"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

lundi 13 avril 2015

Processus d'apaisement : lettre ouverte du bureau de la section aux élus territoriaux

"Mesdames, Messieurs les élus                                                                                                      
 de l’Assemblée de Corse                                                                                                                             et du Conseil Exécutif de Corse

Ces dernières décennies, les Corses ont vécu au rythme des cycles de violence et de répression. Aujourd’hui, avec le dépôt des armes par le FLNC et grâce au travail politique de l’Assemblée de Corse, un processus d’apaisement durable est possible. Marqué par les hésitations et le manque d’ambition, le débat engagé par le gouvernement demeure incertain.

Nul ne peut ignorer que ce processus s’inscrit dans une crise sociale et économique profonde. Son échec ouvrirait la porte au renoncement démocratique, au repli xénophobe, à d’autres violences.

Les Corses veulent le développement. Ils veulent maîtriser leur destin en s’inscrivant autrement dans la République, sans rien perdre de leur singularité. Ils revendiquent de nouveaux droits, une nouvelle citoyenneté.

Pour avancer, deux obstacles doivent être levés. Il faut que cesse l’activisme antiterroriste qui continue à jeter le trouble. Nous savons les blessures profondes qu’ont laissées quarante années de violence et de répression. Mais il faut avoir le courage de porter au débat l’amnistie et toutes les autres questions de nature à contribuer au processus d’apaisement en cours et construire l’avenir.

L’avenir, c’est aussi la nécessité de garantir la singularité corse dans la République. Rien ne sert de retarder sans cesse l’échéance puisque les réponses réglementaires et législatives atteignent leurs limites. Le courage politique consiste également  à ouvrir le chantier républicain d’une réforme constitutionnelle.

Considérant l’importance de votre contribution au processus en cours, la ligue des droits de l’homme vous demande, Mesdames et Messieurs, de renouveler votre engagement pour l’apaisement, en affirmant auprès du gouvernement, la nécessité de lever ces obstacles.

Le bureau de la section LDH Corsica."

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Article de Corse-Matin du 15/04