"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

lundi 28 juillet 2014

Débat sur le statut de résident à Cutuli : la section LDH s'inquiète

Communiqué de la section :
"La Ligue des droits de l’Homme présente au débat sur le statut de résident organisé à Cutuli samedi 26 juillet a suivi avec intérêt et attention les nombreuses interventions. Elle se félicite de cette initiative qui répond à une attente démocratique en poursuivant une réflexion dès longtemps engagée mais qui a acquis une acuité nouvelle. Elle constate aussi la nécessité toujours renouvelée de débattre avec des élus qui clarifient leur point de vue en dehors de l’enceinte de l’assemblée.
Nous le savons, pour notre part, nous l’avons toujours affirmé, le statut de résident est une entrée pour définir  aujourd’hui  le peuple Corse. Sur ce point, la référence au droit du sang, développée dans plusieurs interventions, a suscité un malaise sur lequel il nous faut revenir. Si la LDH participe avec intérêt à la réflexion sur le statut de résident, c’est qu’il permet d’actualiser la question du peuple Corse considéré comme une communauté de destin fondée sur la résidence.  A l’heure où l’inscription de la Corse dans la Constitution semble décisive, il est inquiétant de constater qu’une conception charnelle ou ethnique du peuple corse s’affirme au détriment d’une conception civique porteuse de droits. La discrimination par les origines est la négation du débat ouvert par le statut de résident qui pose la question du « droit du sol ». Il ne s’agit donc pas de réclamer du « droit du sang » porteur d’exclusion mais bien de construire une citoyenneté territoriale avec les personnes qui résident durablement en Corse quels que soient leur lieu de naissance ou leur lignage."