"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

dimanche 30 août 2015

LA FIN NE JUSTIFIE JAMAIS LES MOYENS
Communiqué national LDH
Personne ne saurait reprocher à ceux qui nous gouvernent de prendre des mesures fortes pour prévenir efficacement les risques d’attentats. Le carnage évité dans le Thalys ne contredit pas cette nécessité.
Pour autant, lorsqu’Alain Vidalies affirme, avec le souci d’atteindre le public le plus large, que la sécurité dans les trains mérite bien qu’on prenne le risque de discriminer avec des contrôles décidés au faciès, il fait fausse route en termes d’efficacité et en termes de respect des droits de l’Homme.
Le secrétaire d’Etat chargé des Transports sait bien que les terroristes n’ont pas de « faciès unique ». Il sait aussi que l’Etat a précisément été condamné en juin dernier par la cour d’appel de Paris dans le cas de cinq contrôles d’identité reconnus comme ayant été pratiqués au faciès. Quant à la Cour européenne des droits de l’Homme, elle ne manquerait pas de condamner une décision de cette nature.
Alain Vidalies considère-t-il qu’après tout, la fin justifie les moyens ? L’Histoire ne manque pas d’exemples qui montrent combien cette pente est dangereuse en termes de libertés, de cohésion d’une société, de capacité collective à répondre aux défis que posent les actes de terreur dans l’espace public.
Les réponses qui s’appuient sur le respect des droits des citoyens sont des atouts pour l’efficacité et non des obstacles à celle-ci. Forte de cette conviction, la LDH continuera à s’opposer à toutes les formes de pratiques discriminatoires que l’Etat voudrait mettre en place.
Paris, le 28 août 2015