"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

mercredi 26 novembre 2014

Lettre de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont la LDH est membre, concernant la reconnaissance bilatérale de l’Etat de Palestine par la France. Cette lettre a été transmise par la section aux parlementaires de Corse

"Le 28 novembre/11 décembre 2014, vous allez être amené-e à vous prononcer sur une résolution en faveur de la reconnaissance bilatérale de l’Etat de Palestine par la France.
La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine considère que la reconnaissance est une étape importante pour sauver la solution à deux Etats. Elle s’inscrit dans la logique de la position adoptée par la France en faveur de l'accession de la Palestine au statut d'Etat observateur non-membre aux Nations unies, en novembre 2012, et de son admission comme Etat membre de l'UNESCO, un an auparavant. Or l’accélération de la colonisation, le blocus maintenu de la bande de Gaza, la volonté de s’approprier Jérusalem-Est et la politique israélienne du fait accompli menacent de plus en plus la solution à deux Etats.
La France et l’Europe multiplient les condamnations verbales. Elles ne peuvent plus s’en contenter. Elles doivent utiliser tous les moyens à leur disposition pour remplir le devoir de protection qui leur incombe à l’égard du peuple palestinien et assurer sa sécurité et le respect de ses droits, à commencer par son droit à l’autodétermination. Ce droit ne se marchande pas comme pour tout autre peuple.
Dans cette optique, la reconnaissance de la Palestine ne peut plus être considérée, comme cela a été le cas pendant trop longtemps, comme l’aboutissement de négociations réelles. Bien au contraire, elle en constitue le point de départ, car seules deux parties égales peuvent négocier sérieusement.
Une telle approche contribuerait ainsi à corriger le déséquilibre entre deux parties de force inégales – un Etat, puissance occupante, et un peuple occupé – en plus de rappeler clairement les fondements d’une solution politique : le droit international et les résolutions des Nations unies. D’ores et déjà, 135 Etats membres des Nations unies ont reconnu bilatéralement l’Etat de Palestine : Etats arabes, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Europe, dont la Suède dernièrement. Lors de sa récente visite en Israël et en Palestine, la nouvelle chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a rappelé l’urgence de cette démarche qui a, par ailleurs, reçu l’appui de 600 personnalités israéliennes de premier plan.
La France et l’Union européenne doivent s’engager dans la même voie. En reconnaissant l’Etat de Palestine, et en soutenant un calendrier définissant une date limite à l’occupation, elles renforceraient les efforts en faveur des négociations.
La solution à deux Etats, préconisée par la communauté internationale, a plus que jamais besoin de la reconnaissance de l’Etat de Palestine."