Partie prenante de la délégation de Scola Corsa reçue par les préfets de Corse et de Haute-Corse le 28 avril dernier, la LDH Corsica est notamment intervenue sur le recours administratif du préfet de Corse concernant le financement de ces écoles. Elle considère encore aujourd’hui que les parties mises en cause par ce recours n’ont pas fauté, et par conséquent ne sont pas punissables.
La réponse à la question du
plurilinguisme en France n’est pas un enfermement dans des procédures
judiciaires, qui visent aussi d’autres langues régionales. Elle se trouve dans la définition d’un nouveau
droit qui protège ces langues dont le corse et qui garantisse leur usage par la
mise en œuvre de nouvelles politiques publiques dans l’esprit de la charte
européenne des langues régionales ou minoritaires que la France n’a toujours
pas ratifiée.
C’est cette nécessité d’une
protection par le droit que la LDH a de nouveau rappelée lors de sa prise de
parole le 28 avril devant la préfecture d’Ajaccio ainsi que sa vision pour la
Corse : la construction d’une société bilingue sans discrimination, pour
toutes les personnes qui résident ici durablement quels que soient leur lieu de
naissance ou leurs origines. La langue corse est en effet un bien commun et un
socle de notre communauté de destin.
Aussi, la LDH appelle à la
vigilance quant à la présence de l’extrême-droite dans cette mobilisation. Le
corse ne peut être instrumentalisé à des fins de discrimination et de
xénophobie.
Par ailleurs, la LDH observe
que l’Education nationale poursuit, notamment dans le primaire, la
généralisation de l’enseignement bilingue français-corse suivant une méthode dite classique avec « parité
horaire en langue corse et en langue française » ou suivant une méthode
dite immersive proposant « un cursus spécifique intensif ».
Dans le même temps, le
service public de l’Education nationale subit des maltraitances avec des
suppressions de poste. On ne peut ignorer que cet état de fait pourrait induire
une mise en concurrence entre Scola Corsa, école privée, avec l’école publique
et donc le risque d’une division entre Corses, ce qui affaiblirait le combat à
partager, celui de sauver la langue corse considérée comme en danger par
l’UNESCO.
Défendre cette langue nous
impose de défendre le service public et de promouvoir au sein de la société corse
les initiatives associatives : Scola Corsa, Parlemu Corsu, l’Adecec,
l’associu Scopre… qui permettent de démultiplier les espaces de partage et
d’immersion linguistiques contemporains. Tel est le sens de la participation de
la LDH Corsica à la manifestation à l’appel de Scola Corsa ce samedi 30 mai à
Bastia.















