dimanche 23 mars 2014

Lettre du bureau de la section adressée aux associations de la CLE : le FN n'est pas un parti comme les autres


Ajaccio, le 19/03/2014
Aux associations,
membres de la Coordination de la Lutte contre l’Exclusion
d’Ajaccio


Mesdames et messieurs
Chers amis,

Dans le cadre de la préparation des élections municipales d’Ajaccio, vous avez adressé un questionnaire aux différentes listes candidates. Vous les interrogiez sur leurs propositions en matière de lutte contre la pauvreté. Votre action a le mérite de rappeler l’urgence sociale. Toutefois, le bureau de la section de Corse de la Ligue des Droits de l’Homme s’étonne que votre document soit parvenu au Front national.

Comme le rappelle le politologue, spécialiste de l’extrême-droite, Jean-Yves Camus, « la priorité nationale », autrement dit la préférence nationale, « … reste l’épine dorsale du FN ». Elle signifie des politiques discriminatoires en matière de versement des prestations sociales et la priorité aux Français dans l’accès au logement et à l’emploi. Sont visés les étrangers, notamment les sans papier qui, et vous le constatez dans votre action quotidienne, constituent une population particulièrement frappée par la pauvreté.

Dans la réponse qu’il vous adresse, le responsable de la liste d’extrême-droite ne mentionne pas la priorité nationale. Il se contente d’une formule très générale, renvoyant à la nécessité d’ « une action de réforme qui s’inscrit dans le temps et qui doit mobiliser les pouvoirs du ressort des Etats ». La réponse précise à votre questionnement se trouve donc dans le programme présenté par Marine Le Pen lors des dernières élections présidentielles.

La LDH considère qu’il y a danger à considérer le FN comme un parti s’inscrivant dans les normes démocratiques. De par son histoire, qui n’est pas remise en cause par ses responsables actuelles ; de par son idéologie prônant l’inégalité en droits et en dignité, le FN n’est pas un parti comme les autres. Débattre avec lui, quelle que soit la forme de l’échange, c’est prendre le risque de banaliser un discours de rejet de l’autre. C’est donner à la xénophobie, l’apparence d’une opinion.

La pauvreté n’est pas un problème ethnique. Elle relève de la question sociale. Ensemble, nous devons faire en sorte qu’elle ne soit pas l’oubliée des débats politiques. Ensemble, nous devons aussi veiller à ne pas donner la parole à ceux qui sont toujours prompts à désigner des boucs-émissaires.

Le Bureau