samedi 24 octobre 2026

Face à l’horreur raciste, un tournant politique s’impose !

Communiqué LDH 
La LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) est profondément bouleversée par l’attentat raciste, islamophobe de ce 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière. La haine raciste a tué un jeune homme, Pengo Bossio Wangi de 26 ans, parce que noir, et blessé gravement, cinq personnes au total dont une enfant de douze ans. La LDH présente ses plus sincères condoléances, s’associant à la douleur des familles et des victimes de cette fusillade qui révulse notre humanité partagée.

Ce tragique événement ne peut être interprété comme un simple fait divers, œuvre d’un déséquilibre personnel de l’auteur. Selon les premiers éléments rapportés, l’homme interpellé aurait voulu « venger les commerçants » après les évènements du 17 octobre 2026 en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Ces propos mettent en cause la responsabilité politique et morale des médias et des responsables politiques qui ont alimenté une lecture raciste de ces évènements en désignant des populations entières à la vindicte.

Depuis des années, la LDH, avec de nombreuses autres voix de la société civile, alerte sur le racisme actuel dans lequel cet attentat vient d’être perpétré. Les propos racistes, xénophobes, islamophobes, toujours plus haineux et stigmatisants, se diffusent dans notre société, portés par une part croissante des acteurs politiques et relayés par de puissants médias. Ils instillent la violence des exclusions identitaires et nourrissent des passages à l’acte meurtriers.

Cette haine raciste est le cœur du projet de l’extrême droite, celui d’une société fondée sur de pseudo-identités qui légitimeraient de rejeter comme fondamentalement différents et dangereux celles et ceux qui sont réduits à leur religion, leur couleur de peau, leur origine « étrangère ». En désignant en particulier les personnes musulmanes comme des ennemis, les mots de l’extrême droite sont directement liés aux actes meurtriers.

Il appartient encore une fois, toujours et toujours, à toutes les forces républicaines, celles qui entendent respecter les principes fondamentaux de l’égalité, de la fraternité, structurants de notre Etat de droit, de prendre la mesure du risque qu’elles font peser sur notre société et notre démocratie lorsqu’elles jouent, parfois par stratégie électorale, avec ces idées dangereuses. Toute indulgence, toute ambiguïté, toute alliance, toute complaisance avec les forces, les partis et les idées d’extrême droite est une compromission inacceptable.

Face à une haine qui cherche à diviser la communauté nationale, notre force sera l’unité de toutes et tous, quelles que soient nos convictions et croyances, autour de la défense des valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité. La LDH appelle à une lutte ferme et résolue contre le racisme et les préjugés qui le nourrissent. Cette exigence engage tout particulièrement les pouvoirs publics, les responsables politiques et les médias.

Donnons de la voix ensemble, dans les médias comme dans toutes les circonstances de nos vies quotidiennes, sur nos lieux de travail, d’études, de vie, contre les paroles racistes qui conduisent au meurtre.

Paris, le 24 octobre 2026

lundi 5 octobre 2026

L'école n'est pas un champ de bataille

La ligue des droits de l’Homme salue la mobilisation des jeunes, lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, sur le continent comme en Corse. Elle comprend les inquiétudes des jeunes qui manifestent et revendiquent des conditions de scolarisation garantissant leur droit à l’éducation. Ils dénoncent notamment le manque de personnels éducatifs, enseignants et non enseignants, mais aussi l’état du bâti non entretenu et inadapté aux conséquences du dérèglement climatique. Ils alertent les adultes sur les inégalités sociales que génère l’Ecole ainsi que sur le manque de prise en considération de leur parole.

Sur le continent, le gouvernement leur répond en usant de moyens de police totalement disproportionnés et dangereux et par des interpellations massives, plus de 5000 jeunes la semaine dernière ! Pourtant ces jeunes personnes usent de leur liberté d’expression et de leur liberté de manifestation garanties par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant de 1989 (CIDE) ou la Convention européenne des droits de l’homme. Dans ce contexte, la LDH déplore l’incident survenu devant le lycée Giocante de Bastia jeudi dernier. Elle apporte son soutien à la proviseure de l'établissement. Sur le fond, il revient au gouvernement de créer de manière urgente les conditions de sortie de ce conflit en apportant des réponses aux revendications portées par les jeunes lycéenn·es, étudiant·es et par les syndicats de l’éducation nationale.
 
Ajaccio, le 5 octobre 2026

dimanche 4 octobre 2026

Hommage à Antoine Ciosi

 “Antoine Ciosi nous a quittés. Il fut un acteur contemporain essentiel dans la transmission entre générations de la chanson traditionnelle corse et de la langue corse. Il fut aussi un artiste ambassadeur de la culture corse. Il nous revient aujourd’hui de transmettre sa mémoire afin qu’il demeure un repère pour les générations à venir. À ses proches, la ligue des droits de l’Homme présente ses plus sincères condoléances.”

Corse Matin

France 3 Corse

mercredi 30 septembre 2026

Pour la défense des services publics, pour la démocratie, la section aux côtés des syndicats à Ajaccio

 La section présente au rassemblement organisé à Ajaccio le 29 septembre à l'appel de l'intersyndicale - CFDT, CGT, FO, STC, FSU, UNSA - pour la défense des services publics, l’égal accès de toutes et tous aux droits fondamentaux, aux aides et aux services essentiels.

vendredi 7 août 2026

Conférence de presse du FLNC- UC : Interview d'André Paccou pour la section sur RMC

"Ces déclarations font craindre un retour d'un cycle de violences. André Paccou, délégué en Corse de la Ligue des droits de l'Homme, redoute "une reprise des attentats, notamment sur les résidences secondaires", suivie "de réactions de l'antiterrorisme, de répression". "Ce cycle, on le connaît, c'est un enfermement politique", alerte-t-il auprès de RMC Story. Selon lui, l'État porte également une part de responsabilité en n'ayant pas suffisamment entendu les revendications corses."

RMC Story 34'

jeudi 6 août 2026

Quartiers de lutte contre la criminalité organisée, la LDH aux côtés de l’Observatoire International des Prisons (OIP)

Le 1er anniversaire des QLCO
Le 22 juillet dernier, le ministère de la justice et l’administration pénitentiaire ont communiqué sur les réseaux sociaux à propos du premier anniversaire de la création des quartiers de lutte contre la criminalité organisée - QLCO. Le ministère indique : « Il y a un an jour pour jour le QLCO de Vendin-le-Vieil accueillait ses premières personnes détenues » et précise « un autre QLCO a été mis en service à Alençon-Condé-sur-Sarthe » en octobre. Ces installations venaient à la suite de la promulgation de la Loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic en juin 2025.
Le ministère informe qu’aujourd’hui ce sont « 140 détenus les plus dangereux de France » qui sont incarcérés dans ces deux QLCO. A l’occasion de ce 1er anniversaire, il annonce la création très prochainement d’un 3ème QLCO à Réau, puis d’un 4ème et d’un 5ème en 2027 à Valence et Aix-Luynes. Il se félicite de la « sécurité maximale » au sein de ces QLCO avec des « caillebotis aux fenêtres, des arrêtoirs de porte, des trappes de menottage, des parloirs sans contact avec hygiaphone, des salles de visioconférence pour limiter les extractions » …

Badinter renié en même temps que panthéonisé
C’est devant l’Assemblée de Corse, le 27 février 2025, que le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait annoncé la création de ce régime de détention spécifique précisant que celui-ci était inspiré du modèle italien appelé 41-bis. Un autre ministre de la Justice avait supprimé les quartiers de haute sécurité - QHS en 1982. Il entendait lutter contre « un régime carcéral inhumain » et agir au nom du refus de l’« indignité d'un État de droit qui se nie lui-même ». C’était Robert Badinter, panthéonisé le 9 octobre 2025, jour anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France mais aussi à quelques semaines du rétablissement des QHS sous ce nom de QLCO.

En janvier 2026, pour la 9e fois, la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) en raison des conditions de détention et notamment pour traitements inhumains et dégradants dans ses prisons. De son côté, l’Etat se félicite de cette « avancée » dans la répression à coups de mesures d’exception. En revanche, pour les personnes incarcérées dans les QLCO, pour leurs familles, pour l’OIP et la LDH, l’inquiétude grandit.   

Que se passe-t-il au QLCO du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil ?
Des familles de détenus constituées en collectif et soutenues par l’OIP dénoncent des traitements inhumains et dégradants, une rupture insoutenable des liens familiaux : « Pour plusieurs d'entre nous, cela fait aujourd'hui plus d'un an que nos proches, placés sous le régime QLCO vivent sans le moindre contact physique avec leur famille. Pas une main serrée, pas une étreinte, pas un geste de réconfort simple depuis plus de douze mois. [Cette privation] dégrade fortement les personnes détenues comme leurs proches, sans que cette dégradation ne serve aucun objectif de sécurité ou de réinsertion. » Elles interpellent sur des atteintes graves au secret professionnel et aux droits de la défense : « Plusieurs avocats de nos proches se sont vu demander par l'administration pénitentiaire d'être placés sur écoute, ou à tout le moins d'accepter une forme de surveillance de leurs échanges téléphoniques avec leur client, alors même que ces conversations portent sur la préparation de la défense. »

Que se passe-t-il au QLCO du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe ?
Dans des recommandations en urgence publiées au Journal Officiel le 9 juillet 2026, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté signale : Les constats effectués … révèlent des violences commises sur des détenus par des membres du personnel pénitentiaire [dont] l’usage disproportionné de la force, des brimades, des propos enfreignant la loi et la déontologie... Lors des fouilles à nu, particulièrement nombreuses, un mécanisme récurrent d’escalade s’exerce … Des modalités de réalisation de ces fouilles sont humiliantes ou brutales : maintien en équilibre sur un pied, bras tendus sans possibilité de prendre appui … Lorsqu’il est fait usage de la force et notamment de pratiques de « pliage », les détenus, le cas échéant déjà nus, sont projetés ou immobilisés au sol. Ces techniques d’immobilisation peuvent s’accompagner de doigts dans la bouche et dans les yeux, de pratiques asphyxiantes, de prise des parties génitales. Dans un bureau occupé par des officiers, un tableau blanc porte l’inscription :“ Si tu peux parler, c’est que tu respires
☺ ”. Dans plusieurs situations documentées, ces violences ont entraîné des lésions médicalement constatées… Les agents du QLCO portent en permanence une cagoule. Le sentiment d’impunité se développe d’autant plus que les détenus ne disposent pas de véritables moyens d’identifier les agents fautifs. »
Le 18 juillet, le Tribunal administratif de Caen, notamment saisi par la LDH, a confirmé ces atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes incarcérées en ordonnant au ministre de la Justice « de prendre toutes les mesures utiles afin de mettre un terme, dans les meilleurs délais, aux comportements contraires à la déontologie commis par certains agents lors de leurs interactions avec les personnes détenues au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe ».

Face à toujours plus d’exception, à toujours plus de dénis d’humanités, la LDH en appelle à défendre toujours plus les droits.

Ajaccio, le 6 août 2026

mardi 4 août 2026

Colonisation de la Cisjordanie : après la reconnaissance de l’État de Palestine, la France doit agir

Tribune publiée dans l'Humanité, signée par plusieurs membres de la section et du bureau de la section

https://www.humanite.fr/.../colonisation-de-la...

La reconnaissance officielle de l’État de Palestine a constitué, pour de nombreux militants œuvrant pour une paix juste et durable au Proche-Orient, l’aboutissement de plusieurs années, voire de plusieurs décennies, de mobilisation. Néanmoins, elle ne peut rester seulement symbolique et doit s’accompagner d’actes forts.

Publié le 4 août 2026

Il y a presque un an jour pour jour, le journal L’Humanité publiait une tribune qui avait rassemblé plus de 150 élus, citoyens, artistes, syndicalistes, militants politiques et associatifs afin de défendre la ferme Hakoritna et la famille Odeh, propriétaire des lieux. À l’initiative de Fayez Odeh, le chef de famille, cette ferme est devenue un lieu d’accueil, une école ouverte à quiconque souhaite se former aux questions d’autonomie alimentaire et de permaculture.

La mobilisation locale et internationale autour de la ferme Hakoritna avait permis de stopper les projets de destruction des forces d’occupation israéliennes. Néanmoins, la répression contre la famille Odeh n’a pas cessé pour autant. Mardi 28 juillet à 2 h 00, Adi, l’un des fils de la famille, a été arrêté par les forces d’occupation israéliennes, sans qu’aucun de ses proches ne reçoive la moindre information sur son sort.

Le cas de Fayez et des siens n’est cependant pas isolé. Alors que les médias et de nombreux citoyens avaient les yeux rivés sur Gaza et sur l’épuration ethnique en cours, le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou a renforcé son soutien aux colons en Cisjordanie, accélérant de facto la colonisation des territoires officiellement contrôlés par l’Autorité palestinienne selon les Nations unies. Le 24 juillet dernier, un raid de colons israéliens armés dans un petit village proche de Naplouse a fait quatre morts. Depuis le début de l’année 2026, 87 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie : 66 par l’armée israélienne et 21 par des colons agissant au mépris du droit international.

En septembre 2025, le président de la République, Emmanuel Macron, annonçait à la tribune de l’ONU que la France reconnaissait officiellement l’État de Palestine. Cette annonce a constitué, pour de nombreux militants œuvrant pour une paix juste et durable au Proche-Orient, l’aboutissement de plusieurs années, voire de plusieurs décennies, de mobilisation. Néanmoins, cette reconnaissance ne peut être seulement symbolique : elle doit s’accompagner d’actes forts.

Nous, signataires de cette tribune, exigeons que, dans le prolongement de cette reconnaissance, la France s’engage publiquement :

● à interdire de territoire les colons israéliens, en particulier ceux coupables d’actions violentes ;

● à rompre les accords commerciaux qui la lient à Israël, tant au niveau national qu’européen ;

● à agir au sein des Nations unies afin que des Casques bleus soient déployés dans les territoires occupés illégalement ainsi que dans les zones de tension, notamment à Jénine ou à Naplouse, afin d’éviter que les drames humains ne se multiplient.

Nous, citoyens, militants associatifs, politiques et syndicaux, artistes, élus, issus d’horizons et de familles politiques différents, souhaitons que la France se souvienne que le droit international n’est pas à géométrie variable et qu’accepter cet état de fait mène rarement à la paix.

Or, pour qu’un État palestinien puisse vivre en paix aux côtés de l’État d’Israël, il faut que les frontières de celui-ci soient respectées et que, le cas échéant, la communauté internationale agisse pour les faire respecter.

Si vous souhaitez vous associer à cette tribune, merci d’envoyer votre NOM + PRÉNOM + Qualité à l’adresse suivante : TribuneCisjordanie@outlook.com

Signataires :