"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

mardi 14 mai 2013

Langue corse et vote du rapport sur la coofficialité : la section a remis une lettre ouverte à chaque élu de l'Assemblée de Corse et du conseil exécutif.


Lettre ouverte de la LDH
Mesdames, messieurs les élus territoriaux,

Vous allez vous prononcer sur une proposition de statut pour la coofficialité et la revitalisation de la Langue Corse. Pour la Ligue des droits de l’homme, ce rendez-vous est important. Quelques constats peuvent être partagés :
-          La langue corse est en grande difficulté malgré des volontés politiques nouvelles, résultats de nombreuses mobilisations 
-          Une minorité peut user de la langue corse, dans les espaces privé et public, à l’oral comme à l’écrit 
-          Le désir de langue corse dans la société bouscule des antagonismes qui semblaient irréductibles 
-          Une réappropriation progressive de la langue corse par le plus grand nombre est à l’ordre du jour autour d’un projet de société bilingue qui fait consensus
-          La République française, arc-boutée sur un modèle mono-linguistique archaïque, n’a toujours pas ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.
Ne pas réveiller les mauvaises querelles, ne pas voter un texte qui resterait sans lendemain, ne pas décevoir : telle est, aujourd’hui votre responsabilité.
Beaucoup de travail reste à faire pour améliorer le texte proposé. Il est nécessaire de partir de la réalité linguistique de notre société, d’éviter les tentations autoritaires, d’inciter et non pas d’imposer. Et donc de démocratiser l’accès à la langue corse par des mesures concrètes d’égalité, d’en préciser le financement et la mise en œuvre selon un échéancier qui permettra d’observer leur impact.
Mesdames, messieurs les élus, ne manquez pas ce rendez-vous. Demain, si la République se refusait à nous aider à construire ensemble une société bilingue, vous pourrez compter avec la mobilisation de tous. Corsophones et non corsophones parleront d’une même voix : celle de notre communauté de destin.

Ajaccio, le 14/05/2013