"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

vendredi 24 juillet 2015

Lettre de soutien à André Paccou, publiée dans SETTIMANA (La Corse, Votre Hebdo) ce vendredi 24


Depuis plusieurs semaines, une inquiétante campagne, aux accents particulièrement odieux, cible le délégué de la section de Corse de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH). Elle fait suite à "l'affaire de Prunelli di Fiumorbu", où une kermesse scolaire prévoyant une chanson interprétée dans les différentes langues pratiquées par les enfants de l'école - dont l'arabe - a dû être annulée à la suite de menaces. Depuis, André Paccou et sa famille ont été visés, nommément, sur les réseaux sociaux. C'est en réponse à ces faits que cette lettre ouverte a été écrite. Elle est cosignée par des militants, des universitaires, des artistes, des réalisateurs, des associatifs liés historiquement à la mouvance identitaire et par des membres de la société civile. Leur dénominateur commun : tous se sont manifestés spontanément pour dire leur solidarité à l'égard d'André Paccou. A travers sa défense, ils veulent dire leur refus de voir la défense de l'identité corse dévoyée par un discours raciste et ordurier.
                            
Aux côtés d'un homme d'honneur

C'est à un véritable lynchage symbolique, perpétré sur Internet, que nous voulons faire barrage aujourd'hui. Basta à la campagne ordurière et aux menaces infâmes visant André Paccou et sa famille ! Elles sont indignes de notre peuple, au nom duquel certains de leurs auteurs prétendent s'exprimer. Elles sont en totale contradiction également avec la religion chrétienne dont la défense est invoquée par ces messagers débordant de haine et de vulgarité. L'identité corse, comme la foi de nos pères, n'ont certainement rien à voir avec les images indécentes et les commentaires ignobles déversés sur les réseaux sociaux depuis des semaines. Nos aïeux ne  se reconnaîtraient pas dans ces sordides diatribes et ces répugnants clichés que nous nous refuserions même à montrer, comme preuves de l'infamie de leurs auteurs, aux personnes âgées de notre entourage, par respect pour elles.
Nous sommes au demeurant consternés et stupéfaits de découvrir l'identité de certains de ces internautes qui se vautrent dans cette fange ou l'alimentent et que nous connaissions sous un tout autre jour. Nous sommes bouleversés face au chagrin des enfants d'André, atteints de plein fouet par ce torrent d'injures hideuses, qui déshonorent ceux qui les professent. 
Pour notre part, que nous soyons agnostiques ou croyants, adhérents de la LDH ou pas, nous luttons depuis longtemps, dans nos milieux professionnels ou associatifs respectifs, pour une certaine idée de la Corse, pour la défense de ses Droits et de sa culture, et c'est à ce titre que nous avons eu l'occasion de rencontrer André Paccou. Il a toujours été à nos côtés, contrairement à bien de ses contempteurs, plus prompts à se répandre en insanités sur les réseaux sociaux qu'à lutter sur le terrain pour notre île, contrairement à ce qu'ils veulent faire accroire ! 
Qu'il s'agisse de la reconnaissance de notre peuple, de notre langue, de l'amnistie des prisonniers politiques, de la lutte contre les procédures d'exception ou contre le racisme anti-corse, André Paccou est toujours monté en première ligne, avec la même détermination que pour les autres combats de la LDH. Son engagement s'est manifesté au-delà de l'actualité, pour rendre notamment leur honneur aux soldats corses fusillés pour l'exemple en 14-18. Au vu de son investissement permanent sur tous ces fronts, les attaques ignominieuses dont il fait l'objet nous touchent d'autant plus. A travers lui, c'est de fait une certaine vision de la Corse, que nous défendons pour certains d'entre nous depuis des décennies, qui est mise en ligne de mire. Nous ne saurions accepter sans réagir ce ciblage criminel.
Nous assurons donc de tout notre soutien André, ainsi que sa famille, et nous demandons instamment à ceux qui écrivent ou relaient des propos infâmes à son encontre de s'en tenir là et de bien réfléchir à la teneur et à la portée de leur logorrhée indigne. A travers André, c'est notre Corse qu'ils salissent. Au fil de leurs messages répugnants, qu'ils osent accompagner de certains symboles identitaires, c'est notre combat qu'ils dénaturent. 
Nous voulons croire qu'ils prêteront une oreille attentive à notre indignation et à notre écœurement. Nous espérons qu'ils comprendront que leur campagne aux bien inquiétants relents s'inscrit dans une dérive aussi funeste pour notre île que le jacobinisme fossilisé de certains. Nous les mettons en garde contre l'instrumentalisation dont ils sont victimes ou dont ils sont les agents objectifs.                                                                                                                                                              
Nous sommes quant à nous aux côtés d'André Paccou, homme d'honneur vilipendé par les suppôts, volontaires ou inconscients, d'un fascisme que nous ne laisserons pas se parer des couleurs de la corsitude. Après avoir tourné le dos à notre île ou avoir violemment combattu le mouvement identitaire corse depuis les années 70, certains idéologues réactionnaires voudraient aujourd'hui lui faire le baiser de Judas. Nous demandons aux internautes qui de fait relaient leur entreprise de mesurer la gravité de la situation. Pour notre part, nous ne laisserons pas dévoyer notre lutte et traîner ses alliés dans la boue.
   

Jean-Claude ACQUAVIVA, Vincent ANDRIUZZI,  Léo BATTESTI,  Paul-Jo CAÏTUCOLI,  Jean-François CASALTA, Jean CASTELA, Pierre CERVETTI, Antoine CIOSI, Joseph CIPRIANI, Jean-Hugues COLONNA , Jean-Sébastien DE CASALTA,  Valentina et Matteu FILIDORI, Alain DI MEGLIO, Dumè GAMBINI, Patrizia GATTACECA, Fabiana GIOVANNINI, Anne-Marie LECCIA,  Micheli LECCIA, Félicie et Christian LORENZONI, Ribellu Jean-Claude LUCCHINI, Christophe MAC DANIEL, Jean-Louis ORLANDETTI,  Pascal OTTAVI, Gaston PIETRI, Jackie POGGIOLI,  Jean-Marie POLI, Patrizia POLI, Cathy ROCCHI, Maria SANTONI, Gérard SERPENTINI, Dumè TAFANI