Le 12 février
dernier, le tribunal correctionnel de Bastia examinait 6 dossiers qui, au
total, concernaient 10 personnes, et dont les faits s’étalaient sur plusieurs
mois. Seul point commun à toutes ces procédures : l’appartenance des 10
accusés à une même organisation, la Ghjuventu Indipendentista.
S’interrogeant
sur ce regroupement, la LDH avait envoyé un observateur.
Elle s’interrogeait
également sur l’usage, pendant de longs mois, de moyens de police
disproportionnés, de dizaines d’opérations de police et d’interpellations, et
autant de gardes à vue… pour des
poursuites relevant d’infractions mineures : occupation de la
sous-préfecture de Corte, outrages en langue corse, rébellion, rassemblement
susceptible de troubler l’ordre public, dégradations, bombages, recel
d’affiches portant l’inscription « A Francia Fora », refus de prélèvement.
En matière
d’agitation policière et judiciaire, nous avons quelques expériences. Nous
savons bien que la police et la justice spectacle sont faites pour impressionner
l’opinion publique, et plus précisément, pour ce qui nous intéresse aujourd’hui,
la jeunesse. Comment ne pas penser, que l’objectif était, non pas de garantir
la tranquillité publique, mais de maintenir l’ordre.
Enfin, le fait
de poursuivre le président de cette organisation en tant que personne morale,
atteste encore de cette volonté d’obtenir un procès hors du commun, en visant
une organisation dont l’engagement de ses militants au sein de la jeunesse
corse est un fait évident.
Dans ce
contexte difficile, la Cour a jugé avec sérénité. Elle a relaxé la plupart des
accusés. Pour les autres, elle a prononcé des peines mineures, proportionnelles
aux infractions constatées. Il faut saluer le professionnalisme de son
Président qui n’a cessé, tout au long du procès, de ramener les faits à
leur juste dimension.
Toutefois, le
Parquet a décidé de faire appel de certaines relaxes. La LDH constate que les appels engagés le
sont sur des dossiers dont la qualification, permet le fichage ADN. Elle
s’inquiète des conséquences de cet acharnement qui va dans le sens de la
radicalisation, alors que de nouvelles manifestation lycéennes et étudiantes
sont annoncées.
Dans ce
domaine aussi, nous avons quelques expériences. Nous savons que cet entêtement
peut être la porte ouverte à un cycle de violences et de répression. Pour sa
part, la LDH attend de la justice qu’elle contribue au développement
démocratique de notre société en apaisant les conflits.