samedi 15 mars 2014

Conférence de presse "La démocratie a besoin d’une justice sereine" à Bastia, ce 15 mars

Le 12 février dernier, le tribunal correctionnel de Bastia examinait 6 dossiers qui, au total, concernaient 10 personnes, et dont les faits s’étalaient sur plusieurs mois. Seul point commun à toutes ces procédures : l’appartenance des 10 accusés à une même organisation, la Ghjuventu Indipendentista.

S’interrogeant sur ce regroupement, la LDH avait envoyé un observateur.

Elle s’interrogeait également sur l’usage, pendant de longs mois, de moyens de police disproportionnés, de dizaines d’opérations de police et d’interpellations, et autant de gardes à vue…  pour des poursuites relevant d’infractions mineures : occupation de la sous-préfecture de Corte, outrages en langue corse, rébellion, rassemblement susceptible de troubler l’ordre public, dégradations, bombages, recel d’affiches portant l’inscription « A Francia Fora », refus de prélèvement.

En matière d’agitation policière et judiciaire, nous avons quelques expériences. Nous savons bien que la police et la justice spectacle sont faites pour impressionner l’opinion publique, et plus précisément, pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, la jeunesse. Comment ne pas penser, que l’objectif était, non pas de garantir la tranquillité publique, mais de maintenir l’ordre.

Enfin, le fait de poursuivre le président de cette organisation en tant que personne morale, atteste encore de cette volonté d’obtenir un procès hors du commun, en visant une organisation dont l’engagement de ses militants au sein de la jeunesse corse est un fait évident.

Dans ce contexte difficile, la Cour a jugé avec sérénité. Elle a relaxé la plupart des accusés. Pour les autres, elle a prononcé des peines mineures, proportionnelles aux infractions constatées. Il faut saluer le professionnalisme de son Président qui n’a cessé, tout au long du procès,  de ramener les faits à leur juste dimension.

Toutefois, le Parquet a décidé de faire appel de certaines relaxes.  La LDH constate que les appels engagés le sont sur des dossiers dont la qualification, permet le fichage ADN. Elle s’inquiète des conséquences de cet acharnement qui va dans le sens de la radicalisation, alors que de nouvelles manifestation lycéennes et étudiantes sont annoncées.

Dans ce domaine aussi, nous avons quelques expériences. Nous savons que cet entêtement peut être la porte ouverte à un cycle de violences et de répression. Pour sa part, la LDH attend de la justice qu’elle contribue au développement démocratique de notre société en apaisant les conflits.