"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

vendredi 19 septembre 2014

Communiqué de la section : Ecosse, un moment démocratique prometteur

Au-delà du résultat, la Ligue des Droits de l’Homme considère que le référendum écossais mérite toute notre attention. Il a constitué un moment démocratique qui honore ceux qui l’ont initié. Il a permis aux jeunes âgés de 16 et 17 ans d’y participer. Il s’est adressé à tous les européens résidant en Ecosse. Cette citoyenneté territoriale fondée sur le droit du sol, telle que la LDH la revendique, est désormais une réalité grâce au peuple écossais et à son gouvernement. Avec la mise en œuvre d’une citoyenneté de résidence, l’argument de certains, réduisant la démarche écossaise à un égoïsme, une volonté d’être entre soi afin de profiter de la rente pétrolière trouve ses limites. Evidemment, cette motivation n’est pas absente du côté écossais. Mais que dire alors des peurs entretenues par les banques et le gouvernement britannique, que dire de leur chantage économique pour faire gagner le « non à l’indépendance » !
De nombreux observateurs ont noté une impressionnante mobilisation de la société écossaise lors de la campagne du référendum. La participation au vote a confirmé ce dynamisme de la société politique écossaise. A l’issue de ce scrutin, le problème de fond posé  demeure. Il dépasse la question écossaise. Le processus de mondialisation en cours redistribue les pouvoirs. Les Etats-nations sont en perte de vitesse. La question des minorités retrouve de la vitalité mais demeure emprisonnée dans les approches politiques des siècles précédents. A l’échelle mondiale, des ensembles régionaux se constituent hors la maîtrise des citoyens. La nécessité de reconstruire du lien démocratique est à l’ordre du jour. Faut-il s’étonner de voir resurgir des mobilisations autour d’appartenances à des territoires à  « forte identité », revendiquant, dans notre contexte contemporain, le statut de communautés de destin ? L’urgence est de définir de nouveaux territoires pour la démocratie, et des citoyennetés fondées sur la résidence.  N’est-ce pas la question que pose la Corse à la République ? 

LIEN : Corsenetinfos

Corse-Matin 21/09 :