Invitée par l’Associu Sulidarità, la ligue des droits de l’homme Corsica participera à la réunion de Sulidarità organisée vendredi 17 avril à partir de 17h au Palais des Congrès dans le cadre de la journée internationale des prisonniers politiques. Elle interviendra aux côtés de personnes maltraitées lors d’opérations récentes de la police antiterroriste, accompagnées de leurs avocats. Ces actions à bas bruit de l’antiterrorisme nécessitent une information des Corses et notre vigilance collective.
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- La rubrique de Francine DEMICHEL, professeur de droit à la retraite, membre du bureau, présidente d'honneur de la section corse de la LDH
- RETOURS SUR L'HISTOIRE DE LA LDH suite aux accusations du gouvernement
"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut
mercredi 15 avril 2026
dimanche 12 avril 2026
Tribune "Toujours plus de lois sécuritaires. Toujours moins de droits."
Plus de 40 lois sécuritaires ont été votées depuis 20 ans. Tous les gouvernements sans exception portent la responsabilité de cette inflation pénale et aucun d’entre eux n’a eu le souci de dresser un bilan des lois existantes. Le gouvernement actuel est atteint des mêmes excès. Sa dernière loi sécuritaire, la loi « narcotrafic », a été promulguée le 13 juin 2025. Moins d’un an après, il soumet aux parlementaires un « projet de loi sur la justice criminelle et sur le respect des victimes » dite loi SURE*. Ce texte mis en débat dans le cadre d’une procédure parlementaire accélérée marque un nouveau recul des droits des victimes et des mis en cause.
Il étend la procédure du plaider-coupable, qui existe déjà pour les délits, les délits routiers, les délits simples comme les petits vols… aux infractions les plus graves, les crimes comme les assassinats et les viols. Désormais, si la loi SURE est adoptée, les crimes pourraient aussi faire l’objet d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité dite procédure du plaider-coupable. Celle-ci permettrait au procureur de conclure avec l’accusé un « deal judiciaire » afin que celui-ci, en échange d’une réduction de peine, accepte de reconnaître sa culpabilité. La procédure judiciaire s’arrêterait là.
Ce texte est présenté comme « respectant » les victimes. C’est faux. En l’absence de procès, la victime perdrait le droit de prendre la parole en audience, de livrer les faits, sa souffrance, ses conséquences. Elle ne pourrait ni faire entendre ses témoins ni faire auditionner des experts. Elle ne verrait pas les circonstances de son affaire débattues. Elle ne serait pas partie prenante de la qualification du crime et n’aurait aucun pouvoir sur la peine proposée par le procureur. Elle n’aurait pas le droit à une justice rendue publiquement. Avec un plaider-coupable criminel, nous n’aurions jamais entendu la parole de Gisèle Pelicot. La victime disposerait de dix jours pour accepter ou refuser le plaider-coupable sans visibilité sur le fond du dossier et sur la peine proposée. Le plaider-coupable placerait la victime face à un dilemme. Soit accepter et perdre ses droits. Soit refuser et être responsable d’un retard de plusieurs années dans le traitement de son affaire alors que ce sont les moyens donnés à la justice et aux magistrats qui en sont la cause.
De son côté, en s’accusant, le mis en cause renoncerait à son droit à la présomption d’innocence. Faute de procès, il ne pourrait interroger ou faire interroger les témoins à charge et les témoins à décharge comme le prévoit la Convention européenne des droits de l’homme. Ce seraient là des atteintes graves aux droits de la défense.
Le projet de loi SURE voudrait aussi réduire de six à trois mois le délai permettant à l’accusé de soulever des nullités de procédure pour contester les conditions de recueil des éléments de preuve au fondement de sa mise en cause. En matière criminelle dont on connaît la complexité, il sera particulièrement difficile pour l’avocat de contrôler la légalité de la procédure engagée contre son client en aussi peu de temps. Autre mesure projetée pour les mis en cause, l’empêchement des remises en liberté des personnes en détention provisoire, alors même que cette détention est devenue irrégulière en raison du dépassement des délais légaux. Une privation de liberté ne peut exister que dans le strict respect de la loi, sinon à vouloir sortir de l’Etat de droit. Quand les délais légaux de détention provisoire sont atteints, la personne doit être libérée immédiatement. Pour les mis en cause détenus provisoirement aussi, les retards de traitement des affaires ne relèvent pas de leur responsabilité mais du manque de moyens, de greffiers et de magistrats.
La France bat un record en matière de détention provisoire. 1/3 des 85 000 détenus sont en attente de jugement, ce qui lui a valu à plusieurs reprises d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour des délais de détention provisoire dépassant cinq ans. Cette situation est attentatoire aux droits des victimes qui attendent une réponse de la justice et aux droits des mis en cause présumés innocents qui subissent un emprisonnement équivalent à une peine sans avoir été jugés.
Selon le garde des sceaux, son projet de loi SURE vise à « diviser par deux le temps d’attente pour les audiences criminelles » ** Le plaider coupable criminel constitue une pièce maîtresse de ce projet. La LDH appelle à refuser la transformation de notre justice pénale en une justice de flux, conduite à traiter toujours plus vite et dans des conditions toujours plus mauvaises les affaires portées devant elle, au mépris des droits des accusés autant que des victimes.
Une autre voie est possible, juste, humaine, et efficace. Elle nécessite cependant des moyens et une concertation effective avec les parties prenantes. Tel n’a pas été le choix du gouvernement.
Au lieu d’augmenter les effectifs de magistrats et de greffiers pour accroître le nombre d’audiences et réduire ainsi les délais d’audiencement, au lieu de repenser la poursuite de certaines infractions qui surchargent les juridictions, le garde des Sceaux s’en prend aux garanties fondamentales du procès équitable, au principe du contradictoire, et au respect des justiciables.
Pour ces différentes raisons, la LDH en appelle à la vigilance de toutes et de tous. Elle apporte son soutien aux avocats mobilisés contre le projet de loi SURE. Elle s’adresse aux parlementaires leur demandant de voter contre ce projet.
*Sanction utile, rapide et efficace
**Le Figaro du 17 janvier 2026
dimanche 5 avril 2026
Violences faites aux femmes et présomption d'innocence
La ligue des droits de l’homme Corsica rappelle qu’en toute circonstance la parole des femmes contre les violences qu’elles auraient subies doit être entendue et respectée. Publiquement, lors d’une émission une femme a porté cette parole en témoignant avoir été victime d'un chantage sexuel contre un emploi de la part d’un ancien député candidat à la présidence de l'Exécutif de Corse. Le procureur s’est saisi de ce témoignage. Il a ouvert une enquête. Nous devons maintenant attendre le résultat de cette procédure qui permettra aux deux parties de s’exprimer. Toutefois, l’homme politique mis en cause et parfaitement identifiable dans ce témoignage fait l’objet d’une campagne avilissante sur les réseaux sociaux. Cette mise au ban est une indignité. La LDH Corsica rappelle aussi que la présomption d’innocence doit être respectée pour tous les justiciables. Elle est un socle de l’Etat de droit.
vendredi 20 mars 2026
Plaidoiries pour les droits de l'Homme à l'Université de Corse - 3e édition dédiée à Francine DEMICHEL

« La réinsertion sans double peine »
« La cohérence comme filtre : quand le droit d'asile devient
un examen de mémoire »
« L'excision : une violation des droits fondamentaux des
filles et des femmes »
« La crise anglophone au Cameroun : une violation grave et
persistante des droits fondamentaux »
« Fusillé pour l'exemple »
« Condamnés sans procès »
« Les conditions de vie et de détention des prisonniers en
République du Bénin et en France »
« Les mineurs
derrière leurs écrans, les prédateurs sourient et le cyberharcèlement
s'amplifie »
« Lynchés avant d'être jugés »
« Quand la force dépasse le droit »
« La loi du silence »
« En Corse, le ciel pour seul remède »
« Suis-je réellement libre d'avorter ? »
« Le viol : quand le silence tue »
« Quand la pauvreté
facilite les essais cliniques, la dignité humaine est-elle encore à l'abri ? »
« le stéréotype : une discrimination sans aveu »
« L'IVG : une liberté fondamentale toujours trop
controversée »
« Quand la parole devient un risque »
« L'entre soi »
« La prison : sanction ou réinsertion ? »
REPORTAGE - France 3 Corse Via Stella
jeudi 19 mars 2026
Pour la défense de l’hôpital public et notre droit à la santé
Depuis plusieurs semaines, les personnels des urgences avec leurs syndicats sont engagés dans un mouvement social pour exiger des conditions de travail qui permettent un accueil et une prise en charge digne des personnes en attente de soins. Dans un communiqué du 14 février dernier, la LDH Corsica leur apportait son soutien précisant « il est temps de redonner droit de cité au dialogue social et au respect des personnels et des publics concernés ». Rien n’a bougé du côté de l’ARS. Aujourd’hui, les personnels des urgences appellent à un rassemblement devant la préfecture d’Ajaccio à 17h. La LDH Corsica sera à leurs côtés.
France 3 Corse Via Stella
Aléria, la démocratie fragilisée
La ligue des droits de l'Homme apporte son soutien à Martin Giuly, élu d’Aléria, dont le véhicule a été visé par des tirs d’arme à feu le soir des résultats du premier tour des élections municipales. Elle apporte également son soutien au journaliste de Corse-matin Paul-Mathieu Santucci menacé alors qu’il suit l'enquête sur ces tirs afin d’informer la population. La ligue des droits de l'Homme rappelle que la liberté de la presse est considérée par la Cour européenne des droits de l’Homme comme une composante de la liberté d’expression conformément à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Il suffit de regarder les régimes qui dans le monde s’en prennent aux journalistes pour comprendre la nécessité de protéger cette liberté fondamentale. Evidemment, nous ne sommes pas dans une dictature. Les agressions de journalistes sont ici des actes isolés. Mais nous devons refuser partout en Corse la banalisation des intimidations quelle que soit la personne visée. Il est inacceptable qu’un élu, qu’un journaliste soient menacés et la démocratie ainsi fragilisée.
lundi 16 mars 2026
Pour Francine DEMICHEL
Francine DEMICHEL nous a quittés. Francine fut professeure de droit public, présidente de l'Université Paris VIII, directrice de l'enseignement supérieur au Ministère de l'Education Nationale, présidente de la fondation de l'Université de Corse.
Elle était notre amie, notre amie militante, membre du bureau de la section de Corse de la ligue des droits de l'Homme depuis de nombreuses années et notre présidente d'honneur.
Elle va nous manquer. Sa passion pour le politique, pour la chose publique, sa pensée toujours neuve, son enthousiasme à comprendre les autres, sa jeunesse et sa parole parfois vive parce que toujours réactive à l'expression des mépris, toujours révoltée par les injustices; celles des inégalités sociales, celles de tous les abus de pouvoir.
A Paris comme en Corse, ses engagements ont été nombreux en tant qu'universitaire, en tant que citoyenne, en tant que femme et celui de longue date au parti communiste. Apportant sa réflexion à la reconnaissance du peuple corse, elle suivait avec inquiétude et clairvoyance les perspectives d'évolution institutionnelle pour notre île.
Francine fut toute sa vie dans les combats pour les droits des femmes. C'est L'hymne des femmes qu'elle veut entendre et nous faire entendre au moment de son départ.
Relisons ses textes, à la fois poétiques et politiques, et parmi eux les derniers qu'elle a écrit pour la LDH - section de Corse : "Pour une philosophie politique de la fraternité" où elle dit son attachement à la fraternité en projetant l'adelphité, puis ses Pensées du Jour de l’An, en janvier dernier, intitulées « ramasser les bonheurs qui traînent »
A sa fille Sophie, à toutes ses amies et amis, la ligue des droits de l'Homme adresse ses condoléances.
Corse-Matin 18 mars
Soyons nombreux pour Pierre Alessandri
La ligue des droits de l’Homme participera au rassemblement organisé mardi 17 mars devant la préfecture d’Ajaccio par le syndicat Via Campagnola pour rappeler l’exigence de vérité sur l’assassinat de Pierre Alessandri, il y aura un an jour pour jour. Il est essentiel que nous soyons nombreux pour redire notre refus de l’impunité. Pour la LDH, ce rassemblement sera un soutien à la famille de Pierre Alessandri et à toutes les familles victimes d’assassinats qui attendent toujours des réponses de la justice. Depuis trop longtemps, la société corse subit la loi du plus fort et l’insupportable banalisation des exécutions sommaires.
Corse-Matin 18/03
jeudi 12 mars 2026
Bon anniversaire Corse Net Infos
En ce jour anniversaire de Corse Net Infos, la ligue des droits de l’Homme Corsica salue le rédacteur et l’ensemble des personnes qui ont contribué à la naissance et au développement de ce média d’information. En 15 années, CNI a su s’imposer par la force de votre engagement comme un média de référence sur la scène journalistique insulaire. Sa présence contribue au pluralisme de la presse et donc au développement démocratique de notre espace public. Pour notre part, nous pouvons témoigner de l’accueil et de l’intérêt que vous avez toujours porté à notre parole, ni plus ni moins que d’autres paroles. Merci d’avoir tenté cette expérience, merci d’exister. Longue vie à Corse Net Infos.






