"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

lundi 18 mars 2013

Que se passe-t-il à la prison de Borgo ? Réunion publique à Bastia organisée par la Section et L'Associu Sulidarita. Témoignages d'avocats des barreaux d'Ajaccio et de Bastia, de parents de détenus, d'un personnel pénitentiaire, dénonçant le climat délétère à Borgo entretenu par la direction et compromettant le rapprochement familial. Pour lire l'article de Corse-Matin, suivre le lien :

http://www.corsematin.com/article/borgo/prison-de-borgo-la-ldh-denonce-%C2%ABlomerta-du-parquet-de-bastia%C2%BB.928645.html


Communiqué commun de la LDH et de L'associu Sulidarita faisant suite à la réunion publique :

Après leur réunion d’information sur la prison de Borgo, la Ligue des Droits de l’Homme et l’Associu Sulidarita s’étonnent de la réaction du procureur général de Bastia. Nous n’épiloguerons pas sur la volonté de faire peur (nos propos seraient diffamatoires). Par contre, le déni de réalité du procureur DESERT en rajoute à notre inquiétude.
Depuis l’arrivée du directeur en place, des détenus et leurs familles, des avocats, des personnels pénitentiaires et leur syndicat témoignent dans le même sens : rien ne va plus à la prison de Borgo et le climat y est délétère. Tous s’interrogent : jusqu’où cela peut-il aller ? Lors de notre réunion, cela a été redit par les différentes parties dont une surveillante qui a fait preuve d’un grand courage et à qui nous renouvelons notre solidarité.
Pendant ce temps, le procureur ne voit rien, n’entend rien et répète, sans le moindre doute, son soutien au directeur de cet établissement pénitentiaire. Pour notre part, nous continuons à poser avec gravité la même question :  Que se passe-t-il donc à la prison de Borgo ?
Ajaccio, le 22/03/2013

Conférence de presse annonçant la réunion publique - 12 mars


(Alex Bertocchini - Alta Frequenza) - Il y a bien entendu des réactions après la nouvelle sortie de Manuel Valls selon laquelle l'origine de la violence en Corse pourrait trouver des sources dans sa culture. Le ministre de l'Intérieur n'en est pas à la première déclaration de ce genre mais hier matin (lundi), à l'occasion d'une émission diffusée sur France Inter, il est revenu à plusieurs reprises, et ce malgré la réprobation des journalistes, sur ce caractère culturel. Pour la Ligue des Droits de l'Homme ces propos ministériels sont destinés à masquer l'échec cuisant du gouvernement et plus particulièrement de la JIRS face à la recrudescence de la violence criminelle.
> Lingua corsa
(A redazzioni d'Alta Frequenza) - Ci sò riazzioni ben intesu dopu à a nova surtita di Manuel Valls, chì hà dittu chì a viulenza in Corsica si pudaria ghjustificà da a so cultura. Ùn hè micca a prima dichjarazioni di u gennaru di u ministru di l'Internu ma arimani (luni) à l'uccasioni di un'emissioni diffusata nant'à France Inter, hè vultatu parechji volti, è què malgradu a cuntradizzioni di i ghjurnalisti, nant'à issu carattaru culturali. Pà a Lega di i Diritti di l'Omi, issi parolli ministiriali sò quì pà piattà u fiascu impurtanti di u guvernu è più particularmenti di a JIRS di pettu à a crescita di a viulenza criminali.
Ecoutez André Paccou, pour la LDH de Corse.
http://www.alta-frequenza.com/videos/climat_deletere_a_la_prison_de_borgu_l_associu_sulidarita_et_la_ldh_corse_organisent_une_conference_debat_a_bastia_60890

Vidéo de la conférence de presse : Vidéo Alta Frequenza

Que se passe-t-il à la prison de Borgo ?  Une question dès longtemps posée :

Des surveillants de la maison d'arrêt de Borgo demandent le départ du directeur

> Une vingtaine de surveillants de la maison d'arrêt de Borgo en Haute Corse se relaient depuis 6 heures du matin ce lundi devant les portes de l'établissement à l'appel du syndicat Force Ouvrière
  • Par Jean Crozier
  • Publié le 11/03/2013 | 11:19
© FTViastella Borgo, Haute Corse, le 11 mars
Force Ouvrière, majioritaire parmi les 160 surveillants, dénonce des pressions et du harcèlement à l'encontre de ses responsables syndicaux: une pratique qui serait, selon ce syndicat, le fait du directeur de l'établissement, depuis plusieurs mois.

Les surveillant réunis ce lundi  demandent son départ.
Un contexte déjà tendu
Cette mobilisation, qui devait perturber les livraisons de la prison ainsi que les extractions de détenus non urgentes, intervient dans un contexte déjà tendu à la prison de Borgo.
Avant les surveillants, ce sont les avocats et la Ligue des Droits de l'Homme qui ont dénoncé début 2013 le traitement des détenus.
La LDH tiendra demain, mardi, une conférence de presse sur ces question à Ajaccio.
Rappel de quelques interventions de la LDH

dépêche AFP janvier 2013
AJACCIO (France), 24 jan 2013 (AFP) - LÉtat prend au sérieux les menaces de mort contre le préfet de Corse qui sont "intolérables", a déclaré jeudi à Ajaccio la ministre de la Justice, Christiane Taubira. "Nous prenons les choses tout à fait au sérieux et nous n'avons aucune raison de les sous-estimer", a déclaré Mme Taubira lors d'une conférence de presse durant une visite consacrée notamment à l'application de nouvelles dispositions pénales pour lutter contre le crime organisé en Corse. Elle a ajouté qu'il est "inadmissible dans un Etat de droit qu'un haut-fonctionnaire soit menacé parce qu'il exécute des décisions de justice". "Le préfet (Patrick Strzoda) est un haut fonctionnaire et un grand serviteur de l'Etat" et ces menaces de mort sont "intolérables", a-t-elle souligné. Rappelant qu'une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet d'Ajaccio, elle a indiqué qu'elle permettra de voir "quel crédit doit être accordé à cette menace". La garde des sceaux a ajouté que "des dispositions nécessaires ont été prises" pour renforcer la protection du préfet qui a reçu le 17 janvier une lettre manuscrite anonyme le menaçant de mort. M. Strzoda y est mis en demeure de surseoir à exécuter des décisions de justice administrative contre cinq établissements de plage ("paillotes") des environs d'Ajaccio exerçant des activités commerciales en infraction avec la loi sur la protection du domaine public maritime. Une date butoir avait été fixée par la justice au 15 janvier, soit deux jours avant la réception de la lettre. Mme Taubira s'est par ailleurs entretenu avec les chefs de cours, les procureurs d'Ajaccio et de Bastia et les juges dinstruction de la mise en oeuvre d'une circulaire pénale spécifique pour la Corse. Dans le cadre de la lutte contre le crime organisé et le blanchiment d'argent sale, ce texte prévoit notamment une meilleure coordination entre services enquêteurs et avec les parquets. Ces mesures avaient été prises par le gouvernement à l'automne après une série dassassinats, notamment celui d'un ancien bâtonnier de l'ordre des avocats, Antoine Sollacaro, et du président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Ajaccio, Jacques Nacer. Concernant le renforcement des juridictions et notamment du pôle économique et financier de Bastia, elle a indiqué que la plupart des postes seront pourvus d'ici la fin du premier trimestre. Mme Taubira, qui a visité la maison d'arrêt d'Ajaccio, particulièrement vétuste et qui abrite une cinquantaine de détenus, a indiqué que des travaux de rénovation allaient être entrepris y compris pour les personnels "qui travaillent dans des conditions difficiles". Un projet de construction d'un établissement neuf ayant été annoncé par le précédent gouvernement, elle a indiqué n'avoir "trouvé aucun plan, aucune étude" à ce sujet, à son arrivée place Vendôme, ajoutant "ne pas pouvoir prendre de décision tant que les financements ne sont pas là". La ministre s'est entretenu à la fin de sa visite d'une journée avec les présidents des groupes politique de l'Assemblée de Corse et avec des parlementaires insulaires. Les discussion devaient notamment porter sur le rapprochement des prisonniers corses sur le continent et sur la situation à la prison de Borgo, près de Bastia. Une polémique est née sur des mauvais traitements qu'auraient subi des prisonniers dans cet établissement. Selon des avocats et la Ligue des droits de l'Homme, trois plaintes ont été déposées contre le personnel pénitentiaire. Deux n'ont pas été retenues. Déclarant "ne pas avoir eu connaissance de ces plaintes jusqu'à hier" (mercredi), Mme Taubira a ajouté que "si des manquements étaient signalés, ils seraient réprimés". pl/mfo/sd


conférence de presse janvier 2013

Borgo: nouvelles questions sur les conditions de détention

  Publié le mercredi 16 janvier 2013 à 11h35
Don Georges Pintrel, André Paccou et Dominique Renucci rappellent que si les prisons sont des lieux fermés, elles ne sont pas pour autant des zones de non droit.
Les témoignages s’accumulent concernant des « traitements dégradants » à l’encontre de détenus et parfois de leurs proches. L’OIP (observatoire international des prisons) s’est saisi du dossier
Au début du mois de janvier, Me Don Georges Pintrel s'alarmait publiquement du traitement infligé à l'un de ses clients à la maison d'arrêt de Borgo le 31 décembre dernier. Hier, l'avocat donnait un point de presse commun avec la Ligue des droits de l'homme.
« Lorsque j'ai médiatisé cette affaire, je n'imaginais pas ce qui allait suivre »,assure l'avocat ajaccien. « Depuis, mon téléphone n'arrête pas de sonner. Des confrères dont les clients ont vécu des situations similaires, des familles de détenus... »
> Dès lors, ce qui était, à l'origine, un « coup de gueule » individuel est en train de se muer en démarche concertée avec l'appui de la Ligue des droits de l'homme, mais aussi de l'Observatoire international des prisons.
« J'ai déposé une plainte auprès du procureur de la République de Bastia pour « traitements inhumains et dégradants ». Des traitements que la cour européenne des droits de l'homme assimile à de la torture. Pour l'instant, j'attends un retour du parquet de Bastia »,déclare Me Pintrel.
> L'avocat n'est cependant pas exagérément optimiste. « Depuis lors j'ai été contacté par Me Jean-Sébastien de Casalta. Il y a un an et demi, l'un de ses clients avait subi la même chose que le mien : une lettre anonyme dénonçant un soi-disant projet d'évasion. Une fouille musclée de la cellule, puis une conduite au cachot après avoir été dénudé »,relate-t-il.
« À l'époque, mon confrère avait déposé deux plaintes. Une contre X et l'autre contre le directeur de l'établissement pénitentiaire. Le seul résultat, actuellement, c'est que son client a été transféré à Toulon... », poursuit-il.
> Aucun des deux avocats n'a pu avoir connaissance de la lettre de dénonciation incriminant leur client, ni des bandes de vidéosurveillance au moment de l'intervention des fonctionnaires de l'administration pénitentiaire. Dans les deux cas, on n'a d'ailleurs retrouvé ni arme, ni explosif...
> D'où la conférence de presse commune avec André Paccou et Dominique Renucci de la LDH. Ces derniers rappellent, au passage, quelques principes : « La prison est une mesure temporaire d'enfermement. Lorsque quelqu'un est détenu, il n'est pas question de le priver de sa dignité ».C'est sur ce volet que les défenseurs des droits de l'homme ont décidé de se battre.
> En affirmant qu'ils ont été saisis régulièrement par des familles, des détenus ou leurs avocats depuis plusieurs mois. « Cela fait environ un an et demi que cette situation nous est signalée de manière régulière », souligne André Paccou.
Égalité « Politiques » « droit-commun »
> Ce que notent les militants de la Ligue des droits de l'homme c'est que les appels viennent de tous les horizons. De personnes en détention provisoire, d'autres définitivement condamnées, de « politiques », comme de « droit-commun ».
> Avec pour corollaire, un établissement pénitentiaire qui voit se multiplier les mouvements de mauvaise humeur.
« Alors que Borgo était une maison d'arrêt réputée "tranquille", on voit depuis quelques mois des refus de réintégrer les cellules, des grèves des plateaux, des activités, de la cantine, des parloirs. Et jusqu'à des grèves de la faim, c'est le signe qu'il y a un problème », affirme André Paccou.
Jusqu'au garde des Sceaux
> Dès lors, la Ligue des droits de l'homme s'est mise en contact avec l'Associu Sulidarità afin de mener des actions communes.
> Mais surtout l'Observatoire international des prisons (OIP) a été saisi. Afin que toute la lumière soit faite sur la manière de « gérer » les détenus à Borgo, avocats et militants de la LDH sont prêts à se mobiliser dans la durée.
> Pour l'heure, la question se pose : s'agit-il, même s'ils sont réitérés, de « dérapages isolés » ou d'un mode de fonctionnement qui se met en place ?
« Nous ne pouvons pas croire que l'ensemble des surveillants de détention qui font un métier difficile sont des adeptes de ce type de méthode »,assurent les membres de la LDH.
> Un propos auquel adhère Me Pintrel. « Ce n'est pas le mode de fonctionnement normal de l'administration pénitentiaire française »renchérit-il.
> Peut-être que les plaintes déposées à Bastia permettront qu'une enquête fasse la lumière. À moins que l'un ou plusieurs des parlementaires (députés, sénateurs, député européen) corses ne décident d'une visite impromptue à Borgo pour voir comment fonctionne l'établissement. Ils sont les seuls à en avoir le droit.
>  
conférence de presse mai 2011

A la veille de la venue en Corse de Michel MERCIER, Garde des Sceaux, la Ligue des Droits de l’Homme s’exprimera sur la situation des
prisons insulaires,notamment la maison d’arrêt de Borgo, au cours d’une
                                                         Conférence de presse
                                                          Mardi 10 mai 2011
                                                                   à 14h30
                                                            à l'ordre des avocats
                                                       Palais de justice de Bastia
La LDH précisera ses inquiétudes concernant une accumulation de faits récents et la demande de rapprochement des détenus actuellement incarcérés
sur le continent.
Prendront la parole
- André PACCOU, élu national de la LDH
- Jean-Sébastien DE CASALTA, avocat au Barreau de Bastia, membre de la LDH
Des tensions qui s’accumulent à Borgo
Le rappel de quelques faits intervenus ces derniers mois attestent d’une montée des tensions inquiétantes à la maison d’arrêt
de Borgo :
- Du côté des détenus
Un détenu mis à l’isolement se dit harcelé et privé du nécessaire pour vivre dignement (papier toilette, fourniture pour sa
correspondance, repas servi avec retard et froid...). Un autre détenu confirme cette situation en témoignant par écrit. (janvier 2011)
Un détenu se plaint d’avoir été laissé nu dans sa cellule pendant toute une nuit et d’avoir fortement souffert du froid. Il a également tenté de se
suicider à deux reprises. (février mars 2011)
Dans la soirée du 4 mars, les détenus se révoltent contre leurs conditions de détention. Cette manifestation débouche sur une intervention
des forces de l’ordre au sein de la maison d’arrêt. Il n’y a jamais eu de protestation de cette ampleur de la part des détenus à Borgo.
La révolte est suivie d’une répression des détenus avec notamment plusieurs transferts à Marseille et des grèves de la faim

 - Du côté des personnels pénitentiaires
Les syndicats de ces personnels dénoncent des choix politiques aberrants:
- l’abandon du projet d’une nouvelle prison à Ajaccio, la réhabilitation de cette prison actuellement surpeuplée
entraînant une réduction de nombresde places et des transferts de détenus d’Ajaccio à Borgo.
- une extension du centre de détention de Borgo pour le rapprochement des détenus incarcérés qui crée une
situation nouvelle de surpopulation.
- des attentats qui ont visé certains personnels et la fouille générale de l’établissement qui s’en suivie et qu’ils
considèrent comme inappropriée
Ils critiquent la direction de Borgo et souhaitent de nouvelles relations de travail
Ils dénoncent le manque de concertation autour de la mise en place de la mesure de rapprochement des détenus
incarcérés sur le continent
Ils en appellent à une prise de conscience réelle par le Garde des Sceaux de tous ces évènements
Les inquiétudes de la LDH
La LDH soutient cette demande de prise de conscience.
Elle considère également que la construction d’une nouvelle prison à Ajaccio s’impose.
Elle dénonce certains mauvais traitements infligés aux détenus et le recours à la répression en guise de réponses
à leur protestation
A de nouvelles relations de travail doivent s’ajouter de nouvelles relations entre détenus et les personnels
pénitentiaires, direction comprise.
Elle demande au Garde des Sceaux de tout mettre en œuvre pour que la sérénité revienne à Borgo et cela passe
nécessairement par le respect des détenus, de leur condition de vie dans la prison, ce qui signifiera pour les personnels
pénitentiaires, le respect également des conditions de travail pour qu’il n’y ait pas de remise en cause de la politique de
rapprochement ni pour les détenus actuellement incarcérés sur le continent ni pour les détenus actuellement
incarcérés en Corse