"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

lundi 8 février 2016

Déclaration de la LDH faite lors de l'installation du Comité opérationnel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (CORA) en Préfecture d'Ajaccio ce lundi 8 février en présence du délégué interministériel, Monsieur Gilles Clavreul.

Monsieur le Délégué interministériel contre le racisme et l’antisémitisme,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,

La montée du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme nous inquiète toutes et tous. Elle n’est en rien une fatalité mais le rappel d’une nécessité ; une vigilance et un engagement permanent pour que l’égalité en droits et en dignité demeure notre ligne d’horizon et notre action ici et maintenant.
Dans un monde inquiétant et une vie quotidienne de plus en plus difficile pour de plus en plus de femmes et d’hommes, les mauvaises colères et la recherche de boucs émissaires sont habilement exploitées par des idéologues du déclin et les faiseurs de haine.  C’est ainsi que notre réunion se tient la veille de la tenue d’un séminaire regroupant à Ajaccio des députés européens d’extrême-droite. Notre réunion se tient également quelques semaines après le retour d’élus du front national à l’Assemblée de Corse.  Ces dernières années, la ligue des droits de l’homme de Corse n’a cessé de s’inquiéter de la banalisation de l’incitation à la haine sur internet et l’activisme grandissant d’associations xénophobes.  
Nous sommes face à un paradoxe. Le plan d’actions gouvernemental contre le racisme et l’antisémitisme se déploie progressivement dans les départements comme aujourd’hui à Ajaccio. Dans le même temps, des débats sur la laïcité, l’état d’urgence, la déchéance de nationalité occupent l’espace public avec comme conséquence de systématiquement pointer du doigt une partie de la population, les musulmans confondus avec les arabes, eux-mêmes confondus avec ces terroristes ayant commis des actes de barbarie sur le territoire français.
Localement, nous vivons un autre paradoxe. La mise en place d’un comité de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (CORA) en Corse-du-Sud se situe dans un contexte où se multiplient les actions de police et de justice visant à confondre les responsables d’une agression contre des pompiers que la LDH a bien sûr condamnée. Mais rien ne semble évoluer dans la recherche des responsables de manifestations et d’agressions racistes prétextées par certains comme étant l’expression d’une solidarité avec les pompiers agressés. A Porto-Vecchio, c’est une autre action de police impressionnante  qui est menée dans un quartier où vit une majorité de Corses d’origine maghrébine. La LDH craint que le caractère répétitif et spectaculaire de ces actions de police ne fasse qu’entretenir la méfiance, voire la défiance envers certaines populations et le sentiment d’impunité chez ceux qui ont commis des actes racistes.
La LDH est prête à agir dans le CORA. Elle rappelle que la vidéo-surveillance, coûteuse, n’est en rien une réponse à la montée du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme. Il vaut mieux agir en mettant en place une veille de certains réseaux sociaux qui se distinguent depuis plusieurs mois par leur violence raciste. Mais au fond, la LDH considère que le véritable enjeu est éducatif. Beaucoup d’actions sont menées dans les écoles. Il faut agir encore plus. Pour sa part, la LDH est prête à y travailler. Dans le contexte difficile et inquiétant de ce début de 21ème siècle, elle estime essentiel de transmettre aux jeunes générations l’espoir d’un monde meilleur fondé sur les valeurs humanistes et la paix.
 Ajaccio, le 08/02/2016

Reportage ITélé

France 3 Corse Via Stella

La section présente à l'association l'Atlas - Corse-Matin 8/02