"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

mercredi 18 avril 2018

Comité de solidarité avec la Catalogne - Cumitatu di sulidarità cù à Catalunya : présentation du Manifeste de la solidarité avec la Catalogne en conférence de presse

Manifeste de la solidarité avec la Catalogne
Pour adhérer au manifeste écrire à sulidaritacatalunya@gmail.com

Pour tous les peuples, la démocratie demeure une conquête précieuse et fragile. Elle est sans cesse mise à l’épreuve et exige de la même façon la vigilance des citoyens.
Aujourd’hui, les évènements qui se déroulent en Catalogne nous inspirent la plus vive inquiétude.

Arrestations et incarcérations de responsables associatifs et politiques ; violences policières contre des manifestants dignes et pacifiques ; mesures répressives contre des fonctionnaires, des députés, des maires, des médias, des entreprises ; mise sous tutelle étatique d’une institution régionale, coupure du réseau Internet et d’autres réseaux de télécommunication : au nom de la défense et de la restauration de l’ordre constitutionnel, le gouvernement espagnol avec l’appui de l’appareil judiciaire , multiplie les violations de l’Etat de droit.
Les droits civiques et politiques sont particulièrement atteints : la liberté de parole et de réunion pacifique, le droit à l’information, celui de manifester librement et pacifiquement. Nous refusons cette dérive répressive.

Nous en appelons à l’Union Européenne. Celle-ci ne peut fermer les yeux sur la violation de l’Etat de droit en Espagne au prétexte d’une affaire intérieure à ce pays. Ce serait abdiquer des droits et des libertés fondamentales garantis par la Convention Européenne des Droits de l’Homme, par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et par les articles 2 et 6 du Traité de Lisbonne qui est la loi fondamentale de l’UE.

Des juges en Europe refusent cette répression politique. Ils n’appliquent pas le mandat d’arrêt européen. Ils s’opposent à l’extradition de dirigeants catalans poursuivis par Madrid et réfugiés dans leur pays. Des comités de solidarité avec la Catalogne s’organisent également partout en France et en Europe. Ils interpellent les gouvernements et l’UE. Ils font un travail d’information pour mobiliser les opinions européennes. Ils rappellent que le débat sur l’indépendance appartient aux Catalans. Ce qui les mobilise, c’est la démocratie. Le Comité que nous avons créé en Corse s’inscrit pleinement dans cette démarche.

Pour tous les peuples, la démocratie demeure une conquête précieuse et fragile. En Espagne, elle a fini par s’installer après la mort d’un dictateur dans son lit. Mais malgré une structuration globalement démocratique de l’Etat espagnol, ce pays ne connaît toujours pas un début de règlement de son passé franquiste. C’est ainsi que l’on est encore à la recherche de 130 000 corps, disparus de la guerre civile, et que les familles des victimes demandent toujours justice.

De toute évidence, un régime qui emprisonne ses adversaires politiques ne peut prétendre défendre les libertés publiques et œuvrer dans le sens de la démocratie. Les événements récents de Catalogne exigent la plus grande vigilance des citoyens. L’UE ne peut, par cécité, se faire complice de cette régression démocratique dans un de ses pays membres.

Convaincus qu’il revient aux citoyens de rappeler que la démocratie et les droits de l’homme sont constitutifs du projet européen, nous, signataires, affirmons notre solidarité avec la Catalogne.
Nous n’acceptons pas que Madrid obère le processus démocratique par la mise hors-jeu de ses adversaires.
Nous demandons la remise en liberté sans attendre des personnes détenues et l’arrêt des poursuites judiciaires engagées pour tous les dirigeants catalans concernés.
Nous demandons le respect des résultats du vote intervenu en Catalogne le 21 décembre 2017 et la mise en place d’un gouvernement autonome conforme à la majorité des urnes.
Nous en appelons à un retour, au plus vite, de toutes les garanties démocratiques qui fondent l’Etat de droit afin que soit organisé un référendum permettant au peuple catalan de décider de l’avenir de la Catalogne.

Ajaccio, 18 avril 2018


sulidaritacatalunya@gmail.com
Sulidarità Corsica-Catalunya :