samedi 6 juillet 2024

"INNO" : Texte d'appel contre le RN à l'initiative di U Cullittivu di a Ghjuventù Unita

Nous sommes des jeunes qui, au soir du premier tour des élections législatives avons décidé de nous réunir en collectif afin d’élaborer un texte que nous voudrions être une plateforme pour tous ceux qui s’y retrouvent face au danger que représente pour l’avenir de la corse et pour le peuple corse le rassemblement national

Semu ghjovani chì a sera di l’alizzioni lighjislativi, emu dicisu di scriva un testu chì poschi essa firmatu da quiddi chì si ritrovani in ‘ssu fundu contru à u prughjettu di suciità purtatu da u RN è fà ch’iddu ci sichi un’unità pà l’avvena’lla Corsica è di u so populu

Innò ! 

Dimanche dernier à 20 heures, une vague d’indignation et d’incompréhension

nous submergeait. Le rassemblement national dans sa démagogie fonctionnelle

est parvenu à convaincre des Corses de la possible coexistence de la culture

corse et de la politique identitaire nationale franco-française. L’extrême droite

est en tout point incompatible avec cette tradition politique d’émancipation et de

tolérance léguée par Pasquale Paoli et celle de la Résistance portée par des

femmes et des hommes qui ont combattu fascistes et nazis lors de la seconde

guerre mondiale, une tradition politique dans laquelle nous souhaitons

totalement nous inscrire face à un Rassemblement National qui arbore fièrement

son logo, la flamme tricolore inspirée du fascisme mussolinien.

Nous n’oublions pas qu’en 2015 Marine le Pen se positionnait contre la

décentralisation, la reconnaissance des langues régionales.

En 2017 la présidente du RN entendait supprimer les régions et les

intercommunalités.

En 2021, Eric Zemmour avait affirmé qu’il refuserait les prénoms

corses comme premiers prénoms s’il était élu.

En 2022, Marine le Pen s’opposait à la loi Molac sur la protection patrimoniale

des langues régionales, à l’enseignement des langues régionales à l’école.

En 2023, Sébastien Chenu, député du Rassemblement National indiquait que le

RN s’opposait aux statuts particuliers « que ce soit pour la langue ou la

résidence ».

Le RN dit agir pour les classes populaires et les plus précaires  et pour une

augmentation du pouvoir d’achat. Pourtant les faits sont têtus, les positions et les

votes du RN sont en contradiction avec les intérêts de ceux qu’il dit défendre. A

l’Assemblée nationale,  dès le début de leur mandat, ses députés ont par

exemple, voté contre l’augmentation du Smic (20 juillet 2023), contre

l’indexation des salaires sur l’inflation (20 juillet 2023), contre le gel des loyers

(21 juillet 2023), contre le rétablissement de l’Impôt de solidarité sur la fortune

(ISF) (23 juillet 2023). À la même période, ils se sont abstenus sur la création

d’une garantie d’autonomie pour les étudiants (25 juillet 2023) ou sur la

revalorisation des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté (25 juillet

2023), ainsi que sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires de 10% (26

juillet 2023), etc.

Le RN dénigre en tout point la question sociale. Du soutien des propriétaires

fonciers, source principale d’inégalité, à la réduction des cotisations sociales, en

passant par la suppression de l’impôt sur la fortune immobilière, ou encore de la

question jeune où le RN prévoit de soutenir les plus aisés aux dépens

des plus vulnérables. Opposé à l’augmentation du smic, à la

hausse des salaires et au blocage des prix le RN est en somme plus anti-social

qu’antisystème.

D’un point de vue économique le programme du RN est irréalisable, les pertes

seraient trop importantes pour l’État français dont la dette publique dépasse déjà

l’entendement. Le projet de baisse de la TVA pour les produits de première

nécessité a déjà été abandonné à l’approche des législatives, et celui se référant

aux énergies est conservé mais demeure inenvisageable tant les dépenses de

l’État s’en retrouveraient accrues tandis que le niveau de vie s’effondrerait.

A l’heure ou la création d’un CHU en Corse est discutée, le RN a pour objectif

de supprimer les ARS et de ne limiter les AME qu’à des situations d’urgence.

Surprenant pour un parti qui prétend vouloir lutter contre les déserts médicaux !

En outre, une proposition de loi incitant les jeunes médecins à s’installer dans les

déserts médicaux a été refusée par les députés RN.

Le RN souhaite supprimer l’aide médicale d’État afin de créer un dispositif

réservé aux urgences vitales. Selon lui, cela entraînerait une économie de 1,6

milliard €. C’est un autre mensonge: l’AME a un coût de 1,1 milliard et

représente moins de 0,5 % des dépenses de santé liées à l’assurance maladie.

En ce qui concerne les femmes, le RN s’est constamment positionné à l’encontre

de leur émancipation. Opposés à l’inscription de l’IVG dans la Constitution, les

députés RN ont voté contre la proposition de loi visant à renforcer l’accès des

femmes aux responsabilités dans la fonction publique, et n’ont pas pris part  au

vote de la loi Rixain visant l’égalité femmes-hommes dans les entreprises.

Également opposé au congé menstruel et au plan de lutte contre les violences faites

aux femmes ainsi que les violences sexistes et sexuelles, le RN ne considère les femmes que par le prisme du natalisme comptant sur ces dernières pour dresser une digue

démographique contre la submersion migratoire et le déclin civilisationnel. Un

projet qui combine étroitement sexisme et xénophobie

Opposés aux quatre coins de l’occident au mariage de personnes de même sexe

ainsi qu’à la suppression des zones anti-lgbt en Pologne l’extrême droite se

positionne systématiquement à l’encontre des lois écologiques.

Alors que les conséquences du réchauffement climatique sont déjà avérées et

vont  bousculer nos modes de vie à long terme,  les élus RN, volontiers soumis

au lobbies économiques qui font plus facilement fi de la santé des gens que de

leurs intérêts économiques et financiers, s’inscrivent dans une démarche

négationniste. Le Rassemblement National a voté contre toutes les lois

écologiques.

Ne serait-ce qu’en 2024,  ils se sont positionnés contre l’interdiction des

pesticides et des PFAS qui constituent un risque avéré et majeur pour la santé

publique.

Argentella, Boues rouges ces noms résonnent dans notre conscience collective,

comme la lutte contre la bétonisation du littoral, celle pour la prévention des

incendies... inscrits à jamais dans ce  continuum historique d’un mouvement

social et populaire pour la préservation de notre terre et de notre culture,

intrinsèquement liées. Comment graver l’histoire du peuple corse dans cette

histoire de luttes essentielles et vitales et voter aujourd’hui RN ?

Comment pourrions-nous prétendre condamner la répression tout en donnant les

clés du pouvoir à ceux qui s’en font les hérauts ?

Ceux qui souhaitent  limiter la possibilité d’aménagement et de réduction des

peines des prisonniers.

Ceux qui souhaitent abaisser la majorité pénale à 16 ans.

Ceux qui prônent la présomption d’innocence pour les forces de l’ordre, qui

répriment les mouvements d’émancipation et de colère légitime des peuples, en

Kanaky et ici.

Ceux qui, de tous temps, ont désigné les prisonniers politiques corses comme

des “terroristes”.  

Ceux qui dans l’histoire ont toujours choisi d’être les ennemis de l’émancipation

des peuples, les héritiers des tortionnaires du FLN algérien, des officines

barbouzardes du SAC et de Francia.

Ces ennemis de toujours de la LLN !

 

Allons-nous remettre les clés du pouvoir à ces Tartuffe, ces Janus de la première

heure qui louent l’identité de la Corse tout en louant  la France éternelle et en

érigeant comme un dogme immuable, la France, une et indivisible ?

Un vi sminticheti micca !

Dans leur processus de dédiabolisation, ils ont aussi saisi toute l’importance de

la communication dans un monde interconnecté. L’avènement du RN marquerait

la privatisation de l’audiovisuel public, et avec elle, la fin de la diversité

d’opinion, la fin de la diversité culturelle, la fin de la diversité linguistique.

Au-delà de la question de fond, il nous faut évoquer la forme. Le Rassemblement

National se manifeste en Corse par trois illustres inconnues et une girouette

opportuniste dont la méconnaissance du territoire s’est révélée lors des débats.

Ces parachutés n’ont de cesse de nous insulter par leur mépris de notre terre et de notre peuple. Comment pourrions-nous être représentés par ceux qui nous méprisent ?

Ces schmittards qui cherchent à distinguer l’ennemi pour créer l’ami, créateurs

de la haine et de son instrumentalisation.

S’il nous faut aussi distinguer l’ennemi, nous ne devons pas faillir.  Le Rassemblement national, digne héritier du Front National de Jean Marie Le Pen, sera n’en doutons pas, le plus zélé des serviteurs d'un état figé dans sa posture coloniale opposé à toute avancée institutionnelle.

“Dans une avalanche aucun flocon ne se sent jamais responsable” écrivait

Voltaire.

O Ghjuventù corsa, o Corsi, hè tempu di svighjà si ! A lotta ùn si firmarà !

U Cullittivu di a Ghjuventù Unita

Signataires :

Partis :

Core in fronte

U Partitu di a Nazione Corsa

Femu a corsica

Ecologìa Sulidaria

EELV I Verdi

Ghjuventù in core

Syndicat :

Ghjuventù paolina

Ghjuventù di manca

Avvene ghjustu è resiliente

CGT Corse du Sud

Associations :

Avà Basta

Aiutu Paisanu

Aiutu patriotticu

Andatura Corsa pè i diritti umani

CLAPE Corse

Collectif C2ARI

U Cullittivu di i liceani corsi

Associu Cultura nostra

Associu Marcu Maria

Inseme Niolu

U Svegliu Calvese

Corsica GS

Sous le seuil de pauvreté

Personnalités :

François Alfonsi député européen (2019-2024)

Hyacinthe Choury, (fils de Maurice Choury, neveu de Danielle Casanova)

Pr Josette Dall’Ava Santucci (Officier de la Légion d’Honneur, professeur émerit)

Fabienne Giovannini (rédactrice en chef d’Arritti)

Dr François Pernin

Docteur Hatem Ballé (référent Lutte contre les Violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants)

Marcu Biancarelli (auteur)

Ceccè Lanfranchi (culturel)

Thierry de Peretti (réalisateur)

Petru Santu Guelfucci (culturel)

Mai Pesce (culturel)

Natali Valli (culturel)

Ghjuvan’Paulu Poletti (culturel)

Jean Claude Acquaviva (culturel)

Jean-Claude Rogliano (auteur)

Agnès Rogliano-Desideri (auteure)

Norbert Paganelli (auteur)

Anne Marie Luciani

Minicale (culturel)

Marie-Pierre Valli

Julie Allione (réalisactrice)

Mylène Serra

André Serra

Frédérique Barbolosi

Battista Acquaviva (culturel)

Paul Filippi

Groupes :

I Chjami Aghjalesi

Una fiara nova

A Filetta

Canta u populu corsu

A Vadina

Battista Acquaviva.