueux.

Ajaccio, le 13/05/2014
Pour le Collectif
Dominique RENUCCI
Présidente de la section de Corse
de la Ligue des Droits de l’Homme
**************
*Le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 » :
▪ Associations :
« En mémoire de Sylvestre Marchetti »,
« François Guidicelli »,
« Per Luigi Virgo » 
Famille Tomasini ;
▪ Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse ;
▪ Joseph Castelli, président du conseil général de Haute-Corse ;
▪ Paul Giacobbi, président du conseil exécutif de Corse ;
▪ Ligue des Droits de l’Homme - section de Corse ;
▪ Marc Luciani, maire de Monacia d’Aullène, et Pierre Castellani, maire d’Aullène, communes de Joseph Tomasini, fusillé pour l’exemple ;
▪ Jules Etienne Mari, maire de Taglio Isolaccio, commune de Sylvestre Marchetti, fusillé pour l’exemple ;
▪ Joselyne Mattei Fazi, présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud ;
▪ Jean Jacques Panunzi, président du Conseil général de Corse-du-Sud ;
▪ Jackie Poggioli, auteure du documentaire « Fucilati in prima ligna » ;
▪ Dominique Vannucci, conseiller général du Bustanico, maire de Pietraserena, commune de Joseph Gabrielli, fusillé pour l’exemple ;
▪ Ange François Vincentelli, maire de Santa Reparata di Balagna, commune de François Marie Guidicelli, fusillé pour l’exemple ;
▪ Fernand Vincentelli, maire de Casabianca, commune de Luigi Virgo, fusillé pour l’exemple ;
▪ Ange-Pierre Vivoni, président de l’association des maires de Haute-Corse
  
PJ : Délibération n°11/188 AC DE L’ASSEMBLEE DE CORSE portant adoption d’une motion relative au documentaire « FUCILATI IN PRIMA LIGNA » - Séance du 29 juillet 2011

samedi 26 avril 2014

Collectif pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l'exemple de la Grande Guerre : projection - débat au Conseil Général 2B, le 24 avril

Regarder le reportage sur France 3 Corse Via Stella

Interview de Jackie Poggioli sur RCFM :
Réalisatrice du documentaire "Fucilati in prima ligna" et membre de la ligue des droits de l'Homme, elle mène actuellement un travail de recherche au sujet de deux autres soldats corses fusillés pour l'exemple qui s'ajoutent à la liste des six soldats fusillés qu'elle présente dans son documentaire. Elle souligne que quatre de ces huit fusillés étaient des engagés volontaires.
Elle indique que le Collectif "pour la réhabilitation en droit des fusillés de la grande Guerre" se développe et travaille activement pour obtenir cette réhabilitation fondée sur une recherche de vérité de l'Histoire.

Article de Corse-Matin :

  
 

Lire le discours de M.Joseph Castelli, Président du Conseil Général de Haute-Corse, prononcé le 24
avril :

 Débat au conseil général de Haute Corse, jeudi 24 avril

 Le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18  » (1) a été présenté à la presse le 11 novembre 2013, jour d’ouverture des cérémonies du centenaire du déclenchement de la guerre 14-18. En janvier, une importante délégation du Collectif a participé au colloque organisé par la ville de Paris autour de l’exposition « Fusillés pour l’exemple, les fantômes de la République ». En février, il a lancé un appel à adhésion. A ce jour, près de 1000 Corses l’ont rejoint.
Jeudi 24 avril, à 14h30, à Bastia, Hôtel du département, salle de délibération, le Collectif et le président du conseil général de Haute-Corse,  Joseph CASTELLI,  invitent à un débat autour de la question de la réhabilitation des fusillés pour l’exemple. Quatre classes des lycées bastiais seront présentes ainsi que plusieurs conseillers généraux. La réunion est ouverte à toutes et à tous dans la limite des places disponibles. Le président CASTELLI ouvrira la séance. Puis le public assistera à la projection du documentaire de Jackie POGGIOLO, « Fucilati in prima ligna ». Ensuite, il  pourra débattre avec la documentariste de France 3 Corse-Via Stella, des représentants d’association de familles de fusillés pour l’exemple et de la Ligue des Droits de l’Homme.
 (1)     Le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 » :
▪ Associations :
« En mémoire de Sylvestre Marchetti »,
« François Guidicelli »,
« Per Luigi Virgo » 
Famille Tomasini ;
▪ Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse ;
▪ Joseph Castelli, président du conseil général de Haute-Corse ;
▪ Paul Giacobbi, président du conseil exécutif de Corse ;
▪ Ligue des Droits de l’Homme - section de Corse ;
▪ Marc Luciani, maire de Monacia d’Aullène, et Pierre Castellani, maire d’Aullène, communes de Joseph Tomasini, fusillé pour l’exemple ;
▪ Jules Etienne Mari, maire de Taglio Isolaccio, commune de Sylvestre Marchetti, fusillé pour l’exemple ;
▪ Joselyne Mattei Fazi, présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud ;
▪ Jean Jacques Panunzi, président du Conseil général de Corse-du-Sud ;
▪ Jackie Poggioli, auteure du documentaire « Fucilati in prima ligna » ;
▪ Dominique Vannucci, conseiller général du Bustanico, maire de Pietraserena, commune de Joseph Gabrielli, fusillé pour l’exemple ;
▪ Ange François Vincentelli, maire de Santa Reparata di Balagna, commune de François Marie Guidicelli, fusillé pour l’exemple ;
▪ Fernand Vincentelli, maire de Casabianca, commune de Luigi Virgo, fusillé pour l’exemple ;
▪ Ange-Pierre Vivoni, président de l’association des maires de Haute-Corse
Contact : 06 16 57 71 22 ou  06 10 03 28 32

LIRE SUR Corsenetinfos
LIRE SUR France 3 Corse Via Stella

vendredi 18 avril 2014


Fusillés pour l'exemple - Le centenaire de la Première Guerre mondiale à France 2 : Lettre ouverte du président de la LDH adressée à Monsieur Rémy Pflimlin, président-directeur général de France Télévisions

Lien : Lettre de Pierre Tartakowsky

Gilles Manceron, historien et coresponsable du groupe de travail « Mémoire, histoire, archives » de la ligue des droits de l’Homme, expose la position de la LDH sur la question des fusillés. 
Visionnez la vidéo sur le site de la Mission du centenaire 14-18
Projection - Débat "Fucilati in prima ligna", jeudi 24 avril, au Conseil Général à Bastia, à l'invitation de J.Castelli, Président du Conseil général de Haute Corse, et du Collectif "pour la réhabilitation en droit des fusillés de 14-18".


jeudi 13 mars 2014

Présence de la section à la conférence "La Grande Guerre 100 ans après...., notre mémoire", organisée par la Ville d'Ajaccio

La section a assisté à la rencontre La Grande Guerre 100 ans après...., notre mémoire, mercredi 12 mars à 15h00 à la Bibliothèque Municipale d’Ajaccio. L’événement organisé par la Ville d’Ajaccio en partenariat avec l’association Aiò Zitelli, accueillait Noël Genteur et Frédéric Adam.
Noël Genteur est maire de Craonne, village au cœur du site où s'est déroulée, en 1917, la bataille du Chemin des Dames. Il a collaboré au travail de mémoire effectué  par le dessinateur Tardi dans ses bandes-dessinées sur la guerre de 14-18.
Fréderic Adam est archéologue et anthropologue, membre de l'INRAP. Il a travaillé sur les champs de batailles et participé à l’exhumation des corps, dont celui de l’écrivain Alain Fournier et d’une vingtaine de ses camarades. Il a aussi permis l'identification de André Giansily, décédé en 1916 à Fleury-sous-Douaumont, près de Verdun, dont le corps a été récemment ramené en Corse et inhumé dans son village natal de Vescovato.

Lors de cette conférence-débat, Dominique Renucci, présidente de la section, a fait connaître leCollectif pour la réhabilitation en droit des fusillés de la Grande Guerre en rappelant les enjeux actuels de ce combat historique de la Ligue des droits de l’Homme.

lundi 3 mars 2014

Les échos de notre campagne pour "la réhabilitation en droit des fusillés de la guerre 14-18" sur France Culture : extrait de "La semaine historique d'Emmanuel Laurentin", auteur de l'émission "La fabrique de l'histoire"                                          

"Et qu’en sera-t-il des fusillés de la Grande guerre ? On pensait la question réglée par un rapport d’historiens remis l’an dernier sur ce thème. Mais on apprend par un article de « Corse Matin » que le Collectif « pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18 » réclame "la réhabilitation en droit de tous les fusillés corses mais aussi pour l'ensemble des fusillés pour l'exemple de France quelles que soient leurs origines, des régiments nationaux ou coloniaux." Mais ce collectif ne souhaite pas faire de procès mais plutôt user de la même procédure qui a permis de réhabiliter la capitaine Dreyfus. "A partir du moment où on un certain nombre d'éléments concernant des fusillés qui prouvent qu'il y a eu une injustice. Dès lors une commission composée d'historiens et d'associations étudierait ces documents puis prononcerait la réhabilitation qui dès lors serait être soumise à la Cour de Cassation. Le jugement pourrait alors être cassé." Il ne s’agit donc pas selon ce collectif corse de réhabilitation collective mais au cas par cas." Lien de l'émission d'E.Laurentin 

N.B : Lire "article de Corsenetinfos" et non de "Corse Matin".

lundi 24 février 2014

Conférence de presse du Collectif "Pour la réhabilitation en droit des fusillés de 14-18"

Conférence de presse à Bastia en présence de Corse-Matin, Corse Net Infos, France 3 Corse Via Stella, Rcfm.

  • Article de Corse-Matin 


  • Article de Corse Net Infos

Extrait :

Lien Corsenetinfos
  • Lire Sur France Culture, extrait de La semaine historique d'Emmanuel Laurentin
"Et qu’en sera-t-il des fusillés de la Grande guerre ? On pensait la question réglée par un rapport d’historiens remis l’an dernier sur ce thème. Mais on apprend par un article de « Corse Matin » que le Collectif « pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18 » réclame "la réhabilitation en droit de tous les fusillés corses mais aussi pour l'ensemble des fusillés pour l'exemple de France quelles que soient leurs origines, des régiments nationaux ou coloniaux." Mais ce collectif ne souhaite pas faire de procès mais plutôt user de la même procédure qui a permis de réhabiliter la capitaine Dreyfus. "A partir du moment où on un certain nombre d'éléments concernant des fusillés qui prouvent qu'il y a eu une injustice. Dès lors une commission composée d'historiens et d'associations étudierait ces documents puis prononcerait la réhabilitation qui dès lors serait être soumise à la Cour de Cassation. Le jugement pourrait alors être cassé." Il ne s’agit donc pas selon ce collectif corse de réhabilitation collective mais au cas par cas." Lien de l'émission d'E.Laurentin

samedi 22 février 2014

Plate-forme du Collectif "Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18"

Ces trois dernières années, en Corse, plusieurs actions citoyennes, initiées par les associations « En mémoire de Sylvestre Marchetti » à Tagliu-Isulacciu, « Tutti in paesi » à Aude, « François Guidicelli » à Santa Reparata di Balagna,  « Per Luigi Virgo » à Casabianca, ont permis de rappeler l’injustice faite aux centaines de soldats fusillés pour l’exemple pendant la guerre 14-18.

En juillet 2011, à la demande de la Ligue des Droits de l’Homme, soutenue par le Président Dominique Bucchini, l’Assemblée de Corse adopte, à l’unanimité, une délibération demandant la réhabilitation de quatre soldats corse fusillés pour l’exemple ; César-Antoine Bozzi-Colonna, François Guidicelli, Luigi Virgo et Sylvestre Marchetti ; ainsi que la réhabilitation des autres soldats de l’Armée française, victimes de l’arbitraire de la justice militaire pendant la Grande Guerre.

Le 11 novembre 2013, à l’occasion de l’ouverture des cérémonies du centenaire du déclenchement de cette guerre, un Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés de la guerre 14-18 » se constitue.

Il se donne pour objectif de contribuer à  la mobilisation pour l’adoption d’une loi permettant lacréation d’une commission permanente, chargée d’établir certains faits concernant le sort de tous les soldats fusillés pour l’exemple non réhabilités, afin de leur rendre leur honneur, à l’instar des éléments apportés par la journaliste Jackie Poggioli, dans son documentaire « Fucilati in prima ligna ».

Le Collectif appelle les citoyennes et les citoyens qui veulent participer à cette œuvre de justice et au rétablissement de l’histoire conformément à la réalité des faits, à le rejoindre, et à participer aux actions qu’il organisera ou soutiendra.

Le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 » :
▪ Associations :
« En mémoire de Sylvestre Marchetti »,
« François Guidicelli »,
« Per Luigi Virgo » 
Famille Tomasini ;
▪ Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse ;
▪ Joseph Castelli, président du Conseil général de Haute-Corse ;
▪ Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif de Corse ;
▪ Ligue des Droits de l’Homme - section de Corse ;
▪ Marc Luciani, maire de Monacia d’Aullène, et Pierre Castellani, maire d’Aullène, communes de Joseph Tomasini, fusillé pour l’exemple ;
▪ Jules Etienne Mari, maire de Taglio Isolaccio, commune de Sylvestre Marchetti, fusillé pour l’exemple ;
▪ Joselyne Mattei Fazi, présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud ;
▪ Jean Jacques Panunzi, président du Conseil général de Corse-du-Sud ;
▪ Jackie Poggioli, auteure du documentaire « Fucilati in prima ligna » ;
▪ Dominique Vannucci, conseiller général du Bustanico, maire de Pietraserena, commune de Joseph Gabrielli, fusillé pour l’exemple ;
▪ Ange François Vincentelli, maire de Santa Reparata di Balagna, commune de François Marie Guidicelli, fusillé pour l’exemple ;
▪ Fernand Vincentelli, maire de Casabianca, commune de Luigi Virgo, fusillé pour l’exemple ;
▪ Ange-Pierre Vivoni, président de l’association des maires de Haute-Corse



J’adhère au Collectif 
« Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18 » 

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Contact :
-          LDH, 2 rue Gabriel  PERI, 20000 Ajaccio
-          ldhcorsica.blogspot.fr/

jeudi 20 février 2014

Collectif « pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18 »


Conférence de presse

Constitué à l'initiative d'associations et de personnalités corses,
dans le cadre des cérémonies du centenaire du déclenchement
de la Grande Guerre, le Collectif « pour la réhabilitation en droit
des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18 » organise

une conférence de presse
Samedi 22 février 2014
à 10h30
Café des Palmiers – Place Saint Nicolas
Bastia

Il fera le compte-rendu de son déplacement à Paris pour l’inauguration de l’exposition« Fusillés pour l’exemple – Les fantômes de la République ». Il présentera sa plate-forme revendicative, ainsi que les associations et les nombreuses personnalités politiques qui en sont membres. Il précisera les actions qu’il entend mener prochainement, notamment à Bastia, en direction des citoyens et des autorités de la République pour porter sa revendication.

Vendredi 17 janvier

"Fusillés pour l'exemple": présence du collectif "Pour la réhabilitation en droit des fusillés" à l'ouverture de l'exposition à l'hôtel de ville de Paris le 15 janvier

Intervention de Dominique Renucci, présidente de la Section, lors de la table ronde organisée pour l'inauguration de l'exposition :
Depuis plus de trois ans, une mobilisation pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple s’est développée en Corse autour de trois types d’évènements :
 La mobilisation des familles de fusillés avec trois cérémonies particulièrement émouvantes autour du retour en Corse, après un siècle, de dépouilles de soldats fusillés ou l’inscription sur le monument aux morts de la commune d’un autre fusillé (à noter : la présence d’associations d'anciens combattants aussi bien lors des cérémonies de départ des dépouilles sur le continent que lors des cérémonies dans les communes corses concernées) ;
 Le film-documentaire « Fucilati in prima ligna », réalisée par la journaliste Jackie Poggioli pour France 3 Corse ViaStella, qui retrace le terrible destin de six fusillés corses ;
-  Une motion demandant la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple dans le cadre d’une loi, proposée par la Ligue des Droits de l’Homme de Corse, et adoptée à l’unanimité par l’Assemblée de Corse.

L’action des familles est un moteur essentiel de cette mobilisation. Elle permet l’ancrage de ce combat pour la vérité dans la société corse.
Autour d’elles, de Jackie Poggioli et de la LDH de Corse, le 11 novembre 2013, il s’est constitué un Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 », auquel ont déjà adhéré les deux présidences de l’institution territoriale, des conseils généraux de Corse-du-Sud et de Haute-Corse, des associations de maires de ces deux départements, et les maires des communes des fusillés pour l’exemple recensés dans le documentaire de Jackie Poggioli.
J’insiste sur cet engagement des familles, cette attente de justice pour les leurs, mais aussi pour tous les fusillés, qui s’explique par l’existence d’une souffrance toujours présente aujourd’hui et son corollaire, une revendication de dignité qui doit être entendue.
Paris, le 15/01/2014

                                    Lire l'article de Corse-Matin :

Lire l'article de Liliane Vittori sur son blog Mediapart 

Lire ci-dessous l'article de France 3 Corse Via Stella : Lien
Fusillés pour l'exemple : une délégation corse à l'hôtel de ville de Paris
Des membres du Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la Grande guerre » ont participé le 15 janvier à la journée inaugurale de l’exposition « Fusillés pour l’exemple – Les fantômes de la République » à l’Hôtel de Ville de Paris.  Par Jean Crozier - Publié le 13/01/2014 | 17:30, mis à jour le 16/01/2014 | 09:52
© Mairie de Paris La Ville de Paris débute la commémoration du Centenaire de la Grande Guerre avec l'exposition Fusillé pour l'exemple, visible du 15 Janvier au 15 Mars
Présenté à la presse le 11 novembre 2013, le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 » est en cours de constitution en Corse.
Ce collectif se donne pour objectif « de contribuer à la mobilisation pour que soit adoptée une loi permettant la création d’une commission permanente, chargée d’établir certains faits concernant le sort de tous les soldats fusillés pour l’exemple non réhabilités, afin de leur rendre leur honneur, à l’instar des éléments apportés par la journaliste Jackie Poggioli dans son documentaire « Fucilati in prima ligna ». 
   Fucilati in prima ligna

A Paris le 15 janvier 2014
Le 15 janvier, des membres du Collectif  ont participé à la journée inaugurale de l’exposition « Fusillés pour l’exemple – Les fantômes de la République » à l’Hôtel de Ville de Paris. Cette exposition présente des portraits de fusillés pour l’exemple dont ceux de soldats corses.

Le Collectif était représenté par les familles de trois fusillés (Luigi, Marchetti, Tomasini), Jackie Poggioli, réalisatrice du documentaire « Fucilati in prima ligna », Dominique Renucci, Présidente section de Corse Ligue des droits de l’Homme.
Il sera notamment présent lors de la table-ronde « Quelle mémoire des fusillés. Après le discours de François Hollande », à partir de 15h30.

Mobilisation en Corse
Dans l'île, dans les semaines à venir -annonce un communiqué-  ce Collectif  organisera des actions de mobilisation afin de rassembler les citoyennes et les citoyens qui veulent participer à cette œuvre de justice et au rétablissement de l’histoire conformément à la réalité des faits.
De nombreuses personnalités et institutions insulaires
Le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 »  rassemble de nombreuses institutions et personnalités insulaires : Associations « En mémoire de Sylvestre Marchetti », « François Guidicelli », « Per Luigi Virgo » et famille Tomasini ; Dominique Bucchini, Président de l’Assemblée de Corse ; Joseph Castelli, Président du Conseil général de Haute-Corse ; Pierre Castellani, maire dAullène ; Paul Giacobbi, Président du Conseil exécutif de Corse ; Ligue des Droits de l’Homme section de Corse ; Jean Claude Ribellu Lucchini, maire de Zerubia ; Jules Etienne Mari, maire de Taglio Isolaccio ; Joselyne Mattei Fazi, Présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud ; Jackie Poggioli, auteure du documentaire « Fucilati in prima ligna » ; Dominique Vannucci, maire de Pietraserena, conseiller général du Bustanico ; Ange François Vincentelli, maire de Santa Reparata di Balagna  Ange-Pierre Vivoni, Président de l’association des maires de Haute-Corse.
Les fantômes de la République à l'hôtel de ville de Paris
La Ville de Paris débute la commémoration du Centenaire de la Grande Guerre avec l'exposition Fusillé pour l'exemple, visible du 15 Janvier au 15 Mars 2014, qui propose de découvrir les "fantômes de la République" dans la salle des Prévôts de l'Hôtel de Ville.
Autour de documents d'époque, et de documents de recherche, l'événement revient sur le fonctionnement de la justice militaire en temps de guerres.
Plus généralement sur le centenaire de 14-18, découvrir le site officiel de la mission centenaire.

dimanche 12 janvier 2014

La LDH sera présente à l'ouverture de l'exposition "Fusillés pour l'exemple - Les fantômes de la République" à l'hôtel de ville de Paris 

Communiqué du Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 »

Mercredi 15 janvier 2014, des membres du Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de la Grande guerre » participeront à la journée inaugurale de l’exposition « Fusillés pour l’exemple – Les fantômes de la République » à l’Hôtel de Ville de Paris. Cette exposition présentera des portraits de fusillés pour l’exemple dont ceux de soldats corses.
Le Collectif sera représenté par les familles de trois fusillés (Luigi, Marchetti, Tomasini), Jackie Poggioli, réalisatrice du documentaire « Fucilati in prima ligna », Dominique Renucci, Présidente section de Corse Ligue des droits de l’Homme. Il sera notamment présent lors de la table-ronde « Quelle mémoire des fusillés. Après le discours de François Hollande », à partir de 15h30.
Présenté à la presse le 11 novembre 2013, le Collectif est en cours de constitution. Il se donne pour objectif « de contribuer à la mobilisation pour que soit adoptée une loi permettant la création d’une commission permanente, chargée d’établir certains faits concernant le sort de tous les soldats fusillés pour l’exemple non réhabilités, afin de leur rendre leur honneur, à l’instar des éléments apportés par la journaliste Jackie Poggioli dans son documentaire « Fucilati in prima ligna ». 
Dans les semaines à venir, il organisera en Corse des actions de mobilisation afin de rassembler les citoyennes et les citoyens qui veulent participer à cette œuvre de justice et au rétablissement de l’histoire conformément à la réalité des faits.

Le Collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l’exemple de 14-18 » :
-Associations :
-« En mémoire de Sylvestre Marchetti »,
-« François Guidicelli »,
-« Per Luigi Virgo » 
Famille Tomasini ;
-Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse ;
-Joseph Castelli, président du Conseil général de Haute-Corse ;
-Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif de Corse ;
-Ligue des Droits de l’Homme section de Corse ;
-Marc Luciani, maire de Monacia d’Aullene, et Pierre Castellani, maire d’Aullene,
 communes de Joseph Tomasini, fusillé pour l’exemple ;
-Jules Etienne Mari, maire de Taglio Isolaccio, commune de Sylvestre Marchetti, fusillé
 pour l’exemple ;
-Joselyne Mattei Fazi, présidente de l’association des maires de Corse-du-Sud ;
-Jean Jacques Panunzi, président du Conseil général de Corse-du-Sud ;
-Jackie Poggioli, auteure du documentaire « Fucilati in prima ligna » ;
-Dominique Vannucci, conseiller général du Bustanico, maire de Pietraserena, commune de
 Joseph Gabrielli, fusillé pour l’exemple ;
-Ange François Vincentelli, maire de Santa Reparata di Balagna, commune de 
François Marie Guidicelli, fusillé pour l’exemple ;
-Fernand Vincentelli, maire de Casabianca, commune de Luigi Virgo, fusillé pour l’exemple ;
-Ange-Pierre Vivoni, président de l’association des maires de Haute-Corse


                                                                       Affiche de l'exposition

  • Lire l'article de présentation d'André Bach, directeur scientifique de l'exposition, sur le site du Centenaire:                                                                                A.Bach
  • Programme de la journée du 15 janvier :


                   Corsenetinfos
                Corsica Infurmazione

décembre 2013

A lire dans le mensuel CORSICA, un dossier consacré à la guerre 14-18 en Corse et un article consacré aux Fusillés pour l'exemple:
Extrait de l’article : 
"Sur les quelques 600 fusillés français de la guerre de 14, une dizaine a pour l’instant été récensée en Corse. Certains ont été réhabilités, d’autres pas. Récit.
 – On le sait, la France a quelque difficulté à se pencher sur son passé, et notamment sur les épisodes les plus noirs de son histoire.Ainsi a-t-il fallu attendre 1998 pour qu’un haut responsable politique français, en l’occurrence Lionel Jospin, alors Premier ministre, évoque les fusillés de la guerre de 14 et leur éventuelle réhabilitation. A l’ époque, ses propos avaient choqué la droite, notamment Philippe Seguin et Nicolas Sarkozy, qui allait vite changer d’opinion, puisque, en 2008, alors qu’il était Président de la République, il tenait à peu près le même discours que Jospin. Tout le monde avait oublié que, dès 1916, des fusillés avaient été réhabilités et que le sujet avait été évoqué dans l’entre-deux guerres, non seulement par la Ligue des Droits de l’Homme mais encore par des associations d’anciens combattants.       

Sans parler d’un livre de RG Reau, paru en 1930 : « Les crimes des conseils de guerre ». Mais le sujet est longtemps resté tabou. La preuve : le film de Stanley Kubrick, « Les sentier de la gloire », sorti en 1957, qui montrait une guerre de 14 pas très honorable, a été longtemps interdit en France, puisqu’il n’y a été distribué qu’en 1975… Ce n’est qu’à la fin des années 90 que le sujet est redevenu d’actualité, grâce à divers historiens dont le général André Bach. En Corse, même si le sort de plusieurs fusillés « pour l’exemple » était connu de leur famille ou dans leur village, il a fallu attendre le 28 novembre 2010 et le rapatriement du corps de Sylvestre Marchetti dans son village d’origine de Tagliu-Isulacciu, pour que l’on reparle de cette vilaine période de l’histoire.  Puis, surtout, le reportage « fucilati in prima ligna » réalisé par Jackie Poggioli pour « Via Stella » et diffusé en mai 2011, qui évoquait le sort de six fusillés corses." 

dimanche 15 décembre 2013

Réunion de travail du collectif "Pour la réhabilitation en droit des fusillés pour l'exemple", ce samedi 16 à Corte.
lundi 11 novembre 2013
Création du Collectif "Pour la réhabilitation en droit des fusillés de 14-18": compte-rendu de la Conférence de presse sur Via Stella
Suivre le lien pour écouter le reportage consacré aux "fusillés pour l'exemple et oubliés de l'histoire": Reportage France 3 Via Stella

Lire aussi le communiqué LDH du 12 novembre : Le centenaire de 14-18 et la réhabilitation des fusillés pour l'exemple

vendredi 8 novembre 2013
Création du Collectif "Pour la réhabilitation en droit des fusillés de 14-18": Conférence de presse lundi 11 novembre
Le collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés de 14-18 »
- Les associations 
-          « François Guidicelli »,
-          « Per Luigi Virgo », 
        -          « En mémoire de Sylvestre Marchetti "
- Jackie Poggioli, journaliste-documentariste
- La Ligue des droits de l'homme - section de Corse

Conférence de presse

Les cérémonies pour le Centenaire de la guerre 14-18 sont officiellement ouvertes et dureront un an.
Pour
-     Les associations « François Guidicelli », « Per Luigi Virgo », « En mémoire de Sylvestre Marchetti », qui regroupent des familles de fusillés pour l’exemple, et agissent pour le droit à la dignité des leurs ;
-     Jackie Poggioli, réalisatrice du documentaire « Fucilati in prima ligna », qui relate le terrible destin de six fusillés corses ;
-     La Ligue des Droits de l’Homme, qui milite pour la réhabilitation des fusillés depuis 1916 ;
Ce temps de la commémoration est aussi celui de la justice pour les fusillés pour l’exemple et autres victimes des tribunaux militaires pendant la Grande Guerre.
Depuis trois ans, nous avons mené différentes actions pour rappeler le sort injuste réservé à ces soldats.
Aujourd’hui, nous décidons de constituer un collectif « Pour la réhabilitation en droit des fusillés de 14-18 »
Le collectif sera présenté à la presse
Lundi 11 novembre 2013
A 10h30
Hôtel Napoléon
Rue L.Vero - Ajaccio

                                      DOSSIER


SOMMAIRE                                                                                                                                      
                          
                             I-Chronologie des actions de la section
·          Septembre 2013 – rencontre informelle du Ministre des Anciens Combattants, Kader Arif.
·         Août 2013Luigi Virgo, cérémonie à Casabianca. Inscription de son nom sur le monument aux morts.
·         Octobre 2012 – Participation au groupe de travail « Mémoire, histoire, archives » au siège national de la LDH.
·         Septembre 2012François-Marie Guidicelli, cérémonie à Santa Reparata di Balagna. Retour de sa dépouille.
·         Novembre 2011 – Action en partenariat avec l’Académie de Corse / Conférence de presse pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple. 
·         Août 2011 Réunion débat à Aullène – Joseph Tomasini, fusillé réhabilité de la commune. Communiqué de la section.
·         Juillet 2011 – Délibération de l’assemblée, proposée par la section, votée à l’unanimité et portée en Préfecture.
·         Mai 2011 – « Fucilati in prima ligna » : projections débats en partenariat avec France 3 Corse Via Stella.
·         Novembre 2010Sylvestre Marchetti, cérémonie à Taglio Isulaccia. Retour de sa dépouille.

                      II-Prises de parole de la section à Casabianca en 2013 et à Taglio Isulaccia en 2010

                      III-Motion de l’assemblée de Corse -2011- et accusé de réception de la préfecture – Délibération pour le retour de la dépouille de F.M. Guidicelli -2013-

                      IV- Annexes
Annexes 1 : actions de la section – texte de l’ association « Per Luigi Virgo », groupe de travail « mémoire, histoire, archives », article du Journal de la Corse sur la cérémonie à Santa Reparata di Balagna, document en ligne « cérémonie à Caix » avec la lettre de la famille de F.M Guidicelli, document Académie de Corse, communiqué de la section « réunion d’Aullène » après le vote de l'Assemblée, document partenariat LDH Corsica / France 3 corse Via Stella, article de Corse-Matin « cérémonie à Taglio Isulaccia »
Annexes 2 : Ldh nationale et fédération du Nord – article LDH octobre 2013 « Ne pas renoncer à la réhabilitation des fusillés de 14-18, notes de lecture sur Justice militaire 1915-1916 d’André Bach dans Hommes et Libertés, article LDH 2011« Réhabilitation des fusillés de 14-18 : l’engagement de l’Assemblée de Corse », allocution du 11 novembre 2011 de la Fédération du Nord, article « Fusillés de 14-18 : pour une vraie réhabilitation » dans Hommes et Libertés et « Verdun 1916 » par Gilles Manceron.
Annexes 3 : Ministère de la Défense « Quelle mémoire pour les fusillés de 14 - 18 ? »  - remise du rapport d’Antoine Prost : discours de Kader Arif.  Rapport d’Antoine Prost.
Annexes 4 : Article paru dans Médiapart en 2010

  I-Chronologie des actions de la section                                                              

lundi 9 septembre 2013

Invitée par la municipalité d'Ajaccio, la section a assisté aux Cérémonies officielles de la libération de la Corse
Des militants ont suivi la cérémonie Place de Gaulle en présence du Ministre des Anciens Combattants, M. Kader Arif. A cette occasion, nous avons rappelé à M. le Ministre les attentes de la LDH concernant la réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la Première Guerre Mondiale.

dimanche 11 août 2013
Des militants de la section étaient présents à Casabianca pour partager l'hommage à Luigi Virgo et demander la réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple de la Grande Guerre 
Voir II - Discours prononcé par André Paccou lors de la cérémonie pour Luigi Virgo

lundi 5 août 2013
La section participera, le 9 août à Casabianca, à la cérémonie d'hommage à Luigi Virgo, fusillé pour l'exemple de la grande guerre.
Communiqué de la section :
«Pour la réhabilitation des victimes des tribunaux militaires de 1914-1918

Vendredi 9 août, à partir de 16h, en l’église Saint Roch de Casabianca, aura lieu une cérémonie en mémoire de Virgo Luigi, fusillé pour l’exemple de la Grande Guerre. Le nom de cet homme sera notamment inscrit sur le monument aux morts de la commune. La Ligue des Droits de l’Homme salue cette initiative de l’association « Per LUIGI VIRGO », soutenue par la municipalité de Casabianca, qui prolonge d’autres mobilisations en Corse pour la réhabilitation des victimes des tribunaux militaires de la Grande Guerre : retour des dépouilles de Sylvestre Marchetti à Tagliu-Isulacciu en novembre 2010 et de François Guidicelli à Santa Reparata di Balagna en septembre 2012 ; motion proposée par la LDH demandant la réhabilitation des victimes de la justice militaire entre 1914 et 1918, soutenue par le Président Bucchini puis adoptée à l’unanimité par l’Assemblée de Corse en juillet 2011. Il faut aussi rappeler le remarquable travail de la journaliste de France 3 Corse-Via stella, Jackie Poggioli qui, avec son documentaire « Fucilati in prima ligna », a révélé le sort réservé à sept jeunes Corses fusillés pour l’exemple. Invitée par l’association « Per LUIGI VIRGO », la LDH s’exprimera après la diffusion de ce documentaire afin de rappeler les enjeux d’une réhabilitation et la nécessité d’une loi à la veille du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre.»

Lire en annexes 1 le document explicatif de l'association "Per Luigi Virgo" :
                                                                                          "Virgo Luigi fusillé pour l’exemple...


lundi 8 octobre 2012
Groupe de travail "Mémoire, histoire, archives" : la réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la Guerre 14-18
La section a été invitée par le groupe de travail « histoire et mémoire » au siège national de la LDH pour une projection du film de Jackie Poggioli et la présentation du travail réalisé par la section pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 14-18 et autres victimes de la justice militaire.

Voir document en annexes 1

samedi 15 septembre 2012
Délégation de la section de Corse et prise de parole à la cérémonie de retour de la dépouille de François Guidicelli en Corse, à Santa Reparata Di Balagna
Dans la suite du travail engagé en 2011 (motion de la section pour la réhabilitation des victimes des tribunaux militaires pendant la Grande Guerre adoptée par l’Assemblée de Corse, rapatriement en Corse de la dépouille de Sylvestre Marchetti, venue en Corse d’André Bach et de Gilles Manceron et débat avec les élus de l’Assemblée de Corse, réunions publiques autour du film de Jackie Poggioli « Fucilati in prima ligna »), la section était présente et a pris la parole à Santa Reparata di Balagna lors de  la cérémonie pour le rapatriement dans son village natal de la dépouille du soldat François Marie Guidicelli, fusillé pour l’exemple, dans la Somme le 20 juin 1915 à l’âge de 21 ans. A cette occasion, la LDH de Corse a contacté la LDH Picardie qui était  représentée lors de la cérémonie de départ à Caix de la dépouille du jeune soldat.

Voir les documents en annexes 1

mardi 15 novembre 2011
"Fusillés pour l'exemple" : action de l'Académie de Corse en partenariat avec la LDH

jeudi 3 novembre 2011
Conférence de presse
            Pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 14-18
Jeudi 3 novembre 2011 à 10h, Hôtel Napoléon rue Lorenzo Véro, à Ajaccio
A la veille des cérémonies commémorant l’armistice du 11 novembre 1918, la Ligue des droits de l’Homme veut rappeler le sort des soldats fusillés pour l’exemple de la Grande guerre et les différentes actions qu’elle a menées depuis un an, seule ou avec d’autres (association Sylvestre Marchetti, France 3 Corse-VIA STELLA, la journaliste Jackie Poggioli et l’association Tutti in paese, Assemblée de Corse), afin d’œuvrer à la réhabilitation de ces soldats.
- Elle rappellera le sens de cette revendication pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple qui, avec l’affaire Dreyfus, constitue l’un des combats fondateurs de la Ligue. 
- Elle évoquera plus précisément le cas de soldats corses dont les familles attendent encore aujourd’hui la réhabilitation. 
- Elle présentera les initiatives qui auront lieu ces jours-ci dans les lycées corses avec l’appui du recteur de Corse.

vendredi 5 août 2011
"Fusillés pour l'exemple" : réunion à Aullène

COMMUNIQUE
« Lors de sa dernière session, l’Assemblée de Corse a adopté à l’unanimité une motion demandant la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple pendant la première guerre mondiale. La Ligue des droits de l’Homme qui a contribué à ce texte se félicite de ce vote. Le combat pour la réhabilitation a été, après l’affaire DREYFUS, l’un de ses combats fondateurs. Engagé dès 1916, il débouche dans les années 30 sur une loi qui permet la réhabilitation de quelques dizaines de soldats dont Joseph GABRIELLI de Pietraserena.
Aujourd’hui, le vote de l’Assemblée de Corse étaye un appel lancé en novembre2010 par la LDH, le général André BACH et l'historien Claude PENNETIER, qui demande la réhabilitation d’autres centaines de soldats fusillés pour l'exemple et l’apaisement pour les familles concernées. Oublier serait imposer une deuxième injustice à ces victimes de la justice militaire qui est la matrice de toutes les juridictions d’exception.
Après avoir été invitée en novembre 2010 à prononcer le discours d’ouverture de la cérémonie  célébrant à Tagliu Isulacciu, le retour de la dépouille d’un fusillé pour l’exemple natif de cette commune, cérémonie à l'initiative de l’association « Sylvestre MARCHETTI », du nom de ce soldat qui n’a toujours pas été réhabilité ; après la projection en avant première publique en partenariat avec France 3 Corse, du remarquable documentaire de la journaliste Jackie POGGIOLI et de son équipe, « Fulicati in prima ligna, fusillés en première ligne », en mai 2011 ; la LDH, invitée par l’association « Tutti in paesi » participera à un débat à partir d'un exposé introductif de la réalisatrice du documentaire, le mercredi 10 août à 18h en mairie d’Aullène, commune qui compte parmi ses enfants un fusillé pour l’exemple réhabilité, Joseph TOMASINI ». Ajaccio, le 04 août 2011

samedi 30 juillet 2011
"Fusillés pour l'exemple" de la Grande Guerre : délibération de l'assemblée de Corse proposée par la section au Président Dominique Bucchini, qui l'a soutenue. Cette délibération, votée à l'unanimité, a été transmise au Préfet, chargé de communiquer le texte au gouvernement.
Suite à la projection du documentaire Fucilati in prima ligna de Jackie Poggioli (78min, Production : France 3 Corse), le 26 mai 2011, à l’Assemblée de Corse, celle-ci a adopté à l’unanimité, le 24 juin 2011, une motion, où, « considérant qu’à la veille du centenaire du début de la Grande Guerre, il est temps de faire œuvre de justice et de rétablir l’histoire conformément à la réalité des faits », elle « demande que soit adoptée une loi qui permette la mise en place d’une commission permanente chargée d’établir certains faits concernant le sort de tous les soldats fusillés pour l’exemple non réhabilités.»
Lire la délibération et le bordereau de transmission au Préfet : Délibération Fucilati

mercredi 25 mai 2011
Un travail de mémoire de la Ligue :"les fusillés pour l'exemple de la Grande guerre"- Dans le cadre d'un partenariat France 3 Corse - Ligue des droits de L'Homme, projection en avant-première du documentaire de Jackie Poggioli "I fucilati in prima ligna"
Le documentaire, réalisé par Jackie Poggioli, est la première investigation historique réalisée sur les soldats corses fusillés durant la Première Guerre mondiale.
A quelques années du centenaire de 14-18, ce film se veut une contribution au débat pour la réhabilitation collective de ces soldats victimes d’une justice d’exception.
Jackie Poggioli a fouillé les archives militaires pour comprendre ce qui a pu basculer dans la vie de ces jeunes hommes qui quittaient leur village Corse souvent pour la première fois.
Doubles victimes, parce qu’arrachés à la vie à 20 ans et parce que subissant le déshonneur d’être considérés comme des traîtres alors qu’ils ont vécu l’enfer de la grande guerre.
Ce documentaire se veut témoignage de l’injustice pour eux et pour leurs familles frappées par la honte.
Ce film est une précieuse contribution pour la réhabilitation collective de ces soldats.


Suivre le lien : 
Projections et débats "Fucilati"

dimanche 28 novembre 2010
Prise de parole de la LDH à la cérémonie de retour de la dépouille de Sylvestre Marchetti «fusillé pour l'exemple» en 1916 à Taglio Isulaccia
Suivre le lien : Discours Taglio Isulaccia


 II-Prises de parole de la section à Casabianca en 2013 et à Taglio Isulaccia en 2010

Discours prononcé par André Paccou lors de la cérémonie pour Luigi Virgo

Monsieur le Maire,
Madame la Présidente de l’association Per Virgo Luigi
Mesdames et Messieurs,

Pour la troisième fois en trois ans, parole est donnée à la Ligue des droits de l’Homme dans le cadre de manifestations organisées en Corse, en mémoire à des soldats condamnés par la justice militaire et fusillés pour l’exemple pendant la guerre 1914/1918.
En premier lieu, ce fut à Tagliu-Isulacciu en novembre 2010 lors du retour de la dépouille de Sylvestre Marchetti dans son village natal ; puis à Santa Reparata-di-Balagna en septembre 2012 lors du retour de la dépouille d’un autre soldat corse fusillé pour l’exemple, François Guidicelli.
Aujourd’hui, vendredi 9 août 2013, nous sommes à Casabianca, pour honorer la mémoire d’un enfant de ce village, Virgo Luigi, fusillé pour l’exemple le 3 septembre 1916 à Jubécourt dans la Meuse.

C’est un honneur à chaque fois renouvelé que nous font les organisateurs de ces cérémonies. Après l’affaire Dreyfus, la réhabilitation des victimes de la justice militaire, avec la dénonciation des bagnes, constituent les autres grands combats qui fondent la Ligue des Droits de l’Homme.
Depuis, le capitaine Dreyfus a été innocenté et les bagnes fermés mais les fusillés pour l’exemple et autres victimes des tribunaux militaires de la Grande guerre ne sont toujours pas réhabilités.

Aujourd’hui, en 2013, notre prise de parole pour le rétablissement de la vérité n’aurait pas la même force si elle ne s’appuyait sur l’engagement de citoyens, d’associations et de municipalités qui organisent ces moments importants. Elle ne serait pas inspirée par la même réalité s’ il n’y avait eu le remarquable travail d’investigation de la journaliste Jackie Poggioli.

En soirée, le nom de Virgo Luigi, enfant de Casabianca, sera inscrit sur le monument aux morts de la première guerre de votre commune. Ce geste symbolique est une juste réparation pour lui et les siens. Pour tous, il est une nécessaire réécriture de l’histoire si nous voulons que cesse un déni de justice.

Tagliu Isulacciu, Santa Reparata di-Balagna, Casabianca ; un siècle après le déclenchement de la Grande Guerre, ces manifestations, disent avec la même émotion, la même gravité, le refus de l’oubli.

Nous n’oublions pas Sylvestre Marchetti, François Guidicelli, Luigi Virgo, César Antoine Colonna-Bozzi, Joseph Gabrielli, Joseph Tomasini dont le sort cruel nous a été révélé par Jackie Poggioli. Les quatre premiers de cette liste ne sont toujours pas réhabilités.
Nous n’oublions pas les centaines de soldats qui ont subi le même sort entre 1914 et 1918 après avoir été condamnés par des conseils de guerre. Au total, ces tribunaux expéditifs prononceront 1800 condamnations à mort. Plus de 600 soldats seront exécutés.

Ceux qui échapperont au peloton d’exécution seront renvoyés en première ligne, ou condamnés aux travaux forcés, à la déportation vers des bagnes et des chantiers coloniaux, ou envoyés en détention dans des forteresses et des camps militaires.
La plupart mourront sans avoir retrouvé la liberté. Comme la quasi-totalité des fusillés pour l’exemple, leurs noms ne figurent pas sur les monuments aux morts.

A ce sinistre bilan, il faut ajouter d’autres victimes de l’arbitraire de la hiérarchie militaire ;
-          des civils accusés d’espionnage, victimes de condamnations et d’exécutions extrajudiciaires ;-
-           d’autres soldats martyrs, exécutés sans jugement dont le nombre est impossible à déterminer faute de traces dans les archives comme dans les récits.

Dès le début de la guerre, la démission du gouvernement civil face à la hiérarchie militaire a permis cette dérive militariste.
En septembre 1914, le généralissime Joffre demande la création de tribunaux militaires spéciaux, à trois juges, sous l’autorité de la hiérarchie, aux décisions immédiatement exécutoires, sans appel ni grâce.

En octobre de la même année, le général De Villaret commandant la 14ème division de l’infanterie rédige une note conforme à cette demande ; « Il importe que la procédure soit expéditive, pour qu’une répression immédiate donne par des exemples salutaires, l’efficacité à attendre d’une juridiction d’exception »

Ces premiers conseils de guerre vont prononcer autour d’un millier de condamnations à mort, dont la moitié sera exécutée.

Il faut attendre avril 1916 pour que ces cours martiales soient supprimées, suite à une mobilisation de la Ligue des Droits de l’Homme. C’est une première victoire pour la réhabilitation des victimes d’exécutions sommaires et contre les décisions arbitraires des tribunaux militaires.
Durant l’été 1916, la LDH demande clairement que les erreurs judiciaires commises par la justice militaire « unanimement critiquée » soient redressées.

Avant la fin de la guerre, un certain nombre de réhabilitations interviennent en appel ou en cassation. Mais hélas, des pelotons d’exécution continuent à fonctionner sur la base de jugements expéditifs comme l’illustre le sort réservé à Virgo Luigi.
Quelle définition plus cynique peut-on trouver du fusillé pour l’exemple que celle notifiée en 1917 par le Général Guillaumat commandant la deuxième armée : « Ce n’est pas le coupable que l’on veut punir, c’est sur le moral vacillant de ceux qui l’entourent que l’on agit… »

Au lendemain de la guerre, entre 1919 et 1932, l’action conjointe des familles, d’associations d’anciens combattants et de soldats mutilés, de la Ligue des Droits de l’Homme provoquent le vote de cinq lois qui permettent des amnisties ou des annulations de condamnation.

Ce combat débouche en 1932 sur l’installation d’une Cour spéciale de révision pouvant se saisir y compris de jugements que la Cour de cassation n’avait pas voulu annuler. Le 4 novembre 1933, elle réhabilite le soldat Joseph Gabrielli de Pietraserena, handicapé mental, accusé d’abandon de poste devant l’ennemi, fusillé pour l’exemple le 14 juin 1915, une heure après la lecture de la sentence. La Cour spéciale de révision fonctionnera jusqu’en 1935.

De tout cela nous en reparlons aujourd’hui parce des familles de fusillés pour l’exemple, des associations d’anciens combattants, des historiens, la Ligue des Droits de l’Homme, des citoyens qui n’ont pas accepté ce terrible legs de l’histoire, se sont mobilisés. Il y eut également la mobilisation de communes qui malgré l’interdiction que leur faisait alors la loi, osèrent inscrire le nom de fusillés pour l’exemple sur leurs monuments aux morts.

Ensemble, ils ont formé le parti de la réhabilitation qui garde aujourd’hui sa raison d’être tant que Sylvestre, François, César-Antoine et Virgo n’auront pas été réhabilités, tant que les autres fusillés pour l’exemple mais aussi ceux envoyés aux bagnes, ou déportés, ou emprisonnés dans des forteresses militaires ne l’auront pas été.

Pour cela, la Ligue des Droits de l’Homme demande une loi qui instaure une commission rassemblant des historiens, des juristes, des représentants d’associations et du service historique de la Défense qui s’efforcera d’établir certains faits sur lesquels les familles de soldats morts lors de la guerre mais considérés comme « non morts pour la France » sont toujours dans l’ignorance.
Une telle commission pourrait examiner les cas soumis par des familles, des associations ou qui auraient été révélés par des travaux de recherche tel le documentaire « Fucilati in prima ligna ».

Pour les condamnations qui lui apparaîtraient comme éminemment contestables eu égard aux faits rassemblés, elle pourrait proposer à la Cour de cassation de prononcer leur annulation sans renvoi, comme dans son arrêt de 1906 concernant le capitaine Dreyfus.

Ainsi ces hommes seraient reconnus innocents, ce qu’ils n’ont cessé d’être pour nous, et tous pourraient avoir leur nom inscrit officiellement sur les monuments aux morts des communes concernées comme hier à Aude, Tagliu Isulacciu, Santa Reparate-di Balagna, Albitreccia et aujourd’hui à Casabianca.

Telle est la proposition de texte faite par la Ligue des Droits de l’Homme à l’Assemblée de Corse, soutenue et portée par le Président Dominique Bucchini, adoptée à l’unanimité en juillet 2011 et adressée à l’Etat.

Cette résolution est aussi un message adressée à la jeunesse.
Si nous laissons les victimes de la justice militaire dans l’ombre, si l’injustice et la brutalité qui les ont frappés demeurent la petite histoire, si l’histoire que l’on dit grande se nourrit de l’iniquité et du mépris des hommes, si les livres érigent en héros des généraux fusilleurs, alors nous laisserons aux générations futures des repères faussés et inquiétants.
De par le monde, ce sont d’autres « généraux fusilleurs », d’autres despotes, usant des armes de leur temps mais toujours dans la négation du droit et de la justice qui imposeront leur loi, confortant leurs régimes autoritaires ou défiant les démocraties. L’histoire n’aura pas éclairé le présent.
Casabianca, le 09/08/2013
Cérémonie en hommage à Virgo Luigi,
fusillé pour l’exemple
André Paccou
Membre du Comité central
Ligue des Droits de l’Homme 

Prise de parole de la LDH à la cérémonie de retour de la dépouille de Sylvestre Marchetti «fusillé pour l'exemple » en 1916 - Taglio-Isulaccia 28/11/2010  

Monsieur le maire
Monsieur le président de l’Association Mémoire de Sylvestre MARCHETTI
Mesdames et Messieurs,
C’est un honneur pour la Ligue des droits de l’Homme que d’ouvrir cette cérémonie dédiée à Sylvestre MARCHETTI, un enfant de cette commune, fusillé pour l’exemple le 22 octobre 1916, au côté d’un autre soldat de son régiment Julien LANçON.
Nous n’oublions pas le sort injuste et révoltant réservé à ces deux hommes.
Nous n’oublions pas les soldats qui ont subi le même sort entre 1914 et 1918 après avoir été condamnés par des conseils de guerre.
Au total, ces tribunaux expéditifs prononceront 1800 condamnations à mort.
Plus de 600 soldats seront exécutés.
Ceux qui échapperont au peloton d’exécution seront envoyées aux travaux forcés, en déportation vers des bagnes et des chantiers coloniaux, ou en détention dans des forteresses ou des camps militaires.
La plupart mourront avant de retrouver la liberté, et comme la quasi-totalité des fusillés pour l’exemple, leur nom ne figure pas sur les monuments aux morts.
A ce sinistre bilan, il faut ajouter d’autres victimes de l’arbitraire de la hiérarchie militaire ; des civils accusés d’espionnage victimes de condamnations et d’exécutions extrajudiciaires ; d’autres soldats martyrs, exécutés sans jugement dont le nombre est impossible à déterminer faute de traces dans les archives comme dans les récits.
Deux cas ont été rendus publics après la guerre, ceux des sous-lieutenants Henri HERDUIN et Pierre MILLANT, fusillés sans jugement le 11 juin 1916, à Fleury, devant Douamont. Une stèle a été érigée à leur mémoire, le 4 novembre 2009, en
l’absence, malheureusement, du secrétaire aux Anciens combattants, Hubert FALCO, à qui le maire de Verdun, Arsène LUX, avait écrit que cela risquait d’avoir un impact négatif « sur le moral de nos forces armées, notamment pour celles engagées en Afghanistan ».
Quand le passé rattrape le présent…
Mais quel crime Sylvestre MARCHETTI et Julien LANçON ont-ils pu commettre ?
Que s’est-il réellement passé ?
Le livre de Joseph CIPRIANI et Jean-Claude FLAMENT « Le chemin de l’enfer – A strada di l’infernu » nous permet de remonter dans le temps.
Que les deux auteurs soient ici remerciés pour leur engagement au service de la vérité et de la justice.
Je vous livre quelques extraits de leur travail.
« Nous sommes le 9 août 1916, le régiment de Sylvestre MARCHETTI reçoit l’ordre de se préparer pour remonter à l’assaut des tranchées ennemies. Les hommes n’en peuvent plus. Depuis leur retour au front, le 22 juillet, les hommes du 8e régiment
d’infanterie coloniale n’ont pas eu un seul moment de répit. Se battre, toujours se battre, de jour comme de nuit, ils sont fatigués, épuisés. Ils voudraient du repos. Comment est partie l’idée de formuler leur souhait de façon officielle dans la tranchée Sophie ? Qui le premier a décidé qu’il y en avait marre ?
Les hommes ne bougent pas quand on leur ordonne de prendre leur barda et leur armement. Un sous-officier hurle : « Bougez-vous, on remonte à l’assaut !...
Toi le caporal, dis à tes hommes de se mettre en rang et de partir !...
L’ordre s’adresse à Sylvestre.
« Mettez-nous quelques jours en repos, les gars sont harassés, après on fera ce que vous direz », rétorque Sylvestre, celui qui se bat depuis plus de deux ans et demi et qui comprend bien l’épuisement et le mécontentement de ses camarades…
Le lendemain, le 10 août, les soldats n’ont toujours pas bougé. C’est un refus collectif de remonter au front. » Sans insulte vis-à-vis des supérieurs, sans menace.
 « Les officiers sont débordés par le mécontentement de la troupe. Il faut arrêter cela au plus vite. C’est une mutinerie, il faut réagir ! Le 8è RIC a déjà eu à faire face à une mutinerie le 5 mai dernier. Un conseil de guerre a condamné cinq soldats à mort. Un fut exécuté. Si cette nouvelle affaire arrive aux oreilles du général, c’est sur eux que
vont tomber les sanctions. Le 11, la décision est prise : ils passeront devant un conseil de guerre. »
Voici ce que nous rappellent Joseph CIPRIANI et Jean-Claude FLAMENT dans leur livre : cette autre guerre des tranchées que doivent mener de
nombreux officiers contre leurs soldats. C’est bien d’un régime de terreur dont nous parlons, et lorsque des hommes osent se dresser comme Sylvestre MARCHETTI, Julien LANçON et leurs camarades de tranchées, alors une machine impitoyable se met en route jusqu’au bout de la nuit.
Arrestation, inculpation, emprisonnement, semblant d’enquête, semblant de jugement, condamnation à mort, semblant de jugement en appel et exécution de Sylvestre et Julien à peine dix semaines après les évènements de la tranchée Sophie !
Tout est allé très vite conformément à la volonté du haut commandement de l’armée française.
En octobre 1914, le général DE VILLARET commandant la 14ème division de l’infanterie n’avait-il pas rédigé une note très explicite : « Il importe que la procédure soit expéditive, pour qu’une répression immédiate donne par des exemples salutaires, l’efficacité à attendre d’une juridiction d’exception »
Et quelle définition plus cynique du fusillé pour l’exemple peut-on imaginer que cette note écrite en 1917 par le général GUILLAUMAT commandant la deuxième armée : « Ce n’est pas le coupable que l’on veut punir, c’est sur le moral vacillant de ceux qui l’entourent que l’on agit… »
Dès le début de la guerre, la démission du gouvernement civil face à la hiérarchie militaire a permis cette dérive militariste. En septembre 1914, le généralissime JOFFRE demande la création de tribunaux militaires spéciaux, à trois juges sous l’autorité de la hiérarchie, aux décisions immédiatement exécutoires, sans appel ni
grâce.
Ceux-ci vont prononcer autour d’un millier de condamnations à mort, dont la moitié seront exécutées. Il faut attendre avril 1916 pour que ces cours martiales soient
supprimées, conséquence d’une mobilisation de la Ligue des droits de
l’Homme.
C’est une première victoire pour la réhabilitation des victimes d’exécutions sommaires et contre les décisions arbitraires de tribunaux militaires.
Durant l’été 1916, la LDH demande clairement que les erreurs judiciaires commises par la justice militaire « unanimement critiquée » soient redressées.
Avant la fin de la guerre, un certain nombre de réhabilitations interviennent en appel ou en cassation.
Entre 1919 et 1932, l’action conjointe de familles, de la LDH et d’associations d’anciens combattants et de soldats mutilés provoquent le vote de cinq lois qui permettent des amnisties ou des annulations de condamnation.
Ce combat débouche en 1932 sur l’installation d’une cour spéciale de révision pouvant se saisir y compris de jugements que la Cour de cassation n’avait pas voulu annuler.
Fonctionnant jusqu’en 1935, la cour spéciale a pu lever à son tour des condamnations symboliques, comme celle des « caporaux de SOUAIN ».
Le 4 novembre 1933, elle a réhabilité le soldat Joseph GABRIELLI, berger de Corte, handicapé mental, accusé d’abandon de poste devant l’ennemi et fusillé pour l’exemple le 14 juin 1915 une heure après la lecture de la sentence, parce qu’il s’était éloigné de sa compagnie sur ordre pour se rendre à un poste de secours après avoir été blessé, et qu’il s’était égaré à son retour sur le champ de bataille.
Il faut lire le terrible témoignage d’un soldat présent lors de l’exécution de Joseph GABRIELLI pour comprendre le caractère cruel et terrifiant de ces exécutions.
« GABRIELLI, affolé, courrait devant les fusils » en implorant sa mère.
« Il se cramponnait convulsivement, tantôt à l’aumônier, tantôt à moi : Il a fallu planter un poteau sur la tranchée de deuxième ligne pour l’y ligoter. Cela a duré une demi-heure. »
De tout cela nous en parlons aujourd’hui parce qu’il y a eu le combat des familles de fusillés pour l’exemple, de la Ligue des droits de l’Homme, d’associations d’anciens combattants, de citoyens qui n’ont pas accepté ce triste legs de l’histoire, de communes qui malgré l’interdiction que leur faisait la loi, ont osé inscrire le nom de fusillés pour l’exemple sur leurs monuments aux morts comme ici à Taglio
Isolaccio pour Sylvestre MARCHETTI ou encore à Monaccia d’Aulène pour Joseph TOMASINI, fusillé pour l’exemple le 19 septembre 1914.
Ensemble, nous formons le parti de la réhabilitation qui a encore sa raison d’être tant que Sylvestre, Julien et Joseph n’auront pas été réhabilités, tant que les autres fusillés pour l’exemple mais aussi ceux envoyés au bagne, en déportation ou emprisonnés dans des forteresses militaires ne l’auront pas été.
Pour cela, la LDH demande l’instauration d’une commission rassemblant des historiens, des juristes, des représentants d’associations et du service historique de la Défense qui pourra s’efforcer d’établir certains faits sur lesquels les familles de soldats morts lors de la guerre mais considérés comme « non morts pour la France » sont toujours dans l’ignorance.
Une telle commission pourrait examiner les cas soumis par des familles,
des associations ou qui auraient été révélés par des travaux de recherche tel votre livre Messieurs CIPRIANI et FLAMENT.
Pour les condamnations qui lui apparaitraient comme éminemment contestables eu égard aux faits rassemblés, elle pourrait proposer à la Cour de cassation de prononcer leur annulation sans renvoi, comme dans son arrêt de 1906 concernant le capitaine DREYFUS.
Ainsi ces hommes seront reconnus innocents, ce qu’ils n’ont cessé d’être pour nous, et leurs noms pourront s’inscrire officiellement sur les monuments aux morts des communes concernées.
Car si nous les laissons dans l’ombre, si l’injustice et la brutalité qui les a frappés demeurent la petite histoire, si l’histoire que l’on dit grande se nourrit de l’iniquité et de la cruauté, si les livres ne retiennent que le nom des généraux fusilleurs, alors nous laisserons aux générations futures des repères faussés et inquiétants.
De par le monde, ce sont d’autres « généraux fusilleurs » usant des armes de leur temps mais toujours dans la négation du droit et de la justice qui continueront à imposer leur loi, confortant les régimes autoritaires ou défiant les démocraties, car l’histoire n’aura pas éclairé le présent.
TAGLIU ISULACCIU
le 28/11/2010
André PACCOU
Membre du Comité central
Ligue des droits de l’Homme


 III-Motion de l’assemblée de Corse -2011- et accusé de réception de la préfecture – Délibération pour le retour de la dépouille de F.M. Guidicelli -2013-

Suivre le lien : Délibération Fucilati

Suivre le lien : Retour de la dépouille de François-Marie Guidicelli


   IV- Annexes                                                                                                  

Annexes 1 : actions de la section                                                                     


  • Texte de l'association "Per Luigi Virgo"
                                                                                             "Virgo Luigi fusillé pour l’exemple...
publié par Agora fox
(29/05/2013)
Bonjour,
Nous avons créé depuis peu une association en l'honneur de notre arrière grand oncle."PER LUIGI VIRGO", soldat du 173e R.I, fusillé pour l'exemple à Jubécourt dans La Meuse le 03/09/1916 à l'âge de 31 ans.
Avec des recherches approfondies (Service historique de la Défense, Château de Vincennes) et l'aide précieuse d'un documentaire réalisé par une journaliste corse sur la chaine Via Stella : Fucilati In Prima Ligna, Fusillés en Première Ligne diffusé en 2012 nous a été d'un grand secours dans nos recherches.
Je vais maintenant vous raconter :
Dans un cimetière militaire de Lorraine, proche de Verdun,a Ville sur Cousances un nom corse est gravé sur une tombe de la 1ère guerre. L'épitaphe est surprenante. Dans les registres officiels, Virgo Luigi n'est pas reconnu comme "mort pour la France", il à été fusillé.
La découverte de sa tombe était bien improbable en un tel lieu. Les fusillés sont généralement inhumé à l'ecart des soldats, morts au champ d'honneur. C'est uniquement la méconnaissance de l'histoire de Virgo Luigi, qui explique le transfert de sa dépouille dans cette nécropole Nationale plusieurs années après la guerre. Il ne reste de Virgo ni photographie, ni lettre. Le même trou noir a englouti les visages et les voix des autres fusillés corses connus à ce jour. Ils s'appelaient : Joseph Tomasini, César-Antoine Colonna-Bozzi, François Guidicelli, Sylvestre Marchetti, Joseph Gabrielli...
Luigi Virgo est né le 18 mars 1885 dans un petit village de Castagniccia en Corse à Casabianca. Veuf avant la guerre et père de deux enfants il est tout de même mobilisé dans le 173e R.I. en seconde ligne. Du début de la guerre jusqu'au printemps 1916, il a combattu sans relâche.
A partir de février 1916, il est entré dans un nouveau cercle de l'enfer, la bataille de Verdun. Après plusieurs mois dans cette apocalypse, Luigi peut souffler quelques jours. Il est au repos en retrait des 1ère lignes. Mais il se présente en retard à son régiment après de copieuses libations. Il est rapidement appréhendé mais comme il n'était justement pas en 1re ligne, l'incident est clos, sans autre forme de procès. Cet épisode va toutefois peser lourd par la suite.
Luigi a repris entre temps son poste dans les tranchées de Verdun. Plusieurs témoins évoqueront son courage, en ces jours sanglants. Le 27 juin 1916 il est porté absent, mais cette fois en 1ère ligne.
Il n'a pas abandonné son poste, mais a disparu lors des assauts très meurtriers. Il est retrouvé quelques heures plus tard au milieu de ses camarades. Il est inculpé d'abandon de poste en présence de l'ennemi et de désertion à "l'intérieur" en référence à sa première affaire.
Son conseil de guerre s'ouvre le 27 juillet. Il ne sait ni lire, ni écrire et parle mal le français.
Il est condamné à mort, mais il peut faire appel et demander la grâce présidentielle, qui sera rejettée le 28 août 1916.
Luigi n'aura pas la vie sauve, sa demande de révision est refusé, sa grâce également. On ne lui tient pas compte de son courage dans les tranchées attesté par plusieurs témoins.
La sentence tombe le 02 septembre : c'est la mort. Il est fusillé le lendemain à 6h du matin à Jubécourt.
Luigi est le seul fusillé corse retrouvé dans une nécropole Nationale. Il n'a pourtant pas été réhabilité. Sa présence dans le cimetière militaire de Ville sur Cousances n'en est pas moins très justifié. Luigi l'a plus que merrité pour son long voyage au bout de la nuit du début de la guerre jusqu'a Verdun.
Paradoxalement le seul fusillé corse qui a une sépulture militaire dans la Meuse ne figure pas sur le monument aux morts de son propre village.
Notre arrière grand mère était sa soeur, qui s'est battu sans relâche, se rendant à pied, au tribunal de guerre se trouvant dans la ville de Corté à plusieurs kilomètres de son village, pour sauver son frère, en vain.
En mémoire de Virgo, pour son honneur mais aussi celle de son fils que les gens ont rejeté toute sa vie(mais que notre arrière grand mère a elevé comme son propre fils), pour notre arrière grand mère, pour sa petite fille décédée à l'âge de douze ans notre association va oeuvrer pour sa réhabilitation, et pour tous les fusillés de la grande guerre
Nous allons lui rendre l'honneur qui est le sien, nous ne l'avons pas oublié et son nom serra réinscrit sur le monument aux morts de son village Casabianca.
En mémoire pour tous les corses morts à la guerre...et pour ces 650 soldats français fusillés pour "l'exemple".
PER VIRGO LUIGI"

  • 8 octobre 2012 - GROUPE DE TRAVAIL MÉMOIRE, HISTOIRE, ARCHIVES
Auteur de l'article : LDH
La réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la Guerre de 14-18
Réunion du groupe de travail « Histoire, mémoires, archives » de la LDH du 5 octobre 2012

Programme :
- projection du film de France 3 Corse, réalisé par Jackie Poggioli, Fuciliati in prima ligna, Fusillés en première ligne ;
- le travail de la LDH sur ce thème, dont celui de la section de Corse auprès de l’Assemblée de Corse ;
Site de la section LDH Corse - lien vers le film documentaire de Jackie Pogioli pour FR3-Corse Via-Stella.
- informations et débat dans la perspective du centenaire de 1914.
Gilles Manceron et Emmanuel Naquet délégués du groupe de travail « Histoire, mémoires, archives »

  •  Article du Journal de la Corse sur la cérémonie à Santa Reparata di Balagna en septembre 2012 
N’oublions jamais !
jeudi 4 octobre 2012, par Journal de la Corse
François-Marie Guidicelli, soldat corse, fusillé pour l’exemple, en 1915, à 21 ans, a été exhumé vendredi du cimetière de Caix pour être inhumé dans son village natal, à à Santa Reparata Di Balagna. Une délégation corse était présente, « pour qu’il rentre dignement en Corse », a précisé Antoine Fondacci, conseiller municipal à Santa Reparata-di-Balagna.
Les mains liées dans le dos et sans cercueil
Le squelette de ce soldat corse du 140e régiment français, a été retrouvé dans sa tombe les mains encore liées dans le dos et enterré à même la terre, sans cercueil, sans nom, sans plaque. C’est Jackie Poggioli, journaliste à France 3 Corse, réalisatrice d’un magnifique documentaire sur ces soldats fusillés pour l’exemple et aidée du généalogiste picard Daniel Greu, qui a retrouvé la trace de François-Marie, enterré à l’écart dans le cimetière de Caix. François-Marie avait été victime le 8 juin 1915 d’une commotion cérébrale provoquée par les explosions. Il avait erré sans but et, après avoir repris conscience, il s’était présenté à son commandement le 17 juin. Condamné à mort par un conseil de guerre spécial, il avait été fusillé le lendemain, le jour de son 21e anniversaire. Ces conseils de guerre avaient été dissous en avril 1916 mais très peu de ces fusillés pour l’exemple avaient été réhabilités. Et il avait fallu toute l’énergie des militants de la Ligue des droits de l’homme pour y arriver.
Nous n’oublions pas
En Corse, la section de la LDH avait déjà œuvré pour la réhabilitation de Sylvestre Marchetti, enfant du Fium’Orbu, fusillé pour l’exemple le 22 octobre 1916 au côté de son camarade de combat, Julien Lançon. À cette occasion, André Paccou, responsable de la LDH Corse avait adressé ces quelques mots à notre communauté : "Nous n’oublions pas le sort injuste et révoltant réservé à ces deux hommes. "Nous n’oublions pas les soldats qui ont subi le même sort entre 1914 et 1918 après avoir été condamnés par des conseils de guerre. Au total, ces tribunaux expéditifs prononceront 1800 condamnations à mort. Plus de 600 soldats seront exécutés. Ceux qui échapperont au peloton d’exécution seront envoyées aux travaux forcés, en déportation vers des bagnes et des chantiers coloniaux, ou en détention dans des forteresses ou des camps militaires."
Au-delà des fusillés pour l’exemple
Les fusillades pour l’exemple s’apparentaient aux décimations du XVIIe siècle. Le moral des combattants décimés par des offensives qui se transformaient en boucherie, s’effondrait. Les maréchaux Joffre et Foch n’avaient trouvé rien de mieux que de faire fusiller "les séditieux". Mais au-delà de ces drames atroces, n’oublions pas que ce fut cette Grande Guerre qui fut un massacre généralisé tant du côté français et alliés que de celui des forces allemandes. Le nombre de tués se monta à 2o millions tandis que 21 millions d’hommes étaient blessés. En France, 27% des hommes de 18 à 27% avaient ainsi péri. 60 millions de personnes moururent en 1919 de la grippe espagnole. 11.380 Corses périrent durant les combats de la première Guerre Mondiale. Selon le site d’Ours Jean Caporossi, 6 de ces soldats insulaires ont été fusillés pour l’exemple suite à de diverses mutineries collectives ou individuelles. 2.474 sont morts dès les premiers mois de la guerre, d’août à décembre 1914, et 2.750 lors de l’année 1915. 245 sont morts en 1919. Cette première guerre mondiale démontra l’absurdité de ces combats qui provoquèrent un bain de sang parmi les plus pauvres au profit de canailles qui se connaissaient et ne se trouvaient pas sur les champs de bataille. Henri Barbusse écrivait dans le Feu : « La guerre... recommencera tant qu’elle pourra être décidée par d’autres que ceux qui la font ; par d’autres que les sombres foules qui animent les baïonnettes après les avoir forgées. » La vérité est que, habillant leurs sombres desseins des horipeaux des nationalismes, on parvint à jeter les uns contre les autres des millions d’hommes qui ne possédaient rien pour défendre les biens de ceux qui possédaient tous et n’étaient surtout pas prêts à partager. Les fusillés pour l’exemple ne furent que la caricature de ce système sanguinaire qui ordonnait à de jeunes gens de se suicider sans rechigner.
GXC
  • Document retraçant la cérémonie à Caix lors de l'exhumation du corps de François-Marie Guidicelli avant son retour à Santa Reparata / Lire la lettre de la famille de François-Marie Guidicelli au Maire de Caix.
Suivre le lien : Cérémonie à Caix


  • Communiqué de la section à l'occasion de la réunion publique à Aullène et faisant suite au vote de l'Assemblée
« Lors de sa dernière session, l’Assemblée de Corse a adopté à l’unanimité une motion demandant la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple pendant la première guerre mondiale. La Ligue des droits de l’Homme qui a contribué à ce texte se félicite de ce vote. Le combat pour la réhabilitation a été, après l’affaire DREYFUS, l’un de ses combats fondateurs. Engagé dès 1916, il débouche dans les années 30 sur une loi qui permet la réhabilitation de quelques dizaines de soldats dont Joseph GABRIELLI de Pietraserena.
Aujourd’hui, le vote de l’Assemblée de Corse étaye un appel lancé en novembre2010 par la LDH, le général André BACH et l'historien Claude PENNETIER, qui demande la réhabilitation d’autres centaines de soldats fusillés pour l'exemple et l’apaisement pour les familles concernées. Oublier serait imposer une deuxième injustice à ces victimes de la justice militaire qui est la matrice de toutes les juridictions d’exception.
Après avoir été invitée en novembre 2010 à prononcer le discours d’ouverture de la cérémonie  célébrant à Tagliu Isulacciu, le retour de la dépouille d’un fusillé pour l’exemple natif de cette commune, cérémonie à l'initiative de l’association « Sylvestre MARCHETTI », du nom de ce soldat qui n’a toujours pas été réhabilité ; après la projection en avant première publique en partenariat avec France 3 Corse, du remarquable documentaire de la journaliste Jackie POGGIOLI et de son équipe, « Fulicati in prima ligna, fusillés en première ligne », en mai 2011 ; la LDH, invitée par l’association « Tutti in paesi » participera à un débat à partir d'un exposé introductif de la réalisatrice du documentaire, le mercredi 10 août à 18h en mairie d’Aullène, commune qui compte parmi ses enfants un fusillé pour l’exemple réhabilité, Joseph TOMASINI »                                                                                              Ajaccio, le 04 août 2011


  • Article de Corse-Matin : Cérémonie à Tagliu Isulacciu pour Sylvestre Marchetti
Fusillé en 1916, Sylvestre Marchetti repose enfin auprès des siens à Tagliu
Publié le lundi 29 novembre 2010 à 07h20

                                                   Hier après-midi, en l'église Saint Michel, l'assistance était très émue.
Presque cent ans après son exécution le 22 octobre 1916 à Sarcus, dans l'Oise, Sylvestre Marchetti repose enfin auprès des siens au cimetière communal de Tagliu Isulacciu. La chaîne de solidarité pour qu'il en soit ainsi a fonctionné, remuant de vieux faits de guerre, pas toujours louables, à travers l'histoire de ce jeune caporal de 22 ans « fusillé pour l'exemple ». Et ce, pour avoir pris part à deux mutineries au coeur des tranchées de la bataille de la Somme, en août 1916. Au coeur de la grande guerre et de son cortège d'horreurs.
Durant de très longues années, Sylvestre Marchetti n'était qu'un nom gravé sur la croix du cimetière de Sarcus. Jusqu'à ce que Jean-Claude Flament, conférencier passionné par la Première Guerre mondiale, ne découvre ses origines. Ce qui déclenchera un processus de réhabilitation et de rapatriement du corps du jeune militaire corse.
Hier après midi, à l'issue d'une messe concélébrée par le père Christophe Boccheciampe et Iviu Pasquali, au cours de laquelle un vibrant hommage lui a été rendu, Sylvestre Marchetti, celui qui avait quitté son village de Tagliu Isulacciu à vingt ans à peine, a retrouvé sa terre natale pour un repos éternel. Un symbole fort pour les habitants du village tavanincu qui se sont mobilisés autour de l'association Mémoire de Sylvestre Marchetti, présidée par Toussaint Campana. Avec Joseph Cipriani et Cécile Friaucourt, ils ont tout mis en oeuvre afin de réunir les fonds nécessaires à ce rapatriement.
L'aboutissement de longs mois, pour que la vérité soit enfin rétablie, pour que la mémoire du jeune caporal soit honorée, pour que le voile soit dissipé, mais surtout pour que leur « paisanu » repose en Corse. À l'instar d'André Paccou, représentant la Ligue des droits de l'Homme, qui fut le premier à s'exprimer devant le cercueil de Sylvestre Marchetti, ce juste retour des choses est le symbole du combat pour la réhabilitation de tous ces soldats « fusillés pour l'exemple ». Hier, la cérémonie religieuse fut empreinte de témoignages d'affection. Les voix « tavaninche » se sont élevées et le village de Tagliu Isulacciu a retrouvé son enfant, pour l'éternité.


Annexes 2 : Ldh nationale et fédération du Nord                                            


  • Article LDH octobre 2013

LIBERTÉS

4 octobre
HISTOIRE
Auteur de l'article : LDH

Ne pas renoncer à la réhabilitation des fusillés de 14-18

Communiqué LDH 
Le président du conseil scientifique de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, M. Antoine Prost, a remis le 1
er octobre 2013 au ministre délégué auprès du ministre de la Défense un rapport intitulé « Quelle mémoire pour les fusillés de 1914-1918 ? Un point de vue historien ». La Ligue des droits de l’Homme salue la qualité de ce travail, et se félicite de ce que les plus hauts responsables de la République ont choisi de se tourner vers des historiens pour éclairer leurs prises de décisions.

Ce rapport a le mérite de souligner que le terme de « fusillés » englobe plusieurs situations et plusieurs types de faits ; de fournir des données numériques et chronologiques à leur propos, ainsi que sur la disparité des archives conservées ; de rappeler l’importance, depuis la guerre, des mobilisations sur ce sujet, animées notamment par la LDH, et de nier qu’il aurait été tabou ou que la République n’aurait jamais voulu s’en saisir. A juste titre, il écarte la possibilité de tout nouveau procès en révision, et met en garde contre tout jugement anachronique sur une époque où la mort n’était pas perçue de la même façon qu’aujourd’hui ; il refuse toute instrumentalisation militante de cette question qui tendrait à la confondre ou l’assimiler à celles de l’antimilitarisme ou du pacifisme. Il a le mérite de conclure que la réintégration des fusillés dans la mémoire nationale, qui a fait de grand pas depuis le discours du Premier ministre Lionel Jospin en 1998, doit désormais passer par l’Histoire.
Reste que, pour la Ligue des droits de l’Homme, la réhabilitation ne peut pas être considérée comme achevée. Celle d’un certain nombre de victimes flagrantes d’injustice et d’arbitraire, dont plusieurs cas ont été défendus depuis longtemps par la LDH sans obtenir encore satisfaction, doit enfin aboutir. Elle ne peut consister en de simples déclarations ministérielles comme à propos du sous-lieutenant Chapelant, le 11 novembre 2012. Selon la LDH, des décisions de cassation sans renvoi doivent, comme en 1906 dans le cas du capitaine Dreyfus, être prises simultanément sur un ensemble de cas emblématiques. Cette question n’est pas seulement liée à une période passée, elle renvoie à des problèmes actuels relatifs aux obligations et droits des militaires au sein des forces de défense françaises. Condamné à mort en juin 1917 pour refus d’obéissance en présence de l’ennemi, mais en réalité pour avoir joué le rôle de porte-parole dans un dialogue entre les hommes et les officiers, l’instituteur Paul Breton, dont le président du conseil Paul Painlevé a pris la défense et obtenu la grâce en Conseil des ministres, avait, en déclarant « Nous sommes dans une armée républicaine, que nous voulons républicaine », résumé un enjeu qui dépasse largement la guerre de 14-18.
La LDH souhaite également que, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, le travail historique sur ces questions soit encouragé. En particulier sur des problèmes qui lui tiennent à cœur depuis l’époque des faits, comme le sort des étrangers vivant en France, engagés volontaires affectés à des régiments de marche de la Légion étrangère, celui des « mauvais sujets » versés dans les « sections d’exclus », les « compagnies de discipline » ou victimes de la déportation judiciaire ou administrative dans des bagnes coloniaux, parmi lesquels il y eut probablement davantage de morts qu’il n’y eut de fusillés après condamnation d’un conseil de guerre aux armées. Au-delà de leur cas, ce centenaire doit être l’occasion d’avancer dans la connaissance historique du sort des cent quarante mille soldats de l’armée française morts durant le conflit, et qui n’ont pas eu droit à la mention « mort pour la France ».
Paris, le 4 octobre 2013
  • Notes de lecture sur "Justice militaire 1915-1916 "d’André Bach dans Hommes et Libertés - 2013
Suivre le lien : "Justice militaire - André Bach "

  • Article LDH 2011« Réhabilitation des fusillés de14-18 : l’engagement de l’Assemblée de Corse »
LIBERTÉS
7 septembre 2011
HISTOIRE
Auteur de l'article : webmestre
Réhabilitation des Fusillés de 14-18 : l’engagement de l’Assemblée de Corse
2014 sera le centenaire du début de la Grande Guerre. Il est temps que les faits soient reconnus et que la réhabilitation des fusillés intervienne. Ce n’est possible qu’au prix d’un travail méticuleux, dont la LDH et un certain nombre d’historiens demandent aux autorités la mise en route rapide. L’assemblée de Corse s’est engagée ans cette voie

Dans le prolongement de la tribune publiée en janvier 2010 sur Mediapart par le général André Bach, ancien responsable du service historique de l’armée de terre avec des responsables de la LDH, et de son intervention le 13 février 2010 devant son Comité central, la LDH a formule des propositions pour une réelle réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
La décision des pouvoirs publics pour ce faire est loin d’être acquise, tant les résistances sont fortes, soit dans la sphère politico-militaire dominante, soit dans les milieux qui fantasment leur rapport à l’identité nationale. Et dans la conjoncture politique qui ouvre la séquence électorale de 2012, gageons que les efforts du gouvernement ne seront pas en faveur de ce combat pour la justice. La LDH le mène depuis les années de l’immédiate après-guerre, elle en fait l’un de ses thèmes de référence. Elle continue à dénoncer toutes les justices d’exception et singulièrement la plus évidente d’entre elles, la justice militaire. L’objectif est qu’à la date anniversaire du déclenchement du conflit, on puisse dire que les procédures sont lancées.
La construction d’une force de pression pour y arriver est donc bien d’actualité. Nous publions, à titre d’exemple, la délibération de l’Assemblée de Corse, adoptée le 29 juillet 2011 dans le but d’obtenir la réhabilitation de tous ces soldats assassinés pour l’exemple.
- Lire la délibération de l’Assemblée de Corse
- Pour en savoir plus : l’article de Gilles Manceron, Hommes & Libertés, 151, décembre 2010 « Fusillés de 14-18, pour une vraie réhabilitation »

  • Allocution du 11 novembre 2011 de la fédération LDH du Nord
Suivre le lien11 novembre 2011 / Fédération Nord

  • "Verdun 1916 : Henri et Pierre, officiers exécutés illégalement" par Gilles Manceron
Suivre le lien : Verdun 1916



Annexes 3 : Ministère de la Défense « Quelle mémoire pour les fusillés de 14 - 18 ? »


Suivre le lien : Quelle mémoire pour les fusillés ?

Liens : Rapport d'Antoine Prost  et  Discours de Kader Arif



Annexes 4 : Article paru dans Médiapart "Comment réhabiliter les fusillés pour l'exemple de 14-18"

Dans la perspective du centenaire de la Première Guerre mondiale, le général Bach, entouré de l’historien Claude Pennetier, et de Jean-Pierre Dubois, Gilles Manceron et Michel Tubiana, respectivement président, vice-président et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, prennent position dans Mediapart pour une réhabilitation individuelle de chacun des soldats concernés.

Comment réhabiliter les fusillés pour l’exemple de 14-18 ?
Le 25 Janvier 2010
L’idée qu’il faut réhabiliter les fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale fait son chemin. La première fois qu’un Premier ministre, Lionel Jospin, l’avait exprimée, en 1998, elle avait suscité de vives polémiques. Depuis, dans son discours de Douaumont le 11 novembre 2008, le président Sarkozy l’a reprise en partie à son compte, et, un an plus tard, à l’Arc de Triomphe, il a évoqué de nouveau les « fusillés pour l’exemple qui attendent encore qu’on leur rende justice ».
Tout en se réjouissant de cette évolution des autorités de la République à l’approche du centenaire de la Grande Guerre, il nous paraît légitime qu’une association comme la Ligue des droits de l’Homme, qui s’est mobilisée dès l’époque du conflit contre des décisions arbitraires des conseils de guerre, ainsi que des historiens qui se sont penchés sur différents aspects de cette histoire, donnent leur point de vue sur les formes que devrait prendre à leurs yeux une telle réhabilitation.
Grâce aux campagnes menées après la guerre, des condamnations ont déjà été levées, comme celle des « caporaux de Souain » dont l’instituteur Théophile Maupas, défendu avec opiniâtreté par sa veuve, Blanche Maupas. Mais beaucoup d’autres cas sont restés dans l’ombre et nombre d’injustices n’ont pas été réparées. Comme pour Jean Chapelant, sous-lieutenant de 23 ans ramené blessé dans ses lignes, en octobre 1914 dans la Somme, accusé de « capitulation en rase campagne », condamné à mort et fusillé, attaché sur un brancard. Ou Léonard Leymarie, soldat du 305e régiment d’infanterie, condamné à mort et fusillé dans l’Aisne en décembre 1914, pour mutilation volontaire et abandon de poste, alors que des témoignages indiquaient qu’il avait été blessé à la main à son poste de guetteur dans une tranchée.
Des familles demandent que la lumière soit faite sur le sort d’ancêtres qui font partie des 140 000 militaires français morts durant la guerre, mais qui, d’après un fichier établi par l’administration des Anciens combattants, n’ont pas eu droit à la mention « mort pour la France ».
Au total, on estime que, pendant le conflit, plus de 600 militaires français ont été exécutés suite à la condamnation d’un conseil de guerre. Mais ces tribunaux ont prononcé au total quelque 140 000 décisions, dont environ 1 800 condamnations à mort commuées ensuite en d’autres peines, et ont infligé d’autres décisions que la mort : des peines de travaux forcés, des peines de « travaux publics », c’est-à-dire de déportation vers des bagnes et chantiers coloniaux, des peines de détention dans des forteresses ou des camps militaires, et des peines de prison, parfois commuées elles aussi au profit d’un retour au front. Or un grand nombre de soldats condamnés à ces peines, ou dont la peine de mort a été commuée en l’une d’entre elles, sont morts, eux aussi, avant de retrouver la France ou la liberté, sans que leur nom figure sur les monuments aux morts.
S’y ajoutent les victimes d’exécutions sans jugement dont le nombre est impossible à déterminer car elles ont laissé moins de traces dans les archives comme dans les récits. Deux cas ont été rendus public après la guerre, ceux des sous-lieutenants Henri Herduin et Pierre Millant, fusillés sans jugement, le 11 juin 1916, à Fleury, devant Douaumont. Une stèle a été érigée à leur mémoire, le 4 novembre 2009, en l’absence, malheureusement, du secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Hubert Falco, à qui le maire de Verdun, Arsène Lux, avait écrit que cela risquait d’avoir un impact négatif « sur le moral de nos forces armées, notamment pour celles engagées en Afghanistan ». Un signe de ce que toutes les polémiques ne sont pas closes.
L’existence de victimes d’exécutions sommaires témoigne de ce que la demande de vérité et de justice dépasse largement le cas des seuls condamnés fusillés. Elles paraissent particulièrement nombreuses dans les troupes coloniales. Il existe, par exemple, à propos de tirailleurs d’Afrique du nord, un ordre écrit de tirer au sort dix hommes et de les faire fusiller, exécuté le 15 décembre 1914 sur le front de l’Yser. Et elles semblent avoir été nombreuses aussi parmi les étrangers européens engagés volontaires en 1914, Russes, Polonais, Roumains, Juifs d’Europe centrale, Arméniens et autres Ottomans, qui s’étaient retrouvés dans la Légion étrangère, parfois victimes d’un encadrement habitué à la violence des guerres coloniales et à l’instruction sans ménagement d’anciens délinquants, et où certains d’entre eux, inadaptés à cette unité, sont morts pour avoir demandé à combattre dans des régiments ordinaires.
S’y ajoutent les « mauvais sujets » prélevés, en mai-juin 1917, au sein de chaque régiment en « grève des tranchées », victimes de la déportation administrative dans les colonies, quand Pétain et le haut commandement ne pouvant faire ce qu’ils voulaient en matière de conseils de guerre, ont eu recours à une mesure qu’ils pouvaient mettre en œuvre sans passer par des formes judiciaires. Le relevé des transportés depuis Marseille vers l’Algérie, l’Indochine, le Maroc, l’Afrique occidentale et Madagascar, donnent un total de près de 2000 hommes. Leur disparition après prélèvement dans les unités, sur des critères aussi variables que contestables, a laissé croire à un nombre beaucoup plus grand de fusillés qu’il n’y en a eu en réalité. Mais beaucoup sont morts néanmoins, dans des conditions que leurs familles ignorent encore.
Les renseigner implique d’exhumer les dossiers précis de soldats concernés. La réhabilitation de tous ces hommes, qu’elle implique de lever une condamnation judiciaire ou qu’elle consiste à dire la vérité sur la mort de soldats non « morts pour la France » qui n’ont pas été jugés, ne peut que prendre la forme d’un travail sur des cas individuels. Seule une grâce peut être une mesure collective globale, or elle ne serait pas adaptée car une grâce ne proclame pas qu’une injustice a été commise ni n’efface les éventuelles condamnations, elle dispense de l’exécution d’une peine, ce qui, bien évidemment, n’est plus la question.
Il est bien sûr inconcevable qu’un siècle plus tard, des cas soient rejugés. On ne peut porter de jugement rétrospectif sur les hommes ni sur les institutions du passé, qui appartiennent à un moment de notre histoire. En revanche, une commission rassemblant des historiens, des juristes, des représentants d’associations et du Service historique de la Défense, pourrait s’efforcer d’établir certains faits concernant le sort de soldats disparus lors de la guerre et considérés « non morts pour la France ». Une telle commission pourrait examiner les cas soumis par des familles, des associations ou que des travaux de recherche auraient révélés. Et, pour les condamnations judiciaires qui lui apparaîtraient comme éminemment contestables eu égard aux faits rassemblés, elle pourrait, sans aucun jugement sur les acteurs de l’époque, proposer à la Cour de cassation de prononcer leur annulation sans renvoi, comme dans son arrêt de 1906 concernant le capitaine Dreyfus.
Les historiens ont raison de ne pas accepter aveuglément d’être, dans des procès concernant des faits anciens, des auxiliaires de la Justice pour juger des prévenus. En revanche, ne sont-ils pas dans leur rôle lorsqu’il s’agit d’éclairer la société française d’aujourd’hui sur des faits occultés du passé ? Et si leurs recherches leur permettent de conclure que certaines condamnations prononcées alors apparaissent éminemment douteuses, ne pourraient-ils pas émettre des avis favorables à des annulations, transmis à la Cour de cassation ? De tels avis ne pouvant bien sûr porter que sur la levée symbolique de condamnations judiciaires et jamais sur d’absurdes condamnations rétrospectives.
Dans le cas des victimes de jugements qu’une telle commission proposerait d’annuler, comme dans celui des victimes d’exécutions extrajudiciaires ou de déportations administratives qu’elle souhaiterait voir réhabiliter, elle pourrait recommander que les intéressés bénéficient officiellement de l’inscription « mort pour la France » (transcrites sur les registres d’état-civil) et que leurs noms, s’ils n’y figurent pas déjà, soient ajoutés sur les monuments aux morts.
L’objectif d’une telle commission serait d’essayer de faire la lumière sur le plus grand nombre possible de ces faits pour le centenaire, en 2014, du déclenchement de la Grande Guerre.
André Bach, général C.R., ancien chef du Service historique de l’Armée de Terre,
Jean-Pierre Dubois, professeur de droit, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH),
Gilles Manceron, historien et vice-président de la LDH,
Claude Pennetier, historien (CNRS),
Michel Tubiana, avocat, président d’honneur de la LDH.