mercredi 29 avril 2026

La section présente aux côtés de Scola Corsa

La section a participé aux rassemblements à l'appel de Scola Corsa à Ajaccio et Bastia ce mardi 28 avril.

La LDH était représentée par André Paccou dans la délégation de Scola Corsa reçue en préfecture par le préfet et le recteur.

Corsenetinfos

Corse-Matin 29/04 :

Déclaration de la LDH Corsica –
Présence aux rassemblements de Scola Corsa à Ajaccio et Bastia le 28 avril 2026

Il y a près de 25 ans, la LDH appelait à la nécessité d’un nouveau droit linguistique. Elle s’exprimait en ces termes : « Il s'agit de donner enfin droit de cité à la langue corse dans sa société d'origine. L'instauration d'une égalité de traitement entre le corse et le français dans l'espace public insulaire répond à cette exigence de justice. L'institutionnalisation d'un bilinguisme n'interdit aucun accès à cet espace public pour les non-corsophones. Les apprentissages linguistiques qui sont de puissants facteurs d'intégration doivent être développés. La généralisation d'un enseignement bilingue à l'Ecole et une véritable politique publique de l'apprentissage du corse par la formation continue répondent à des exigences de démocratisation en mettant en perspective une égalité d'accès à ces apprentissages pour tous. Ils développent aussi une culture pluri linguiste porteuse d'universalité ». (2002 - Un chantier républicain)
A-t-on avancé depuis ? La France n’a jamais ratifié la Charte européennes des langues régionales ou minoritaires entrée en vigueur en 1998. Le Conseil constitutionnel a motivé ce refus par les atteintes que la Charte porterait aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République et d’unicité du peuple français. L’attribution de « droits spécifiques à des « groupes » de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l'intérieur de "territoiresdans lesquels ces langues sont parlées » était particulièrement ciblée. Il est vrai qu’une langue ne vit pas au sein d’un groupe humain mais de manière solitaire en soliloquant !
En 1992, le rapport explicatif de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires rappelait cette exigence démocratique d’un exercice desdites langues dans toute la société, enseignement, médias, monde judiciaire et administratif, vie économique et sociale, secteur culturel, pour compenser les conditions défavorables qui leur avaient été réservées dans le passé et pour leur donner la possibilité de se maintenir, de se développer.
Alors a-t-on avancé depuis ? Une réponse s’impose : la langue corse n’a toujours pas de véritable reconnaissance en droit et par voie de conséquence les libertés de s’exprimer et de penser s’en trouvent altérées car il existe un lien entre chaque langue dans le monde et ces libertés.
La langue corse n’est pourtant pas interdite. Elle peut être la langue des relations privées. Concernant les relations publiques, elle peut y être tolérée, ce qui signifie être à tout moment interdite. Nous pensons ici à son usage à l’Assemblée de Corse.
C’est pourquoi il faut que la langue corse soit reconnue en droit car seul le droit protège.
C’est dans ce contexte que la LDH situe les enjeux de Scola Corsa, de son existence et de son développement. Tolérée un temps, Scola Corsa est aujourd’hui menacée, non pas par le préfet qui applique le contrôle de légalité, mais par l’absence d’un droit linguistique.
Au regard de ce défaut d’un droit à la langue, la transmission de la langue corse en tant qu’objet social telle que la porte la pédagogie par immersion, peut être tolérée un jour et interdite le lendemain.
Par ailleurs, la LDH recourt à deux autres arguments pour renforcer son soutien à Scola Corsa et ses écoles d’enseignement immersif, établissements privés certes mais qui ont aussi fait le choix de la gratuité de leur enseignement ainsi que le choix de la laïcité à l’image du service public de l’Education nationale.
Il est temps que la République française accueille en son sein les langues dites régionales ou minoritaires. Il est temps qu’elle garantisse leur existence et leur développement, et donc leur transmission par le droit. Cela reste un combat démocratique à mener.
Dans l’immédiat, il est essentiel de sortir d’une situation de contentieux et de risques de tensions renforcées. La LDH en appelle à un dialogue entre les parties concernées – Etat, Académie, Collectivité de Corse et Scola Corsa.

France 3 Corse Via Stella

mardi 28 avril 2026

Communiqué - Israël-Palestine - Pour que la Corse soit fidèle au message des justes

 Communiqué signé nommément par l'ensemble des membres du bureau de la LDH Corsica

"Pour que la Corse soit fidèle au message des justes

Début mai, pendant trois jours, Terra Eretz Corsica Israël organise un « week-end exceptionnel en Corse », un « Shabbat plein » à Bastia. Nous connaissons les positions de soutien sans limite de cette association au gouvernement israélien actuel et ses ministres ultrareligieux et d’extrême-droite qui ne conçoivent pour la protection du peuple israélien que l’usage de la force.

Nous craignons que cette manifestation ne serve de tribune au soutien à la famine et au génocide en cours à Gaza, à la colonisation de la Cisjordanie soumise aux violences de milices israéliennes d'extrême-droite, à la guerre au Liban et toujours plus de conquêtes par l’armée israélienne du territoire de ce pays.

Nous avons condamné de manière absolue les massacres du 7 octobre 2023 et dit que leurs responsables, le Hamas, doivent être traduits devant la justice internationale. Nous condamnons avec la même force et les mêmes conséquences les bombardements du Hezbollah visant Israël. Nous ne pouvons nous taire devant les violences commises par Israël contre les populations civiles palestiniennes et libanaises, des dizaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes tués. Nous disons que les responsables de ces violences doivent également répondre de leurs actes devant la justice internationale.

Il existe un chemin pour la paix. Il passe par la reconnaissance d’un Etat palestinien afin que soit assurée la sécurité d’Israël.

Nous ne voulons pas que la Corse se transforme en base arrière du conflit au Proche-Orient à cause de la diffusion d’idéologies belliqueuses. Si nous voulons rester fidèles au message des justes, celui d’une unité, l’humanité, la Corse ne peut servir de tribune à des agitations guerrières. Nous le demeurerons si nous soutenons le droit des Palestiniens à vivre dans un Etat en toute liberté et le droit des Israéliens à vivre dans leur Etat en toute sécurité."

Le bureau de la LDH section de Corse :
Jean-Claude Acquaviva, Marie-Anne Acquaviva, Marie-Josée Bellagamba, Antonin Bretel, Frédérique Campana, Jean-François Casalta, Jean-Sébastien de Casalta, Hichame Karaa, Christine Mattei-Paccou, Gérard Mortreuil, André Paccou, Patrizia Poli, Elsa Renaut, Sampiero Sanguinetti

Ajaccio, le 28 avril 2026

vendredi 24 avril 2026

La LDH aux côtés du peuple palestinien ce samedi 25 avril à Ajaccio

 La LDH sera présente samedi 25 avril à 10h aux côtés des militantes et militants engagés dans l'organisation du départ d'Ajaccio d'un bateau qui rejoindra la flottille internationale pour Gaza.

Elle y sera en solidarité avec toutes les populations civiles victimes du conflit au Proche-Orient, dont les populations de Gaza et de Cisjordanie, pour le respect du droit international et du droit humanitaire, pour une paix juste et durable au Proche Orient.

Depuis des décennies, le peuple palestinien voit ses territoires occupés et endure un régime de violences et de colonisation contraire au droit international. Désormais, il subit une tentative d’effacement de la part du gouvernement israélien dont le génocide à Gaza est l’épisode le plus insupportable.

Le cessez-le-feu à Gaza instauré le 10 octobre 2025 est régulièrement mis à mal par des attaques israéliennes et l’aide humanitaire toujours empêchée d’accéder à Gaza.

Rappelons que les médias et les ONG de défense des droits humains israéliennes, palestiniennes et internationales ne peuvent accéder librement aux territoires palestiniens, en particulier à Gaza. Les ONG Al-Haq, Le Centre palestinien pour les droits de l’homme et Al-Mezan, membres de la Fédération internationale des droits humains au côté de la ligue des droits de l’homme ont notamment été sanctionnés par les Etats-Unis en novembre 2025 pour leur coopération avec la Cour Pénale Internationale dans ses enquêtes sur les crimes commis par Israël dans les territoires palestiniens. La France a rejeté par deux fois la demande de visa du directeur d’Al-Haq qui était attendu devant le comité des droits de l’homme du Parlement européen.

À l’heure où l’ordre international est bafoué de façon répétée et revendiquée par les dirigeants de plusieurs Etats, plus que jamais le respect du droit international doit être une boussole pour la résolution de tous les conflits.

France 3 Corse Via Stella - Corsica Sera 25/04

samedi 18 avril 2026

Journée internationale des prisonniers politiques - Ajaccio 17 avril

 La section présente à l'invitation de l'Associu Sulidarità

Déclaration de la section de Corse à la journée internationale des prisonniers politiques

Ajaccio, le 17 avril 2026

Cette réunion est importante. Elle informe sur les pratiques de l’anti-terrorisme qui perdurent encore aujourd’hui. Certes, les interventions de la justice antiterroriste, les interpellations les perquisitions, les gardes à vue sont nettement moins nombreuses que par le passé. A des périodes récentes, ces opérations étaient systématiquement organisées les mardis à 6 heures du matin.  Ces dernières années, elles se font également à bas bruit.

Mais il serait irresponsable de considérer qu’elles se situent à la marge de notre société, à la hauteur de faits divers. L’important n’est pas le nombre d’interpellations, toutefois une quarantaine entre 2022 et 2025 selon les informations que nous a transmises l'Associu Sulidarità.

Leur moindre visibilité dans le débat public ne doit pas nous leurrer. Elles continuent à entretenir des tensions dans la société qui en cas de « bavure », susciteraient à n’en pas douter, des mouvements de colère. Qui donc aurait pu prévoir la révolte notamment de la jeunesse qui a ébranlé la Corse au printemps 2022 à l’annonce de l’assassinat d’Yvan Colonna. L’Etat ne peut ignorer que ses répressions hors norme et ses dénis de justice inspirent encore aujourd’hui et légitimement une méfiance profonde dans la société corse.

La ligue des droits de l’homme comme certainement la très grande majorité d’entre nous, voulons clore cette histoire faite d’affrontements et de cycles de violence et de répression. Nous avons besoin de développement démocratique pour construire un autre avenir pour la Corse. Force est de constater que la justice anti-terroriste, pièce maîtresse de la répression de l’Etat est encore notre présent. La brutalité des interpellations et les maltraitances pendant les gardes à vue qui nous sont rapportées ce soir à travers les témoignages de personnes victimes et les constats d’atteintes aux droits établis par leurs avocats ne sont pas acceptables.

Des portes d’appartement ou de maison brisées à coup de têtes de bélier, des perquisitions impressionnantes avec la destruction de biens personnels, des adultes et des enfants placés sous surveillance d’hommes armés, les personnes interpellées d’abord bloquées dans leur moindre mouvement sous la pression d’hommes armés, puis emmenées en garde à vue pour certaines avec les yeux bandés pendant leur transport, des gardes à vue avec des fouilles avilissantes, des privations de nourriture, de lumière voire de médicaments, des transferts à Paris visant à isoler encore plus certains gardés à vue relâchés en plein Paris sans repères et sans ressources …

Nous nous interrogeons face aux conséquences de ces méthodes policières et donc sur les objectifs de ces opérations :

    Des enfants et des jeunes voire leurs parents traumatisés avec des suivis médicaux pour plusieurs d’entre eux ;

    Un nombre conséquent de gardés à vue remis en liberté sans poursuite auquel s’ajoutent en cas de poursuite, des relaxes ;

      Une stratégie policière du coup de filet qui consiste autant à faire peur qu’à contribuer à la recherche d’informations utiles à la justice.

Et dans ce contexte, comment ne pas penser à la possibilité de réactions des personnes ainsi maltraitées, celles d’adultes par exemple, pour protéger les enfants. Comment ne pas se dire que ces opérations pourraient dégénérer à tout moment. En réponse à ces réactions, les policiers pourraient utiliser leurs armes au nom de leur légitime défense instituée depuis 2017 par la loi Cazeneuve.

Récemment, dans d’autres circonstances, la Corse a vécu cette situation avec la mort d’un homme après les tirs d’un policier.  Le procureur a considéré la réaction du policier comme étant un geste de légitime défense. C’était le 20 décembre 2025, à Ajaccio, dans le cadre d’une interpellation sur la voie publique. L’action de la justice est toujours en cours.

Outre les atteintes portées aux droits des personnes victimes, les opérations de la police antiterroriste sont des situations de vives tensions. Il nous faut prévenir le risque de drames. Ce n’est pas une vision catastrophiste mais la prise en compte d’une réalité où le droit à la force de l’Etat se substitue à la force du droit de l’Etat de droit. 

La méfiance qu’entretient l’Etat avec la société corse selon lui culturellement violente et sa volonté de tutelle sur la Corse sont toujours au cœur de notre présent. Elles nécessitent de ne surtout pas cesser les mobilisations et les protestations contre les traitements d’exception de l’Etat. Ce refus d’une soumission à un droit de l’Etat fondé sur ces traitements est aux fondements de notre émancipation. Il est une condition nécessaire pour que vive et se développe notre communauté de destin. 

Tel est le sens de la présence de la ligue des droits de l’homme auprès des personnes maltraitées par l’antiterrorisme, auprès de leurs avocats et aux côtés de l’Associu Sulidarità.

Ensemble, il nous faut alerter sur les dangers de l’antiterrorisme et cela passe prioritairement par la fin des opérations de la police anti-terroriste et de la mise en œuvre de procédures anti-terroristes ainsi que par le respect des droits de l’homme et de la dignité de chacune et de chacun notamment en étudiant les recours de justice possibles contre les maltraitances subies dans le cadre des opérations de ces dernières années.

Pour conclure, permettez moi, au nom de la LDH, de nous associer à l’hommage que vous rendez ce soir à Jean-Marie Poli qui fut de par son engagement pour les droits des prisonniers politiques un militant des droits de l’homme.

André Paccou, délégué de Corse et membre du comité national de la ligue des droits de l’homme

France 3 Corse Via Stella Reportage 5'22

Corsenetinfos

mercredi 15 avril 2026

Plaidoiries pour les droits de l'Homme des étudiantes et étudiants de la Faculté de droit de l'Université - Remise des prix

 Remise des prix de la 3ème édition dédiée à Francine DEMICHEL








Journée internationale des prisonniers politiques - Ajaccio 17 avril

Invitée par l’Associu Sulidarità, la ligue des droits de l’homme Corsica participera à la réunion de Sulidarità organisée vendredi 17 avril à partir de 17h au Palais des Congrès dans le cadre de la journée internationale des prisonniers politiques. Elle interviendra aux côtés de personnes maltraitées lors d’opérations récentes de la police antiterroriste, accompagnées de leurs avocats. Ces actions à bas bruit de l’antiterrorisme nécessitent une information des Corses et notre vigilance collective.

Alta Frequenza

Corsenetinfos

dimanche 12 avril 2026

Tribune "Toujours plus de lois sécuritaires. Toujours moins de droits."

 Plus de 40 lois sécuritaires ont été votées depuis 20 ans. Tous les gouvernements sans exception portent la responsabilité de cette inflation pénale et aucun d’entre eux n’a eu le souci de dresser un bilan des lois existantes. Le gouvernement actuel est atteint des mêmes excès. Sa dernière loi sécuritaire, la loi « narcotrafic », a été promulguée le 13 juin 2025. Moins d’un an après, il soumet aux parlementaires un « projet de loi sur la justice criminelle et sur le respect des victimes » dite loi SURE*. Ce texte mis en débat dans le cadre d’une procédure parlementaire accélérée marque un nouveau recul des droits des victimes et des mis en cause.

Il étend la procédure du plaider-coupable, qui existe déjà pour les délits, les délits routiers, les délits simples comme les petits vols… aux infractions les plus graves, les crimes comme les assassinats et les viols. Désormais, si la loi SURE est adoptée, les crimes pourraient aussi faire l’objet d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité dite procédure du plaider-coupable. Celle-ci permettrait au procureur de conclure avec l’accusé un « deal judiciaire » afin que celui-ci, en échange d’une réduction de peine, accepte de reconnaître sa culpabilité. La procédure judiciaire s’arrêterait là.

Ce texte est présenté comme « respectant » les victimes. C’est faux. En l’absence de procès, la victime perdrait le droit de prendre la parole en audience, de livrer les faits, sa souffrance, ses conséquences. Elle ne pourrait ni faire entendre ses témoins ni faire auditionner des experts. Elle ne verrait pas les circonstances de son affaire débattues. Elle ne serait pas partie prenante de la qualification du crime et n’aurait aucun pouvoir sur la peine proposée par le procureur. Elle n’aurait pas le droit à une justice rendue publiquement. Avec un plaider-coupable criminel, nous n’aurions jamais entendu la parole de Gisèle Pelicot. La victime disposerait de dix jours pour accepter ou refuser le plaider-coupable sans visibilité sur le fond du dossier et sur la peine proposée. Le plaider-coupable placerait la victime face à un dilemme. Soit accepter et perdre ses droits. Soit refuser et être responsable d’un retard de plusieurs années dans le traitement de son affaire alors que ce sont les moyens donnés à la justice et aux magistrats qui en sont la cause.

De son côté, en s’accusant, le mis en cause renoncerait à son droit à la présomption d’innocence. Faute de procès, il ne pourrait interroger ou faire interroger les témoins à charge et les témoins à décharge comme le prévoit la Convention européenne des droits de l’homme. Ce seraient là des atteintes graves aux droits de la défense.

Le projet de loi SURE voudrait aussi réduire de six à trois mois le délai permettant à l’accusé de soulever des nullités de procédure pour contester les conditions de recueil des éléments de preuve au fondement de sa mise en cause. En matière criminelle dont on connaît la complexité, il sera particulièrement difficile pour l’avocat de contrôler la légalité de la procédure engagée contre son client en aussi peu de temps. Autre mesure projetée pour les mis en cause, l’empêchement des remises en liberté des personnes en détention provisoire, alors même que cette détention est devenue irrégulière en raison du dépassement des délais légaux. Une privation de liberté ne peut exister que dans le strict respect de la loi, sinon à vouloir sortir de l’Etat de droit. Quand les délais légaux de détention provisoire sont atteints, la personne doit être libérée immédiatement. Pour les mis en cause détenus provisoirement aussi, les retards de traitement des affaires ne relèvent pas de leur responsabilité mais du manque de moyens, de greffiers et de magistrats.

La France bat un record en matière de détention provisoire. 1/3 des 85 000 détenus sont en attente de jugement, ce qui lui a valu à plusieurs reprises d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour des délais de détention provisoire dépassant cinq ans. Cette situation est attentatoire aux droits des victimes qui attendent une réponse de la justice et aux droits des mis en cause présumés innocents qui subissent un emprisonnement équivalent à une peine sans avoir été jugés.

Selon le garde des sceaux, son projet de loi SURE vise à « diviser par deux le temps d’attente pour les audiences criminelles » ** Le plaider coupable criminel constitue une pièce maîtresse de ce projet. La LDH appelle à refuser la transformation de notre justice pénale en une justice de flux, conduite à traiter toujours plus vite et dans des conditions toujours plus mauvaises les affaires portées devant elle, au mépris des droits des accusés autant que des victimes.

Une autre voie est possible, juste, humaine, et efficace. Elle nécessite cependant des moyens et une concertation effective avec les parties prenantes. Tel n’a pas été le choix du gouvernement.

Au lieu d’augmenter les effectifs de magistrats et de greffiers pour accroître le nombre d’audiences et réduire ainsi les délais d’audiencement, au lieu de repenser la poursuite de certaines infractions qui surchargent les juridictions, le garde des Sceaux s’en prend aux garanties fondamentales du procès équitable, au principe du contradictoire, et au respect des justiciables.

Pour ces différentes raisons, la LDH en appelle à la vigilance de toutes et de tous. Elle apporte son soutien aux avocats mobilisés contre le projet de loi SURE. Elle s’adresse aux parlementaires leur demandant de voter contre ce projet.

*Sanction utile, rapide et efficace
**Le Figaro du 17 janvier 2026

Corsenetinfos

dimanche 5 avril 2026

Violences faites aux femmes et présomption d'innocence

La ligue des droits de l’homme Corsica rappelle qu’en toute circonstance la parole des femmes contre les violences qu’elles auraient subies doit être entendue et respectée. Publiquement, lors d’une émission une femme a porté cette parole en témoignant avoir été victime d'un chantage sexuel contre un emploi de la part d’un ancien député candidat à la présidence de l'Exécutif de Corse. Le procureur s’est saisi de ce témoignage. Il a ouvert une enquête. Nous devons maintenant attendre le résultat de cette procédure qui permettra aux deux parties de s’exprimer. Toutefois, l’homme politique mis en cause et parfaitement identifiable dans ce témoignage fait l’objet d’une campagne avilissante sur les réseaux sociaux. Cette mise au ban est une indignité. La LDH Corsica rappelle aussi que la présomption d’innocence doit être respectée pour tous les justiciables. Elle est un socle de l’Etat de droit.

Corsenetinfos

vendredi 20 mars 2026

Plaidoiries pour les droits de l'Homme à l'Université de Corse - 3e édition dédiée à Francine DEMICHEL

Les vingt candidates et candidats félicités à l'issue de leur plaidoirie

Ouverture par le président de l'Université, Dominique FEDERICI

Les membres du jury

Les titres des vingt plaidoiries présentées :

« La réinsertion sans double peine »

« La cohérence comme filtre : quand le droit d'asile devient un examen de mémoire »

« L'excision : une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes »

« La crise anglophone au Cameroun : une violation grave et persistante des droits fondamentaux »

« Fusillé pour l'exemple »

« Condamnés sans procès »

« Les conditions de vie et de détention des prisonniers en République du Bénin et en France »

 « Les mineurs derrière leurs écrans, les prédateurs sourient et le cyberharcèlement s'amplifie »

« Lynchés avant d'être jugés »

« Quand la force dépasse le droit »

« La loi du silence »

« En Corse, le ciel pour seul remède »

« Suis-je réellement libre d'avorter ? »

« Le viol : quand le silence tue »

 « Quand la pauvreté facilite les essais cliniques, la dignité humaine est-elle encore à l'abri ? »

« le stéréotype : une discrimination sans aveu »

« L'IVG : une liberté fondamentale toujours trop controversée »

« Quand la parole devient un risque »

« L'entre soi »

« La prison : sanction ou réinsertion ? »

REPORTAGE - France 3 Corse Via Stella